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Gustav Klimt - Death and Life. Domaine public via Wikipédia.

La mort ou l'expérience de l'impensable selon Vladimir Jankélévitch

1h35
À retrouver dans l'émission

Celui qui meurt n'emporte pas le monde avec lui, la terre continue de tourner. C'est sans doute ce que la mort, pour Vladimir Jankélévitch, a de plus insupportable.

Gustav Klimt - Death and Life. Domaine public via Wikipédia.
Gustav Klimt - Death and Life. Domaine public via Wikipédia.

Dès qu'un homme est né, il est assez vieux pour mourir. "La mort , dit Jankélévitch, c'est la maladie des malades et des bien portants". Quand on n'est pas malade, on est encore quelqu'un qui peut et doit mourir. Mais si une chose est de savoir que je suis, comme tout le monde, un mort en sursis, tout autre est d'en prendre conscience. Pas un seul des quelques 100 milliards d'humains qui ont traversé l'existence, n'a échappé à une loi qui pourtant, demeure à jamais une expérience inédite, surprenante, singulière. 

La mort est un secret de polichinelle qui nous surprend, sans être surprenant

Certes, tout le monde doit mourir, mais moi, moi, je ne suis pas tout le monde. L'individu que je suis n'est pas soluble dans cette arithmétique abstraite. En vérité, moi qui vit, je suis de part en part, compris par la mort, mais je ne la comprends pas. La mort est un secret de polichinelle qui nous surprend, sans être surprenant. D'ailleurs, devant un cercueil. Les hommes se conduisent souvent comme si le mort n'avait pas eu de chance, comme si ce qui lui arrive était un malheur nullement applicable à eux mêmes. Bref, la mort a beau être l'affaire de tous, c'est d'abord le problème de chacun. Et ce n'est pas parce que tous les hommes en général sont mortels que je ne le suis pas moi même. Ce n'est pas parce que je sais dans l'absolu que je vais mourir, que je suis dispensé ici et maintenant de le croire, de le comprendre et enfin de le vivre. La mortalité impersonnelle du genre humain est un pagne, un paravent paradoxal derrière lequel se cache la mort propre, intime de chaque individu. 

"Tout le monde est le premier à mourir", rappelle Ionesco. Autrement dit, ce qu'on sait déjà, on le découvre toujours. Mais à l'heure d'y passer ce qu'on connaissait du bout de la pensée, voici qu'on le comprend, avec l'âme tout entière : comme l'amour, la mort est toujours jeune. Mais l'amour est ineffable et la mort est indicible. On ne peut pas parler de la mort, mais on peut parler autour d'elle avec Vladimir Jankélévitch. "Si la mort n'est pensable ni avant, ni pendant, ni après, écrit le philosophe, quand pourrons-nous la penser?" Et il entreprend cette tâche périlleuse : conter l'inénarrable, décrire l'indescriptible.

Par Raphaël Enthoven - Avec Françoise Schwab, Pierre-Michel Klein et François George - Avec les voix d'Isabelle Jan, Vladimir Jankélévitch, Robert Maggiori et Jean Maurel - Réalisation Marie-Christine Clauzet

Chroniques
1H36
19 min
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Chansons d'écrivains - Raymond Queneau 3/6 (1ère diffusion : 11/01/1953)
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