LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Ruth Bader Ginsburg, juge progressiste à la Cour suprême des Etats-Unis, pose dans la salle de conférecne de presse de l'institution à Washington, DC.

Ruth Bader Ginsburg : "Aux États-Unis le juge reste un individu, son jugement est imprégné de son propre style et de sa personnalité"

54 min
À retrouver dans l'émission

Championne de la cause des femmes, icône de la gauche, la doyenne de la Cour suprême américaine Ruth Bader Ginsburg est décédée le 18 septembre 2020 à l'âge de 87 ans. En 2003, la juge progressiste et son collègue Stephen Breyer avaient accordé un entretien à l’émission "Le Bien commun".

Ruth Bader Ginsburg, juge progressiste à la Cour suprême des Etats-Unis, pose dans la salle de conférecne de presse de l'institution à Washington, DC.
Ruth Bader Ginsburg, juge progressiste à la Cour suprême des Etats-Unis, pose dans la salle de conférecne de presse de l'institution à Washington, DC. Crédits : Mandel NGAN / AFP - AFP

Nous n’avons pas de carrière de juge en tant que telle aux États-Unis, tout juge a d’abord été un avocat.

La juge américaine qui parlait ainsi était membre de la Cour suprême des États-Unis. Ruth Bader Ginsburg est morte le 18 septembre 2020.  Elle avait été nommée à la Cour suprême, la plus haute juridiction du pays, en 1993, par le président Bill Clinton. Elle était alors la deuxième femme à siéger dans cette institution, après Sandra Day O'Connor. Plutôt modérée lors de sa nomination, elle évolua vers des prises de positions de plus en plus libérales concernant l’avortement, la discrimination positive ou les droits des homosexuels et des minorités.

Sa disparition, quarante-cinq jours avant les élections présidentielle et sénatoriales, constitue un séisme politique qui révèle plusieurs enjeux pour les institutions américaines, dont le premier pourrait être une révolution conservatrice au sein de la Cour suprême.

En 2003, Ruth Bader Ginsburg avait accordé à Antoine Garapon un entretien dans "Le Bien commun" avec son collègue Stephen Breyer, également juge à la Cour suprême. Ruth Bader Ginsburg détaillait les différences entre les missions des juges en France et aux États-Unis. Elle donnait des exemples précis en expliquant que dans son pays, "on part toujours d'un fait précis et concret et sur cette base on met en doute la validité d’une loi pour la réviser".

Peut-être devrais-je dire pour commencer que nous n’avons pas de carrière de juge en tant que telle, tout juge a d’abord été un avocat. Aux États-Unis, on devient juge lorsqu’on a 50 ans plutôt que 40 ans, c’est un tournant dans la carrière. Et puis, même si les juges travaillent ensemble lorsqu'ils siègent, pour autant ils restent des individus, le jugement est rendu de façon non stéréotypée, il est imprégné du propre style du juge et de sa personnalité.

A la question "Dans quelle mesure privilégier certaines valeurs, et comment celles-ci évoluent-t-elles ?" posée par Antoine Garapon, elle répondait : 

Ce qui a changé dans la notion d’égalité c’est qu’elle s’est perfectionnée, raffinée et affinée au fil du temps depuis les années 1860. C’est-à-dire que ce même texte de loi qui dit : "Aucun État ne doit refuser la protection égale de la loi à tout un chacun", est aujourd’hui compris différemment, parce que la communauté légale aujourd’hui comprend plus de gens qu’autrefois. Si l’on devait retourner à l’époque où a été créée notre constitution, c’était simplement les hommes blancs qui était propriétaires et qui participaient à la vie politique. Mais, au fil du temps, plus de deux siècles se sont écoulés, la notion s’est élargie, de sorte qu’aujourd’hui on comprend dans cette définition des personnes dont les ancêtres étaient des esclaves, les Indiens d’Amérique, et cette définition inclut également la femme, les femmes. 

Le concept d’égalité est resté le même depuis 1860, mais la loi se charge de maintenir la compréhension de la constitution en rapport avec une société en plein changement.

  • Par Antoine Garapon 
  • Réalisation : Olivier Bétard
  • Le Bien commun - La Cour Suprême des États-Unis : paroles de juge, avec Ruth Bader Ginzburg et Stephen Breyer (1ère diffusion : 01/11/2003)
  • Indexation web : Sandrine England, Documentation sonore de Radio France
Chroniques
4H51
6 min
Les Nuits de France Culture
Poèmes : "La chevelure" de Baudelaire par Alain Cuny (1ère diffusion : 23/11/1959)
Intervenants
  • Avocate, juriste et juge américaine, membre de la Cour suprême des États-Unis de 1993 à 2020.
  • Juriste américain, juge à la Cour suprême des États-Unis depuis 1994.
L'équipe
Production
Production déléguée
Réalisation
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......