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Satyajit Ray, 1974
Épisode 4 :

Charles Tesson : "Satyajit Ray a changé la face du cinéma indien, en s’intéressant de très près à la réalité indienne de son temps"

31 min
À retrouver dans l'émission

2021 |Nuit d'archives consacrée au cinéaste bengali Satyajit Ray, à l’occasion du centenaire de sa naissance (1921-1992). Dans ce deuxième entretien de la Nuit, Charles Tesson, critique et enseignant, témoigne de son admiration pour ce grand maître du 7ème art.

Satyajit Ray sur le tournage du film "La Forteresse d'or" à Calcutta (1974)
Satyajit Ray sur le tournage du film "La Forteresse d'or" à Calcutta (1974) Crédits : (Photo by nik wheeler/Sygma via Getty Images) - Getty

"Satyajit Ray est un cinéaste immense dont on ne parle pas assez" considère Charles Tesson, qui a rencontré deux fois le cinéaste, en 1980 et 1987, "il a changé la face du cinéma indien, en s’intéressant de très près à la réalité indienne de son temps".

Satyajit Ray est l’auteur d’une œuvre majeure, très contemporaine, qui occupe une place importante non seulement dans le cinéma indien mais dans le cinéma mondial.

Marqué très jeune par la "Trilogie d’Apu", Charles Tesson se souvient du choc que fut sa découverte du Salon de Musique en 1979, film évoquant la décadence d'un "zamindar", un riche propriétaire terrien passionné de danse et de musique. Satyajit Ray a changé la face du cinéma indien, précise Charles Tesson, en s’intéressant de très près à la réalité indienne de son temps, qu’il s’agisse du monde paysan des années 1920 (Trilogie d’Apu), la condition des femmes (Charulata, 1964), ou de l’obscurantisme religieux (La Déesse, 1960).

Il a fait du visage humain, ce lieu où tout d’un coup quelqu’un part dans ses pensées, submergé par ce monde sensible.

Cinéaste au réalisme sensitif, traversé par l’idée du temps et de la mémoire,  Satyajit Ray était attentif à la dynamique des mouvements, aux trajectoires entre monde intérieur et monde extérieur, entre monde rural et monde urbain, aux passages entre passé et présent. Satyajit Ray a fait du visage humain, "ce lieu où quelqu’un part dans ses pensées, submergé par ce monde sensible, analyse Charles Tesson: "_Il savait capter l’invisible et filmait les corps comme des paysages, traversés par des sensations intérieures_, comme le frémissement de l’eau au contact du vent". 

C’était un géant d’une grande douceur et d’une très grande culture, un cinéaste à l’écoute de l’homme.

Charles Tesson et Satyajit Ray au Festival de New Delhi en janvier 1987.
Charles Tesson et Satyajit Ray au Festival de New Delhi en janvier 1987. Crédits : Entretien pour Les Cahiers du Cinéma n°398.

C’est dans cette dualité permanente entre La Maison et le Monde, (titre d'un film de 1984), que réside la force et la singularité de Satyajit Ray. "C’était un géant (il mesurait 1m95 !) d’une grande douceur et d’une grande culture, conclut Charles Tesson avec émotion. Il n’était pas le propriétaire de son monde, mais un passeur et un conteur à l’écoute de l’homme". 

  • Par Albane Penaranda 
  • Réalisation : Virginie Mourthé
  • Avec la collaboration de Hassane M'Béchour
  • Rédaction web : Sylvain Alzial, Documentation Sonore de Radio France
  • Nuit Satyajit Ray - Entretien 2/3 avec Charles Tesson (1ère diffusion : 02/05/2021)
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