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Soldat peshmerga avant l'offensive de Mossoul ("Irak")

Attendre l'aube et la bataille: les soldats et la guerre en Irak par Quentin Bruno

1h01
À retrouver dans l'émission

Où il sera question de soldats au repos, de l'attente avant l'assaut, d'une Petite soeur la Mort, de justice, d'émigration, de la destruction du Sacré-Coeur,

Soldat peshmerga avant l'offensive de Mossoul ("Irak")
Soldat peshmerga avant l'offensive de Mossoul ("Irak") Crédits : Quentin Bruno (Hans Lucas) - avec l'aimable autorisation de l'auteur-

Ce sont des photos de la guerre. Une guerre qui se déroule aujourd’hui mais dont nous avons peu d’images précises. Peu d’images du front du terrain de ce qu’il y a autour. Peu d’idées de cette attente qui précède le combat. C’est le jeu des aiguilles, le jeu du calme et de l’attente sur un front de guerre. Parce que de toutes les photos que le reporter Quentin Bruno a ramenées de Mossoul, et que l’on peut voir dès ce soir, à la Chata gallery à Paris, les plus frappantes sont celles qui se passent hors de ce front. En bordure. Dans l’attente. Il dit que la guerre, c’est 90% de temps d’attente, et 10% de combat. Cette tension invisible des soldats qui se posent, qui s’assoient, noient leur regard dans le feu, dans le vide, sans que jamais le corps ne se relâche. Il y a la nuit, marquée de cette étoile bleue qui se détache du ciel. Au premier plan, un soldat pershmerga, en uniforme, de dos, est assis sur ce qui ressemble à un toit. Celui d’un véhicule, d’un abri. Peu importe. Il surplombe la ligne de front, mais ne semble même pas la regarder. Quelques heures avant l’offensive à Mossoul, le soldat semble s’absenter. Tête baissée sur ses genoux, de trois quarts dos. Les yeux baissés. peut-être est-il en train de lire, de prier, de monter une arme. Ou peut-être qu’il ferme juste les yeux un instant. Il y a une sensation de silence tranquille qui se dégage de cette prise de vue nocturne. Une sensation trompeuse qui rappellent les mots que l’on peut lire dans le livre de Pauline Maucort, la Guerre et après... : « Dis-toi bien qu’il n’arrivera pas le matin. Rien ne sert d’attendre, que la poussière des montagnes se colore, que la lumière arrive sur ces montagnes pelées (...) Nous sommes condamnés à scruter le noir pour tenter de différencier l’insurgé des chimères, qui dansent devant nos yeux écarquillés de nicotine. » Il y a le noir, et il y a l’aube qui arrive tout de même. C’est, sur une autre photo de Quentin Bruno, un ciel nuageux, orange et bleu, au dessus d’un grand feu, qui réchauffe des soldats avant l’offensive de Bashiqa. Parmi ces visages neutres de fatigues, qui essaient de se perdre un instant avant la bataille, il y a aussi des sourires. Celui d’un soldat qui conduit, et qui semble se dire que pendant l’attente, il y a encore la vie devant soi. "L’attente suffit-elle pour faire d’un homme un guerrier ?"se demande l’un des soldats du livre la Guerre et après.... Les visages de Quentin Bruno semblent lui répondre que cette attente là, donne à ces guerriers, leur visage d’homme.

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