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Catherine Deneuve dans "Les Parapluies de Cherbourg" de Jacques Demy, produit par Mag Bodard
Épisode 2 :

"Quand j'ai fait du cinéma, j'ai toujours essayé d'aller vers des choses inconnues"

50 min
À retrouver dans l'émission

Dans la suite de ces entretiens "A voix nue" avec Anne Wiazemsky, la productrice Mag Bodard se confie sur sa carrière au cinéma et à la télévision, et son amour pour le 7e art.

Catherine Deneuve dans "Les Parapluies de Cherbourg" de Jacques Demy, produit par Mag Bodard
Catherine Deneuve dans "Les Parapluies de Cherbourg" de Jacques Demy, produit par Mag Bodard Crédits : Hulton Archive - Getty

Répondant aux questions d'Anne Wiazemsky, la suite de ces entretiens "A voix nue" avec Mag Bodard revient sur quelques moments majeurs dans sa carrière de productrice de cinéma, mais aussi à la télévision. Car dès 1979, elle produit en effet plusieurs feuilletons télévisés, parmi lesquels les célèbres Dames de la côte ou Grande Cabriole, réalisés par Nina Companeez.

Le premier film de Jacques Demy, que produit Mag Bodard, sort en France en 1964. Avec Les Parapluies de Cherbourg, la productrice fait ainsi connaître au grand public Jacques Demy, le compositeur Michel Legrand qui signe la musique du film, et la toute jeune Catherine Deneuve. Dans les colonnes du magazine Elle, en décembre 1964, l'acteur et réalisateur Pascal Thomas écrit : 

Il fallait l'ingénuité d'une nouvelle venue, une bonne dose d'inconscience puis de ténacité pour imaginer alors sur le papier qu'un film où tout le monde chantait, y compris le garagiste, pouvait toucher un public plus vaste que la population de Nantes. Pascal Thomas 

En 1964, le film reçoit la Palme d'or à Cannes. Ce jour-là, Mag Bodard est malheureusement restée à Paris : 

Il y avait une grève à Orly, j'aurais aimé être là-bas, mais tant pis. Personne n'avait besoin de moi là-bas, j'ai été présente quand le film avait besoin de moi. Pierre Lazareff était très fier de moi, lui qui n'aimait que les films à suspense..." Mag Bodard

Je n'ai pas suivi le sillage de la Nouvelle Vague consciemment. Je ne fais jamais "parce que c'est la mode". Je le fais parce que j'ai envie, je fais des choses parce que ça me touche. Quand on me présente un film, si je ne le vois pas défiler, c'est qu'il ne peut pas exister. Mag Bodard 

Sur sa conception du cinéma, qui reste avant tout un grand moyen de divertir le public, elle dit : 

Pour moi, le cinéma était une grande distraction. Les Américains l'avaient bien compris. Après la grande dépression de 1930, ils ont commencé à faire des comédies et des films à suspense. C'était fait pour distraire les gens. Mag Bodard 

La productrice aime les films qui lui permettent de s'échapper, loin de la vie réelle : 

Même les films réalistes de Robert Bresson que j'ai produits sont près d'une vie imaginaire. Par exemple, moi, je n'ai jamais aimé le cinéma de Chaplin. Déjà enfant, je pleurais quand j'allais voir ses films. Je trouvais ça tellement dur et triste de voir des gens pauvres, ronger des os dans la rue. Mag Bodard 

Enfin Mag Bodard évoque son rapport à la télévision. À la fin de sa carrière, la productrice ne travaille d'ailleurs plus que pour le petit écran. 

La télévision devrait servir à ouvrir de nouvelles voies pour les réalisateurs. Quand j'ai fait du cinéma, j'ai toujours essayé d'aller vers des choses inconnues. Mag Bodard

Par Anne Wiazemsky - Réalisation Didier Lagarde

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