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Mag Bodard en 1995
Épisode 1 :

"J'aurais donné mon âme pour Peau d'âne"

1h10
À retrouver dans l'émission

En 2003, la célèbre productrice des "Parapluies de Cherbourg" (entre autres), répondait aux questions d'Anne Wiazemsky pour une série d'entretiens "A voix nue" où elle racontait son enfance, ses années de journalisme, et ses années de cinéma marquées par celui qui l'a marqué à jamais, Jacques Demy.

Mag Bodard en 1995
Mag Bodard en 1995 Crédits : JACQUES MORELL - Getty

Productrice de cinéma, Marguerite Bodard, plus connue sous le nom de "Mag Bodard", a accompagné quelques-uns des plus grands réalisateurs français du XXe siècle : Jacques Demy, Robert Bresson, Alain Resnais, Jean-Luc Godard, Maurice Pialat ou Agnès Varda, pour ne citer qu'eux. À la fin des années 1970, Mag Bodard poursuit sa carrière de productrice à la télévision. Amie des plus grands cinéastes, son nom est peu connu du grand public. Son pseudo "Mag Bodard" apparaît pourtant au générique de films inoubliables : Les Parapluies de Cherbourg et Peau d'âne de Jacques Demy, Au hasard Balthazar de Robert Bresson, La Chinoise de Jean-Luc Godard, ou encore La Meilleure façon de marcher de Claude Miller. Ce n'est pourtant pas le cinéma que Mag Bodard choisira en premier. D'abord mariée au grand reporter et écrivain Lucien Bodard, elle le suit en Indochine et devient correspondante pour le magazine féminin Elle

En 2003, Mag Bodard s'entretenait A voix nue avec la comédienne et romancière Anne Wiazemsky. Elle y revenait sur son enfance passée entre Turin et Ouistreham, son début de carrière dans le journalisme et, bien sûr, son amour pour le cinéma.

Lorsqu'elle est encore enfant, la famille de Mag Bodard quitte l'Italie pour la Normandie. Arrivée en France à l'âge de 5 ans, celle qui porte encore le nom de Marguerite Perato subit alors le rejet de ses camarades : 

J'ai appris le français à l'école française. Comme toujours, les enfants étant très cruels entre eux, tout le monde m'appelait "Macaroni", et cela m'a profondément déplu. Alors, j'ai essayé d'oublier l'italien, que je n'ai jamais complètement oublié, mais je ne le parle plus aussi couramment. Mag Bodard

À l'école, comme chez ses parents, la petite Marguerite Perato est dotée d'une imagination débordante. Plongée dans les contes, elle se constitue déjà un univers féerique, peuplé de monstres et de princesses : 

Ma vie était dirigé dans ce sens-là. Quand on m'a dit que le père Noël n'existait pas, j'ai dit : "ça, je vous l'accorde". Mais les fées, jamais on n'a pu m'en séparer. Je les ai gardées toute ma vie. Je n'aime pas la fée Carabosse, mais j'adore les bonnes fées, parce que si on y croit, elles sont là et elles vous aident. Mag Bodard

Des années plus tard, elle devient la productrice de Jacques Demy. Mag Bodard réalise alors un rêve d'enfant : produire les contes de fées revisités par l'un des plus grands cinéastes français : 

Mon film préféré, c'est "Peau d'âne", c'est certain. C'est le film que j'ai voulu, que j'ai aimé, qui m'a coûté très cher pas seulement financièrement, mais j'ai dû tout donner pour ce film. J'aurais donné mon âme pour "Peau d'âne". Mag Bodard 

Le 29 mars 1938, elle épouse le grand reporter Lucien Bodard. D'abord mobilisé en Indochine pendant la guerre, Lucien Bodard se met rapidement à couvrir l'actualité locale pour plusieurs titres. Mag Bodard le rejoint en Asie. Le couple fait la rencontre du patron de presse Pierre Lazareff :

La femme de Pierre Lazareff, Hélène Lazareff était à la tête du magazine "Elle", à l'époque. Comme Lucien écrivait pour des journaux, je me suis dis que j'allais écrire des articles. J'étais la femme de Lucien Bodard, c'était une signature ! Mais finalement, mes articles n'ont jamais été publiés. Puis, plus tard, je suis devenue correspondante de guerre à Diên Biên Phủ. Mag Bodard 

Au printemps 1954, Mag Bodard retourne à Paris. Après la mort de Lucien Bodard, elle épouse le patron de France Soir, Pierre Lazareff. Elle décide alors de monter sa propre société et de travailler dans le cinéma, avec l'aide de son mari : 

J'étais allée voir "Lola" de Jacques Demy, et je me suis dit "c'est avec lui que je veux travailler !". C'était un instinct profond, des anges ont dû me communiquer cela. Puis, quelques jours plus tard, François Truffaut vient me trouver pour me dire que Jacques Demy souhaite me rencontrer, parce qu'il avait un scénario qu'il n'arrivait pas à monter. Je rencontre Jacques Demy et il me propose "Les Parapluies de Cherbourg". Mag Bodard 

Le premier film de Jacques Demy sort en 1964 en France. Avec "Les Parapluies de Cherbourg", Mag Bodard fait connaître au grand public Jacques Demy, le compositeur Michel Legrand, qui signe la musique du film, et la toute jeune Catherine Deneuve.

(Première diffusion : du 03 au 05/11/2003)

Par Anne Wiazemsky - Réalisation Didier Lagarde

Chroniques
4H07
50 min
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