LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
"Les Lumières de la ville" de Charlie Chaplin, 1931.

Petr Kral : "Charlot a une indifférence à son propre malheur, un détachement par rapport à lui-même qui me parait magnifique"

25 min
À retrouver dans l'émission

"Charlot – Chaplin : un mythe", une série de cinq émissions des "Chemins de la connaissance" de 2002 proposée par Françoise Estèbe. Deuxième volet "Le schlemiel et le dandy", avec Edgar Morin, Alain Finkielkraut et Petr Kral.

"Les Lumières de la ville" de Charlie Chaplin, 1931.
"Les Lumières de la ville" de Charlie Chaplin, 1931. Crédits : Charles Chaplin Productions / Collection Christophel - AFP

Aucun document n'atteste la date et le lieu exacts de la naissance de Charlie Chaplin dans le Londres de la fin du XIXe, une sorte de flou plane sur ses origines. On a donc pu imaginer tout et n'importe quoi ; certains l'ont dit enfant de bohémien, et, après tout, Charlot aurait tout aussi bien pu être tombé de la lune.

Charlie Chaplin était-il juif comme on l'a souvent prétendu ? À cette interrogation, Chaplin répondait par la négative. Mais très doucement, pour ne pas décevoir les antisémites qui le dénonçaient et l'attaquaient comme juif ou encore pour ne pas paraître se défendre de l'être, ce qu'il aurait considéré, selon ses mots, comme un honneur. 

Juif, Charlie Chaplin l'aura bien été ; en incarnant en 1940 le barbier du Dictateur… ou dans ses compositions musicales comme venues de la Mitteleuropa. Mais c'est surtout à travers sa créature que s'exprime chez lui une forme de judéité ; dans la tradition yiddish, le schlemiel c'est quelque chose comme l'idiot, le maladroit, le petit homme inadapté au monde… Et cette figure on peut la reconnaître aisément chez Charlot.

Au micro de François Estève Edgar Morin analysait les raisons de l'amour envers le personnage de Charlot et son universalité : 

Le style Charlot se situe entre le clochard et le vagabond, un type assurément déclassé. Le clown est quelque chose de très fort dans l'inconscient collectif, il prend des coups, c'est un bouc émissaire [...] Charlot va prendre conscience de ce rôle de celui dont le sacrifice apporte quelque chose à autrui. Ainsi dans 'Les Lumières de la ville' il aide une petite aveugle qui va pouvoir retrouver la vue.[...] Il va se transformer en sauveur, au lieu d'être le sacrifié volontaire il va assumer un rôle quasi-rédempteur.

Alain Finkielkraut expliquait pourquoi il voyait Charlot un descendant du shlemiel (le maladroit). 

Pour Petr Kral, Charlot représente aussi la figure du juif errant. Il évoquait également son dandysme et son insolence : 

Il n'est jamais aussi profondément provocant que quand il a l'air de ne pas y toucher, quand il agresse les autres par son indifférence même, il les met dans l'embarras sans vraiment leur adresser des coups. Il y a une indifférence à son propre malheur, une espèce de détachement par rapport à lui-même qui me parait magnifique, car il y a comme une méfiance à l'égard de tout. Il sème un trouble. [...] Il arrive à marquer l'inutilité de toute chose, c'est quelque chose de subversif. 

  • Production : Françoise Estèbe
  • Réalisation : Annie Douel
  • Les chemins de la connaissance - Charlot - Chaplin 2/5 - Un mythe : Le shlemiel et le dandy (1ère diffusion : 24/12/2002)
  • Indexation web : Sandrine England, de la Documentation de Radio France
Chroniques
2H55
18 min
Les Nuits de France Culture
Buster Keaton : "Charlot a apporté au comique une dimension humaine, il a donné vie au personnage de Paillasse dans la vie de tous les jours"
Intervenants
L'équipe
Production
Production déléguée
Réalisation
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......