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"Le Mépris" avec Brigitte Bardot et Michel Piccoli, film de Jean-Luc Godard, 1963.

Jean Douchet : "La propriété chez Godard, comme chez Jean Renoir, est l'ennemie qu'il ne cesse d'attaquer"

35 min
À retrouver dans l'émission

2007 |Durant l'été 2007, Jean Douchet proposait une série de 25 émissions intitulées "Une autre Histoire du cinéma", le volet 24/25 était consacré à Jean-Luc Godard. Jean Douchet y analysait longuement certaines scènes du "Mépris" (1ère diffusion : 23/08/2007).

"Le Mépris" avec Brigitte Bardot et Michel Piccoli, film de Jean-Luc Godard, 1963.
"Le Mépris" avec Brigitte Bardot et Michel Piccoli, film de Jean-Luc Godard, 1963. Crédits : Les Films Concordia / Coll. Christophel - AFP

« La critique est l'art d'aimer. Elle est le fruit d'une passion qui ne se laisse pas dévorer par elle-même mais aspire au contrôle d'une vigilante lucidité. »  

En 1961, dans l'un de ses textes les plus fameux, Jean Douchet définissait en ces termes l'art de la critique dans les Cahiers du cinéma. Compagnon de route et ami des jeunes turcs de la Nouvelle Vague, auteur d'un livre sur Hitchcock,  réalisateur de plusieurs court-métrages, Douchet est avant tout un passeur, professeur de cinéma dont l'enseignement fut et demeure essentiellement oral. 

A l'été 2007, il proposait pour France Culture une série de 25 émissions intitulées « une autre Histoire du cinéma ». « Il s'agira, expliquait-il en ouverture, de s'intéresser à l'évolution concomitante du langage cinématographique et de ses moyens. Nous partirons d'un constat : que le cinéma n'est pas un appareillage (caméra, projecteur, pellicule etc), mais que c'est en partant voire en se pliant à l'un ou plusieurs de ses éléments que les plus grands cinéastes ont puisé leur inspiration. ». 

Après avoir parlé du cinéma des Lumière, d’Einsenstein, de Lang, de Ford, de Mizoguchi, ou encore de Kubrick, Douchet s'arrêtait, pour l'avant dernière étape de ce parcours, sur le cas Godard.  Il analysait en particulier Le Mépris et la façon de filmer la détérioration du rapport du couple formé par Bardot et Piccoli : 

La femme sait qu'il ne faut absolument pas qu'elle fasse cette scène (de ménage) parce si elle fait cette scène ce sera la rupture et ce sera terrible. Donc Godard va travailler une scène pendant une demi-heure, qui ne se fait pas, et ce qui se fait à ce moment-là, c'est la 'scène' qui ne se fait pas. C'est à dire que, comme les personnages n'ont ni destin, ni but, ils n'ont pas d'autres possibilités que de se déplacer. Godard ne filme dès lors que leur déplacements. Sa cinématographie est intimement liée à la chorégraphie. Les personnages n'ont aucun lieu dont ils sont propriétaires, la propriété chez Godard comme chez Jean Renoir est l'ennemie qu'il ne cesse d'attaquer, donc la quasi-totalité des lieux d'habitation ne sont pas meublés, ce sont des espaces vides, non pas habités mais occupés provisoirement par des nomades.  Le nomadisme est l'une des constantes du cinéma de Godard.  Ce nomadisme est lié à sa réflexion politique. 

« Une autre histoire du cinéma », par Jean Douchet : « le cinéma de Jean-Luc Godard », une émission diffusée pour la première fois le 23 août 2007. 

  • Production : Jean Douchet
  • Réalisation : François Caunac
  • Une autre histoire du cinéma 24/25 : Jean-Luc Godard 
  • Indexation web : Documentation sonore de Radio France
  • 1ère diffusion : 23/08/2007

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