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Olivier Rolin, 1998

Olivier Rolin : "Sans la littérature on vit de façon plus médiocre et moins libre sa vie"

30 min
À retrouver dans l'émission

2016 |Pour sa "Nuit rêvée", Olivier Rolin a choisi d'entendre des archives de Claude Simon, André Malraux, Maurice Nadeau et des émissions sur Tchekhov, l'Iliade et le mouvement Solidarność. Dans ce premier entretien de la nuit (1/3) il explique ces choix éclectiques.

Olivier Rolin, 1998
Olivier Rolin, 1998 Crédits : Andersen - Sipa

La toile de fond sur laquelle l’écrivain et voyageur Olivier Rolin a posé ses feuilles blanches est la grande et virulente fresque politique qui a saisi sa jeunesse de militant d’extrême gauche dans les années 70.

Cet engagement (qu’il relativise aujourd’hui) aspira comme un cyclone le jeune homme qu’il était alors. La rencontre éblouissante que fit toute une génération entre l’Histoire et la subjectivé de chacun lui avait permis d’imaginer et d’espérer un monde un peu moins dépourvu de toutes traces de pensée, de force vives et de justice. De larges espaces d’amitié et de liberté où la grande déchetterie que devient aujourd’hui notre monde -composée d’hommes et d’objets jetables et rejetés hors de tout - eut été rendue impossible par la politique et son mouvement fraternel permanent dont le modèle reste la Résistance : il s’agissait de Résister au monde tel qu’il va quand il va à la mort.

Des traces de cette expérience naquit une œuvre littéraire féconde et extrêmement variée (romans, essais, récits de voyages….) maintenant publiée aux éditions du Seuil en 2 volumes épais (Circus 1 et Circus 2 ). Car seuls les livres permettent de recolorer et d’élargir nos univers, "sans la littérature on vit de façon plus médiocre et moins libre sa vie", analyse-t-il.

Cette Nuit rêvée fait la part du projet littéraire d’Olivier Rolin (avec des archives consacrées à Claude Simon, Homère ou Tchekhov) : il y affirme que la solitude de la chambre, celle du bureau de l’écrivain, est LE lieu où le monde se transforme et ou d’autres formes du monde peuvent s’inventer. Sur l'Iliade "texte fondamental, pour nous écrivains du monde occidental", il explique :

L’Iliade est beaucoup plus âpre que L'Odyssée. Il n’y a que la guerre mais c’est un texte extraordinaire. C’est une langue d’une force, d’une trivialité, d’une crudité, d’une inventivité extraordinaire. Je ne vois guère que Shakespeare qui soit à cette hauteur-là de richesse verbale.

Mais il évoque également ceux grâce auxquels la liberté nous fut rendue face au pire : Jean Moulin et Jean Cavaillès, et aussi tous ceux – qu’il rencontra- du mouvement "Solidarność".

Ecouter la deuxième partie de l'entretien avec Olivier Rolin.

  • Production : Christine Goémé
  • Avec Olivier Rolin
  • Réalisation : Virginie Mourthé
  • Avec la collaboration de Hassane M'Béchour
  • Indexation web : Sandrine England, Documentation Sonore de Radio France

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