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3 idées de la solitude et du désert à l'aube: Magnum Manifeste

59 min
À retrouver dans l'émission

Où il sera question d'îles mentales, de déserts, de solitudes voulues, du sacre de la bande-dessinée (suite), des élections législatives et de l'abstention, de l'avenir du Québec, du héros que nous sommes, et de la fin d'Emile Durkheim.

C’est l’image d’un enfouissement. On cherche à se cacher, à se retirer. Se mêler à ce qui nous entoure. Notre corps devient un camouflage. C’est une expérience que l’on voudrait, réussie jusqu’au bout, de la solitude. Ce sont des photos prises à des endroits et à des époques différentes. Il y a comme un fil qui les relie. Un regard. Une seule et même recherche. Les lieux ce sont des îles géographiques, mentales, des sous-sol, des déserts. Il faut qu’il n’y ait personne d’autre. Même le photographe a du mal à se faire sa place. Il doit poursuivre, il a sans doute dû, aussi insister.C’est une quête acharnée. Il y a un enfant seul, sur une île vierge. 1952. Le photographe Constantine Manos a 18 ans, et il suit un petit garçon qui pourrait être son petit frère. Sans doute le petit garçon qu’il aurait voulu être. Sorti d’un conte. Un enfant seul qui fait sa vie sans l’aide des adultes. Sur une île. On le voit assis à califourchon sur une épaisse branche d’arbre. C’est très haut. Il surplombe. Sur son visage impassible, sur sa chemise blanche, son pantalon foncé, aucune trace de l’effort surmonté pour arriver là. L’enfant de l’île règne. Son visage nous mène à d’autres yeux. Ceux d’une femme. TJ, deux initiales. Une prostituée que Jim Goldberg à suivie à la fin des années 1970. Un visage de tragédienne. De grands yeux sombres, tristes et cernés. Un visage creusé. Des cheveux bruns, légèrement bouclés, en bataille. Un corps fragile et blessé, blancheur transparente comme une arme pour disparaître, devant le mur, dans les draps du lit. Pour disparaître des yeux du photographe, qui un jour, raconte-t-il l’a cherché, l’a retrouvé pour ses derniers instants à l’hôpital. Là où encore, elle s’est dérobée. Partir Seul. Partir quand même. Comme cet homme arrivé loin. Le corps délimité par une frontière à la taille. Les jambes toutes blanches. Le haut du corps beaucoup plus hâlé. Les pieds immergés dans l’eau sombre d’un étang à nénuphars. C’est le milieu d’un désert. Dans le paysage comme sur son visage. Des candidats à la disparition que le photographe Alec Soth a suivis entre 2006 et 2010 pour son _anti-manuel de sociabilité. 3 photographes de l’agence Magnum, que l’on retrouve dans ce Manifeste_, le livre des 70 ans, publié la semaine dernière chez Actes Sud. 3 idées de la solitude, du voyage incertain et du désert enfin trouvé/ de la manière dont on choisit soi-même de l’habiter.

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