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Le blues du dimanche soir désigne ce sentiment de morosité, d’ennui, qui s’abat sur la personne le dernier jour de la semaine.

Blues du dimanche soir, la peur du lendemain

55 min
À retrouver dans l'émission

Dimanche 14h. La tranquillité tombe. Vous êtes moins serein. Pourtant toute la semaine vous vous disiez, "vivement dimanche !" Et là, vous sentez cette lente montée du spleen qui envahit votre esprit. Nous ne sommes pas tous égaux face au blues, mais nous l'avons tous ressenti.

Le blues du dimanche soir désigne ce sentiment de morosité, d’ennui, qui s’abat sur la personne le dernier jour de la semaine.
Le blues du dimanche soir désigne ce sentiment de morosité, d’ennui, qui s’abat sur la personne le dernier jour de la semaine. Crédits : kbeis - Getty

La phobie du lundi, oui, elle est bien réelle. Quand arrive le dimanche soir, 50 % des Français ont le blues et passent une mauvaise nuit en songeant à la reprise du lendemain. C'est ce que révélait une étude du groupe Monster en avril 2008 : 52 % des salariés français souffrent de troubles du sommeil dans la nuit du dimanche au lundi. Impossibilité de fermer l’œil , réveil inopiné en pleine nuit, et puis ce temps qui passe inexorablement sans pouvoir sombrer à nouveau. Et cette envie de regarder son réveil, d'allumer son portable... Et là, le couperet tombe, le calcul est quasi automatique : "Non ! il ne me reste plus que trois heures avant de me lever...".

Pour le philosophe André Comte-Sponville, "toute la semaine au fond, est occupée par le travail et donc par la fatigue et puis pour une part, par l'espérance du dimanche." Le samedi arrive alors, qui est le symbole du jour de divertissement. Cette journée autour du loisir se fabrique afin de mieux nous faire oublier que nous ne sommes "peu" et que "rien ne nous attend", à part la mort.

"Le mur terrible de l'Atlantique qui sépare le dimanche du lundi"

Pour certains ça remonte à l’enfance. Les devoirs à finir, le départ en pension, la peur de quitter le cocon familial sécurisant. Pour d'autres, il s'agit d'une zone intermédiaire entre "la vie et la mort". L'activité des tâches de la semaine n'a pas encore débuté mais toutes les angoisses sont bien présentes. Elles occupent l'esprit et empêchent le futile et l'agréable de se déployer encore quelques heures.

C'est le mur terrible de l'Atlantique qui sépare le dimanche du lundi. C'est un mur terrible où se concentrent toutes les angoisses, où ricochent comme des balles de ping-pong, toutes les boules de nerf, toutes sortes de peurs et d'angoisses qui habitent quelqu'un. 

A travers l'écoute de ce documentaire, en compagnie des soucieux, des inquiètes, des enjoués, des épuisées, des mal organisés... Vous vous sentirez moins seul. Car oui, nous sommes nombreuses et nombreux à partager ces fins de dimanche, brèche dans la marche de notre temps, qui ne fait pas toujours notre bonheur.

Par Amaury Chardeau - Réalisation Christine Diger

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