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Satyajit Ray, 1974
Épisode 1 :

Eva Markovits : "Satyajit Ray était un artiste protéiforme"

28 min
À retrouver dans l'émission

2021 |Nuit d'archives consacrée au cinéaste bengali Satyajit Ray, à l’occasion du centenaire de sa naissance (1921-1992). Eva Markovits, programmatrice et membre du comité de rédaction des Cahiers du Cinéma, retrace dans ce premier entretien, les grandes étapes de sa carrière.

Légende : Satyajit Ray à Calcutta (Inde) en 1997
Légende : Satyajit Ray à Calcutta (Inde) en 1997 Crédits : Auteur : (Photo Jean-Noel DE SOYE/Gamma-Rapho via Getty Images - Getty

"Satyajit Ray est le cinéaste bengali par excellence" indique Eva Markovits au micro d’Albane Penaranda, en introduction générale à cette Nuit d'archives, "puisqu’il a réalisé depuis 1955, tous ses films, au Bengale et en langue bengalie (exception pour Les Joueurs d’échecs en 1977)".  

Un homme imprégné à la fois par la culture indienne et la culture occidentale.

Héritier de la "Renaissance bengalie", un mouvement artistique et intellectuel progressiste, né au 19ème siècle au Bengale, Satyajit Ray était un homme imprégné à la fois par la culture indienne tout autant que par la culture occidentale. Admirateur de l’écrivain Rabindranath Tagore comme du peintre Henri Matisse, fin connaisseur de la musique classique hindoustanie, comme de celle de Mozart ou de Beethoven. "Une double influence, qui lui était naturelle et qui était profondément ancrée en lui", précise Eva Markovits.  

Homme aux multiples talents, "artiste protéiforme", Satyajit Ray pratiquait le dessin, le graphisme, l’écriture et la musique, autant de disciplines qui ont nourri son art cinématographique. 

Son projet fut de sortir des studios et de filmer l’Inde dehors, avec des acteurs non professionnels, et de raconter la vie quotidienne des gens.

Grand cinéphile, fondateur de la "Calcutta Film Society" en 1947, un ciné-club qui projetait beaucoup de films occidentaux, (dont les films néo-réalistes italiens ou ceux de Jean Renoir), Satyajit Ray a souhaité très tôt se démarquer du cinéma hindi de Bombay, un cinéma commercial "à paillettes" fait de grands mélodrames musicaux. 

Son premier film réalisé en 1955, Pather panchali (La Complainte du sentier) premier volet de la "Trilogie d’Apu", raconte l’histoire d’une famille pauvre dans un village reculé du Bengale. Un film adapté du roman autobiographique de Bibhutibhushan Bandopadhyay, qui vaut à Satyajit Ray le Prix du document humain au Festival de Cannes 1956.

Un cinéma d’auteur très visuel, lyrique et poétique.

Mais c’est avec son deuxième film Aparajito ( L’Invaincu), deuxième volet de la "Trilogie d’Apu", que Satyajit Ray accède à la reconnaissance internationale, en remportant le Lion d’or à Venise en 1957.

Il faut attendre la fin des années 1970 pour que ses films soient connus en France, notamment grâce à la diffusion télévisée de Jalsaghar (Le Salon de Musique, réalisé en 1958). Un engouement qui se poursuivra dans les années 1990, où Satyajit Ray recevra le soutien de l’acteur Gérard Depardieu et du producteur Daniel Toscan du Plantier.  

Satyajit Ray considérait le cinéma comme un art commercial noble.

Derrière l’étiquette d’un cinéma d’auteur très visuel, lyrique et poétique, souligne Eva Markovits, Satyajit Ray était également un cinéaste plus léger et joueur, alternant des films aux genres variés, films musicaux pour enfants, films policiers ou historiques. Très attentif à son public et très proche de ses acteurs, Satyajit Ray s’intéressait profondément à l’être humain et considérait le cinéma comme un "art commercial noble". C’était un maître du cinéma, un grand metteur en scène moderne et novateur, doté d’un très grand sens esthétique. 

Il a signé des films humanistes, intemporels et universels qui ont laissé une empreinte très forte sur toute une génération de cinéastes. 

  • Par Albane Penaranda 
  • Réalisation : Virginie Mourthé
  • Avec la collaboration de Hassane M'Béchour
  • Rédaction web : Sylvain Alzial, Documentation Sonore de Radio France
  • Nuit Satyajit Ray - Entretien 1/3 avec Eva Markovits (1ère diffusion : 02/05/2021)
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