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Zhang Jian, une rencontre (1/2)

29 min

Place Tiananmen
Place Tiananmen
Place Tiananmen ©64 memo.com **Zhang Jian – ** **De Tien an men à Paris** ** d'Alain Lewkowicz et Gaël Gillon** Du 15 avril au 4 juin 1989, près d’un million d’étudiants occupèrent la place Tiananmen, la place de la porte de la paix céleste, au cours de ce qu’on a appelé le printemps de Pékin, le plus grand mouvement pour la démocratie qu’ait connu la Chine au 20ème siècle. Les massacres qui mirent un terme aux manifestations dans la nuit du 3 au 4 juin sonnèrent la fin des illusions et balayèrent d’un coup de canon les aspirations démocratiques de toute une jeunesse. Cette nuit là, les espoirs en un avenir meilleur s’évanouirent pour laisser la place à une Chine dont on salut depuis le miracle économique, celle des J.O. et de l’exposition universelle « Shanghai 2010 ». Responsable de la sécurité des étudiants, Zhang Jian tombe, dans la nuit du 3 au 4 juin sous les balles de l’Armée de Libération du Peuple. Il avait 19 ans et était étudiant en dernière année à l’Académie des sports de Pékin. Après 40 jours d’hôpital, un ami influent de son père lui évite la prison. Zhang Jian se met au vert dans le nord-est du pays avant de revenir un an plus tard sous une fausse identité. Il prospère et devient manager du plus grand club VIP de la capitale. En 1999, Pékin est désignée ville organisatrice des JO de 2008. Décisions arbitraires et autoritaires, corruption et injustices seront désormais la règle dans un pays en pleine croissance. Les évènements de Tiananmen avaient définitivement dessiné le visage d’une nouvelle Chine : celle de l’argent roi. Pour défendre son frère victime des abus du pouvoir en place, Zhang Jian décide d’aller devant les tribunaux. On découvre alors sa vraie identité alors que son passé ressurgi et certains amis lui conseillent l’exil. C’est avec un faux passeport qu’il débarque à Paris où quelques uns de ses compagnons d’infortune du printemps de Pékin avaient trouvé refuge. Zhang Jian le miraculé arrive en France en 2001. Il est aujourd’hui rédacteur en chef de « Regard sur la Chine », seul journal de langue chinoise en France qui ne soit pas inféodé à l’ambassade de Chine. C’est dans les cuisines de Tang Gourmet de Belleville qu’on peut croiser ce colosse qui, quotidiennement, débite à la hachette, des canards laqués pour le compte des frères Tang, les seuls à avoir accepté de l’embaucher dans une communauté qui voit d’un mauvais œil ce militant des droits de l’homme au verbe haut. Comment survivre à ces évènements sans mémoire officielle ? Comment trouver sa place dans une société qui ne croit plus qu’en une seule chose : l’argent ? Si beaucoup, parmi les rescapés de Tiananmen, ont adopté des formes de croyances traditionnelles comme les adeptes de Falun Gong, d’autres se sont tournés vers l’Eglise. Jésus, comme homme providentiel en lieu et place d’un Bouddha désormais négligé. C’est justement place Tiananmen que Zhang Jian, rencontre pour la première fois le Christ auprès de qui il redonne un sens à sa vie. Une rencontre salvatrice pour Zhang Jian devenu pasteur évangéliste dans le 13ème arrondissement de Paris.
Zhang Jian place Tiananmen en 1989
Zhang Jian place Tiananmen en 1989
Zhang Jian place Tiananmen en 1989 ©Zhang Jian *De Tien an men à Paris*
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