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Robert Musil par Ewa KLOS (sanguine)

Le désarroi du professeur Robert Musil

1h30
À retrouver dans l'émission

1981 |Dans les "Nuits magnétiques" Olivier Biegelmann proposait en 1981 un regard sur l'écrivain autrichien Robert Musil à travers un montage de lectures et d'entretiens intitulé "Le désarroi du professeur Musil". Parmi les témoignages il y avait celui d'un libraire viennois qui l'avait bien connu.

Robert Musil par Ewa KLOS (sanguine)
Robert Musil par Ewa KLOS (sanguine) Crédits : ©Ewa Klos/Leemage - AFP

Dans cette émission des "Nuits Magnétiques" diffusée en 1981, Olivier Biegelmann a interrogé les universitaires Georges Schlosser, Jacques Bouveresse, Marie-Louise Roth et Pierre-Yves Pétillon à propos de l'écrivain viennois, Robert Musil. Celui- ci passe pour un écrivain difficile. Il tourne en dérision l'archétype du grand écrivain.  Autrichien, né en 1880 à Klagenfurt et mort en 1942 à Genève, il a un diplôme d'ingénieur. Il étudie la logique, la philosophie, les mathématiques et la psychologie expérimentale. De son vivant, seul Les désarrois de l'élève Törless, roman publié en 1906, lui apporte quelque notoriété. L'homme sans qualités pour lequel il travaille pendant plus de 20 ans et est inachevé, est passé inaperçu. Il ne quitte Vienne et Berlin qu'au moment de l'Anschluss pour immigrer en Suisse. En début d'émission, le témoignage de Martin Flinker, un libraire viennois qui l'a connu de son vivant, aide à esquisser la silhouette de Musil... Des lectures d'extrais d'oeuvres de Robert Musil illustrent ce portrait. 

Selon Georges Schlosser : 

Musil est le sceptique par excellence dans sa position vis à vis de beaucoup de phénomènes, à commencer par l'individu. Il n'est pas celui pour qui écrire équivaut à postuler à chaque fois la scission du mot. Il est en possession d'un langage très ferme et palpable. Scepticisme vis à vis de l'expression : le langage n'est pas ressenti comme une réalité qui a ses propres lois, mais comme un élément de médiation.

A propos de L'homme sans qualité Jacques Bouveresse expliquait :  

Ulrich a beaucoup de qualités, mais il a décidé de se mettre en congé de la vie pour chercher quel usage il pourrait en faire. Il y a une chose artificielle dans sa position. Il n'est pas obligé de travailler et donc peut se poser une question que personne n'a le temps de se poser ordinairement. C'est un schizoïde. Il mène une double vie : il est adapté à son époque et en même temps prend de la distance par rapport au monde. C'est un homme divisé et sans doute, pour Musil c'est un homme de transition. Pour Musil, la caractéristique de l'époque est l'indétermination et l'instabilité. Ulrich est le reflet de cette indécision.

Pierre-Yves Petillon donnait cette analyse : 

Le regard qu'il pose sur Vienne est moins un symptôme de Vienne qu'une sorte d'autopsie post-mortem. Il a fait ce rapprochement entre 1900 et Vienne le centre de l'empire du milieu. Il a lié cela à la dislocation du mode du récit linéaire. Musil voit dans ce changement de siècle un tiraillement entre ceux qui se précipitent vers le siècle nouveau et ceux qui s'y raccrochent encore. Il y a un espèce d'écartèlement entre les deux périodes : transition violente que Musil met en valeur. Il voit le crépuscule du je, du moi : le moi est un effet de fiction de récit, construit par le récit linéaire épique du 19e siècle.

Avec Martin Flinker, Georges Schlosser, Jacques Bouveresse, Marie-Louise Roth et Pierre-Yves Pétillon

  • Production : Olivier Biegelmann
  • Réalisation : Mehdi El Hadj
  • Nuits magnétiques - Le désarroi du professeur Robert Musil 
  • 1ère diffusion : 18/02/1981 - Archive Ina-Radio France
  • Indexation web : Sandrine England, Documentation sonore de Radio France

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