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Attendre la nuit que le monde renaisse : "Welcome to my world" par Annabelle Amoros

1h01
À retrouver dans l'émission

Où il sera question d'une nuit sans heure, d'un champ sans routes, d'un ornithologue évanoui, du sacre de la bande dessinée, de premières analyse du scrutin législatif au Royaume-Uni, d'une certaine idée du paysage audiovisuel français.

C’est la fin d’une nuit. Le jour n’a pas encore commencé dans les esprits. La lumière de l’aube peine à apparaître, encore camouflée derrière celle des réverbères encore allumés. C’est un nouveau jour qui naît et avec lui, un monde bien particulier. Tout le monde dort encore. Ou dort déjà. On ne sait pas vraiment d’emblée quelle heure il peut être. Cela peut être une aube comme un crépuscule. Les hautes herbes sont noires de nuit. Au loin dans le ciel un léger filet orange vient en signer la fin. Il n’y a aucun chemin à se frayer dans ce champs. Tout semble obstrué. L’espace et le son. Que le sifflement de grillons vient envahir. Ce n’est pas un problème, l’absence de route confortable. On se sent bien quand-même. Quelle que soit l’heure le jour va bientôt arriver et ça ne sera déjà plus la même chose. Alors on s’installe ici, on crée sa place. On laisse son empreinte de pas, dans un petit village isolé du centre des Etats Unis, dans l’Iowa. Un village où, la nature sauvage côtoie à quelques kilomètres de larges avenues pavillonnaires, désertes. Le passage pour le coup parmi les maisons éteintes est possible. Mais il n’y a pas beaucoup plus de candidats. On se trouve entre deux univers. Entre la nature sauvage et le béton désert ; Entre la nuit qui passe, et le jour prêt à renaître. C’est un monde qui n’est pas encore advenu. Qui se cherche. Comme cette femme en maillot à bretelles, pied nus, qui, dans la rue noire et vide, pousse doucement son fils installé dans sa petite voiture rouge. D’une main, elle compose un numéro sur son téléphone et le colle à son oreille. L’enfant lui, bien réveillé, accroche son regard à la caméra. Ils passent comme ça dans le champs. Rares passants du milieu de la nuit, à la recherche de calme, de fraîcheur et sans doute d’un peu de sommeil avant l’aube. Dans le calme de la nuit. Il y a à cette heure ci, à cette heure vide, une recherche. Le regard se fait tranquille. On marche doucement. Welcome to my world c’est le titre du film de la photographe et vidéaste Annabelle Amoros. Une des artistes qui participe ce soir à Marseille à la 8è Nuit de l’Instant. Car il s’agit bien dans ce monde là, d’une nuit de l’Instant. Une ville qui se déguise un temps de cette lumière rose, d’un filet de voix lointain. Un peu éraillée, solitaire et libre. Un chant méconnaissable, parce que chanté juste pour lui-même. Un visage absent cerné d’un casque audio, une petite bouteille de soda à la main. Welcome into my world., "Bienvenue dans mon monde". Un monde de nuit, où pour faire avancer les heures, il faut continuer à marcher sur cette large avenue de béton, vers l’horizon bleu clair, et les lampadaires qui ne s’éteignent toujours pas.

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