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Avec le jour, "savoir se rendre visible": sortie de la revue FemmesPHOTOgraphes

58 min
À retrouver dans l'émission

Où il sera question d'Orphée, de fumée noires, d'eaux claires, de la tête de Lénine, d'écologie, des Pays-Bas, de discours sur l'égalité.

Ce sont des silhouettes de femmes qui reviennent de loin, qui chercher à se débarrasser des voiles, des masques, de l’ombre, de l’eau ou des recoins. Des corps de femmes, en Grèce, au Pérou, en France au Viet-Nam et dans d’autres lieux que volontairement on se garde bien se situer. Il faut oser se retourner. Se dire qu’il ne se passera rien si on ose apparaître dans le champs, lever le rideau, ouvrir la fenêtre et aller vers la lumière. Il y a tout d’abord cette photo de femmes invisibles et lointaines, inaccessibles. Une photo qui n’offre comme perspective que la mer. Comme si ces deux femmes ne pouvaient avancer que vers les profondeurs. Tout au loin on aperçoit tout de même une ligne de terre. Une autre rive d’où se dégage de légères fumées sombres. L’un des deux femmes, aux cheveux bruns, avance dans l’eau, enveloppée d’une large robe bleu, sans se retourner, elle se perd déjà dans le flou de l’arrière plan. Au premier plan, une autre femme fait face à l’objectif. Le vent fait tenir une fine étole transparente sur son corps et couvre aussi son visage. Les deux femmes que quelques mètres séparent sont dos à dos. A chacune son horizon. C’est une photo de Dominique Journet- Ramel et que l’on peut voir dans la nouvelle revue de photos femmesPHOTOgraphes, dont le premier numéro sort aujourd’hui. Deux femmes qui prennent les deux rôles amoureux du mythe d’Orphée. Celui qui nous dit que l’enfer est proche et qu’il ne tient qu’à nous de le garder à distance. Le mythe d’une histoire d’amour impossible. Où on ne peut pas se retourner. Un monde qui se tient à 1000 lieues d’une autre mer. D’autres corps, qui eux se rencontrent et se mélangent, quelque part à Cuba. Une photo de Khanh Dang-Tran. Un bord de mer là aussi, où on peut tous avoir pied, à l’ombre d’un arbre. Un seul homme hors de l’eau se fait lui aussi comme la photographe, regard distant, extérieur, lointain. Un regard que l’on ne voit pas, que l’on devine se perdre, comme le nôtre sur ces couples, ces enfants avec leurs parents, ces corps qui se penchent avec douceur, et silence les uns sur les autres. Une image qui conjure l’enfer mythique de la précédente. Les photos de cette nouvelle revue femmesPHOTOgraphes, se rejoignent, se répondent. Il faut savoir se rendre visible peut-on lire dans l’édito Se rendre visible sur la photo, à soi-même et pour les autres. Abandonner les draps, sortir de l’eau et du noir. Ou alors y rester si l’on veut mais sans avoir peur de se retourner.

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