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Extrait de "Diary of an exile"  - Prix Diapéro-Polka-Médiapart 2016 du meilleur diaporama sonore (https://vimeo.com/183974416)

Atteindre la lumière de l'aube avec le "journal d'un exil" de Marion Potoczny

1h
À retrouver dans l'émission

Où il sera question d'une traversée, d'un camp et d'une lumière que l'on garde sur soi, d'affreux moments de Noël, de cadeaux payants, d'une autre définition de l'intime.

Extrait de "Diary of an exile"  - Prix Diapéro-Polka-Médiapart 2016 du meilleur diaporama sonore (https://vimeo.com/183974416)
Extrait de "Diary of an exile" - Prix Diapéro-Polka-Médiapart 2016 du meilleur diaporama sonore (https://vimeo.com/183974416) Crédits : Marion Potoczny (avec l'aimable autorisation de l'auteure)

C’est l’image d’une traversée. Extérieur et intérieur. Le journal d’un exil. Le devoir de quitter chez soi sans avoir vu se dessiner un ailleurs possible. C’est une traversée en noir et blanc. Mais surtout dans le noir. Dans la nuit, et dans les eaux, dans la boue et dans les tunnels, en se cachant pour pouvoir avancer le plus loin possible sans se faire repérer. C’est le "journal d’un exil". Journal en photo, et en mots d’un homme kurde, qui atterrit dans le camps de Grande-Synthe, juste à côté de Calais. C’est un journal réalisé par Marion Potoczny et qui a reçu ce week-end le prix Diapéro, Polka et Mediapart, du Diaporama sonore 2016. Un noir et blanc très sombre, des visages aux yeux tristes qui se ferment tout doucement photo après photo, sur fond de bruit de vagues et de battements de cœur. Un visage, sombre et une bande son sourde, une voix monocorde timide et triste qui rappelle l’esthétique de la Jetée de Chris Marker. "’C'est l’histoire d’un homme marquée par une image d’enfance" peut-on on entendre en ouverture de ce film. Il y a dans le diaporama que l’on voit ici de Marion Potoczny, une image qui revient. Et peut-être qui revient de l’enfance elle aussi. Une lanterne de type orientale. Elle trône devant une vitre qui donne sur l’ensemble des tentes boueuses du camps, maintenant déserté, de Grande-Synthe. Et elle se retrouve, de nuit, en intérieur là aussi, à éclairer des visages. Une lumière qui prend toute la place dans la tente et lisse les visages. Leur redonne la tranquillité que le voyage leur a fait perdre. Le vestige d’un chez soi, d’un confort perdu pour longtemps si ce n’est pour toujours. C’est une lanterne et sa flamme qui efface l’environnement de la tente, qui le fait oublier. Une flamme dans laquelle on peut s’oublier. "Je suis coincé dans le passé, je retourne dans la jungle "peut on entendre d’une voix téléphonique. Un ami de l’homme kurde qui échoue une fois de plus à passer en Angleterre. Coincé dans le passé, et dans un miroir inversé, ce sont là les mots d’un compagnon de voyage kurde lui aussi, qui s’étonne de voir l’objectif braqué sur lui alors qu’il y a quelques années, c’est lui, qui avec ses photos en Irak, voulait alerter sur la situation. C’est la traversée de la lumière, dans le temps et dans les intérieurs, la lumière du flash qui se retourne contre soi. C’est le journal d’un exil et de cette lumière qui nous suit, qui arrête de jouer les éclaireuses faute de chemin, mais qui au moins fait office de dernière étincelle si besoin.

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La Colombie compte ses disparus pour la première fois de son histoire, nous apprend le journal Semana, article relayé par Courrier International. « Des milliers de familles colombiennes se lèvent chaque matin dans la douleur et l’absence des êtres chers et dans l’incertitude sur le sort de ces proches », ce sont les mots que l’on peut lire en exergue de l’enquête du centre national de la mémoire historique en Colombie. Enquête rendu fin novembre, selon laquelle plus de 60 000 personnes auraient disparu entre 1970 et 2015, soit "plus que pendant la guerre des Balkans ou les dictatures d’Amérique Latine", selon le comparatif donné par Semana. Enlèvement et séquestrations de militants, paysans, avocats leaders syndicaux ou mêmes des simples citoyens, enlèvements qui selon le journal colombien se sont institué en politique d’Etat. Délit, rapporte le magazine, qualifié comme tel seulement depuis 2000 dans le Code Pénal, et cela a encore pris des années avant que des mécanisme de poursuites et de pénalisations soient mis en place, et ceux grâce aux familles des victimes, qui n’ont jamais cessé de se battre dans ce sens, conclut l’article.

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