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Portrait de Youssef Chahine en tournage
Épisode 2 :

Youssef Chahine : "J'en ai eu marre de toutes ces comédies américano-égyptiennes parce qu'elles étaient copiées plan par plan de films américains"

29 min
À retrouver dans l'émission

2004 |Dans ce troisième entretien, sur cinq de "A voix nue", Youssef Chahine évoquait sa conscience politique et comment elle se traduisait dans son cinéma. "Youssef Chahine 3/5 : Nasser, la Révolution, l'amour et le cinéma" un entretien diffusé la première fois le 21/07/2004.

"Gare centrale", film de Youssef Chahine, 1958.
"Gare centrale", film de Youssef Chahine, 1958. Crédits : MISR International Films

En 2004, alors qu'il terminait Alexandrie-New York, Youssef Chahine accordait à Tewfik Hakem une série de cinq entretiens d'À voix nue. Dans le troisième, on retrouvait le réalisateur au Caire, déplorant les difficultés financières qu'il rencontrait dans la production de ses films, en dépit du courage et de l'énergie de son coproducteur français Humbert Balsan. 

Ce troisième entretien tournait autour de la conscience politique de Youssef Chahine et comment elle se traduisait dans son cinéma. Une conscience politique éveillée en 1967, avec la défaite de la Guerre des Six Jours. En tant qu'Égyptien, cet esprit libre qu'était Chahine avouait en passant ne pas aimer les militaires, même honnêtes, comme Nasser l'était selon lui. Un entretien dans lequel il revenait aussi sur l'un de ses plus beaux films, Gare Centrale, qui marqua un tournant important pour le cinéma égyptien.

Je n'ai glorifié aucun de ces gens-là, (Sadate, Nasser). D'ailleurs je n'aime pas beaucoup les militaires, qu'ils soient gentils, intelligents, qu'ils soient probes comme Nasser, ou qu'ils soient non probes comme tout le reste, mais je n'ai jamais fait un film pour glorifier n’importe qui. 

Sur son film Gare centrale et ses personnages de marginaux : 

Tous ces marginaux comptaient énormément pour moi parce que je me sentais marginal, trop marginal. Et probablement j'en ai eu marre de toutes ces comédies américano-égyptiennes parce qu'elles étaient copiées plan par plan de films américains. [...] Si tu ne crées pas, si tu imites quelqu'un, pourquoi être metteur en scène ? C'était un film qui sortait de mes tripes, je voulais le faire, je l'ai fait. 

Sur sa position de créateur :

Malgré moi, d'après mon éducation, d'après mon âme si tu préfères, j'étais du côté des malheureux, des pas-nantis. Je lisais beaucoup, je savais ce qui se passait en Europe, je savais ce qui se passait en Amérique [...] je n'avais pas envie de parler de n'importe quoi, je parlais du présent. Si tu vois mes films peut-être que je suis le seul qui a réellement raconté l'histoire de l'Egypte, je le dis aussi modestement que possible, mais c'est une vérité. 

A la mort de Nasser :

J'ai pris une caméra et suis allé filmer dans la rue. Pendant que je filmais j'avais envie de pleurer et je me disais 'non maintenant je suis en train de filmer, je vais pleurer plus tard'.

  • Production : Tewfik Hakem 
  • Réalisation : Catherine Prin-Le Gall
  • A voix nue - Youssef Chahine 3/5 : Nasser, la Révolution, l'amour et le cinéma (1ère diffusion : 21/07/2004)
  • Indexation web : Sandrine England, Documentation Sonore de Radio France
Intervenants
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