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Robert Guédiguian

Robert Guédiguian : "Je suis allemand par ma mère, arménien par mon père, français de naissance, italien par choix"

48 min
À retrouver dans l'émission

2016 |Premier entretien avec le cinéaste Robert Guédiguian pour sa Nuit rêvée, le cinéaste a voulu inscrire cette nuit dans la notion d'identité "biographique et littéraire" plutôt que politique à travers un choix d'archives qu'il détaille.

Robert Guédiguian
Robert Guédiguian Crédits : Sunce Dacha - Radio France

Au début des années 80, Robert Guédiguian a redonné au cinéma français un accent qu'il avait perdu. Ses films s'appelaient Dernier Été, Rouge Midi, Ki lo sa ?, Dieu vomit les tièdes, L'argent fait le bonheur ou encore À la vie, à la mort !. Heureux ou tragiques, tenant parfois du conte ou de la fable, ils racontaient ceux qui, vaille que vaille ou coûte que coûte, se débrouillent et se battent dans le monde d'après ; d'après le travail, d'après toutes les défaites, d'après les promesses de lendemains qui chantent. Mais c'est en 1997, avec le succès de Marius et Jeannette, que ce qu'il est convenu d'appeler le grand public a découvert un cinéaste qui, du côté de L'Estaque et de Martigues, racontait des histoires en filmant les gens qu'il aimait : Ariane Ascaride bien sûr, Gérard Meylan, l'ami d'enfance, Pascale Roberts, Jean-Pierre Darroussin, Jacques Boudet et les autres. Il explique avoir voulu placer cette Nuit sous le signe d'une identité non politique mais plutôt biographique et littéraire :

Je suis allemand par ma mère, arménien par mon père, français de naissance et italien par choix, j’ai choisi d’être italien [...] Moi je crois que l’identité est un phénomène plus littéraire que politique. Je crois que ça devrait sortir de la sphère politique. L’identité est revendiquée aujourd’hui souvent de manière réactionnaire, régressive, par des extrémismes politiques ou religieux. C’est contre cette fausse conception de l’identité, contre ce rapport entre identité et politique que je voulais inscrire cette nuit. Pour moi l’identité est un phénomène biographique. Je crois qu'on connaît notre identité, les identités diverses mélangées en nous, le jour de notre dernier souffle.

Si l'arrière-pays de Robert Guédiguian est marseillais, il est aussi arménien, allemand, communiste et de toutes les couleurs de ceux, d'hier ou d'aujourd'hui, dont les noms à prononcer sont difficiles. D'ailleurs, les identités, le nouveau président de la Cinémathèque de Toulouse, ne les conçoit que multiples. Le programme qu'il a composé pour sa Nuit rêvée visite celles qu'il a reçues en héritage. Il y est question de Karl Marx, de Bertolt Brecht et l'Allemagne, de la Révolution Française, de Rome vue par le cinéma et de l'écrivaine arménienne Zabel Essayan.

Ecouter la seconde partie de l'entretien avec Robert Guédiguian.

Ecouter la dernière partie de l'entretien avec Robert Guédiguian.

  • Production : Albane Penaranda
  • Réalisation : Virginie Mourthé
  • Avec la collaboration de Hassane M'Béchour
  • Indexation web : Sandrine England, Documentation Sonore de Radio France

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