LE DIRECT
"Les grands espaces" de Catherine Meurisse

BD : Catherine Meurisse "Les grands espaces" / La guerre, un fait social total / Vatican : dans l’onde de choc des scandales / Benalla ou pas, faut il choisir ?

1h
À retrouver dans l'émission

Catherine Meurisse vous parle de sa BD "Les grands espaces", et Marco Politi de l'évolution du Vatican après les nombreux scandales. Les chroniques s'intéressent à la journée internationale de la paix et à l'affaire Benalla.

"Les grands espaces" de Catherine Meurisse
"Les grands espaces" de Catherine Meurisse Crédits : ©Catherine Meurisse ©Editions Dargaud

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel : Tewfik Hakem s'entretient avec l'auteur, dessinatrice Catherine Meurisse, qui compose, avec "Les grands espaces"  (Editions Dargaud), une ode à la campagne, à la force créatrice de la nature, à l'art, et rend hommage à l'émouvante légèreté.

J'ai changé d'outil, j'ai tout dessiné au crayon, l'outil qu'il fallait pour dessiner l'enfance, la nature. C'est un dessin que j'ai fait plus lentement. J'avais très envie de ce changement.  Cette sanguine de Fragonard... J'ai toujours aimé les peintres de cette époque qui ont beaucoup dessiné la nature. J'avais envie de voyager dans ce dessin, et me dessiner dedans. Il y a mille choses à contempler dans Fragonard, mais aussi dans Corot, Poussin...

Le Journal des Idées par Jacques Munier : C’est la journée internationale de la paix. Depuis sa création en 1981, elle doit se manifester par un cessez-le-feu dans les zones de combat. Cette année elle est placée sous le thème du « droit à la paix ».

Car c’est le 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme. S’il est vrai que l’article 3 dispose que « tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne », il n’est pas fait mention de la paix, même si elle est implicitement contenue dans la formule. Comme le rappelle Daniel Durand dans les pages Débats de L’Humanité, un droit à la paix est bien à l’étude depuis les années 1990 mais il se heurte à l’opposition des États. Le directeur de l’Institut de documentation et de recherche sur la paix (IDRP) note cependant que le travail des juristes – notamment espagnols – a permis d’aboutir en 2006 à la convention de Luarca (Asturies), qui établit que le droit humain à la paix implique plusieurs autres droits : notamment celui à l’éducation pour la paix, à la sécurité ou à la désobéissance et à l’objection de conscience. Avec le droit au désarmement, l’ensemble s’inscrit dans la promotion d’une « culture de paix » où les opinions publiques ont un rôle éminent à jouer face aux États. 

Dans un livre qui vient de paraître au Seuil sous le titre Les écrivains et la politique en France. De l’Affaire Dreyfus à la Guerre d’Algérie, Gisèle Sapiro évoque la montée en puissance depuis la Grande Guerre d’un genre littéraire, entre témoignage et engagement, rompant avec la tradition épique de l’héroïsme guerrier et du sentiment patriotique. Le modèle de ce genre nouveau, Le Feu. Journal d’une escouade d’Henri Barbusse paraît – censuré – en feuilleton avant d’obtenir le Goncourt 1916 et de connaître « l’un des plus grands succès de librairie de l’époque ». Marqués par la prééminence du vécu, la démystification de la guerre et de son absurdité, ces romans désabusés diffusent « une vision du monde pacifiste » et « leur recherche esthétique se caractérise par la quête d’un cadre de référence, d’un système éthique, afin de parvenir à penser l’événement ». 

Penser la guerre, c’est aussi l’objet de l’ouvrage collectif Une histoire de la guerre du XIXe siècle à nos jours (Seuil) Comme le souligne Gaïdz Minassian dans Le Monde, l'une des forces du livre est de mêler histoire militaire et culturelle, « ce qui permet une analyse tous azimuts, et au niveau mondial, de la guerre comme fait social total, qui se révèle particulièrement adaptée à une compréhension renouvelée des mutations contemporaines » et notamment le passage d'une conflictualité internationale, entre des États, à la conflictualité intrasociale des guerres civiles, caractéristique de notre époque. « La traditionnelle histoire des stratèges, hommes d’État et diplomates s’est enrichie d’une histoire sociale et culturelle des soldats ordinaires, puis des civils (des femmes notamment) » souligne Bruno Cabanes qui a dirigé l’ouvrage. Jean-Vincent Holeindre insiste sur la dimension politique du simple fait de « nommer la guerre ». « Lorsque les présidents Bush et Hollande usent du mot guerre pour qualifier les attentats terroristes qui touchent leurs pays en 2001 et en 2015, c’est d’abord pour souligner la gravité et le caractère exceptionnel de l’agression » et « dessiner une réponse politique à la hauteur du choc provoqué ». Mais, tout comme la France en Algérie, pour la Russie en Tchétchénie, nommer la guerre, c’était reconnaître « la revendication indépendantiste ». Aujourd’hui on parle de guerres « asymétriques » ou non conventionnelles, ce qui signifie que « le phénomène guerrier déborde l’institution étatique ». Clausewitz avait vu juste lorsqu’il désignait la guerre comme un « caméléon ». Car elle n’est pas seulement de nature militaire et politique mais « un fait social dépendant de la culture, des mœurs, de l’esprit du temps, du progrès technique, de la situation des alliances, bref, de l’état des forces sociales ». 

D’où l’importance de la « sortie de guerre » pour créer les conditions d’une paix durable. Brian Jordan montre que le vrai vainqueur de la guerre de Sécession aux Etats-Unis ne fut pas le Nord mais le Sud, car sa défaite militaire l’a renforcé dans son idéologie esclavagiste et suprémaciste, ce qui aurait contribué à ancrer la ségrégation et les inégalités raciales dans le pays. La victoire est-elle forcément synonyme de fin de la guerre ? La question est posée dans la dernière livraison de la revue Politique étrangère. Georges-Henri Soutou revient sur la négociation du Traité de Versailles, à la fin de la Première Guerre mondiale. Conformément à la pratique, on a commencé par fixer entre Alliés les grandes orientations pour inviter ensuite les puissances vaincues à négocier les détails. Comme les discussions préliminaires ont duré, il n’y eut pas de négociations avec les Allemands, qui se sont vu imposer un texte perçu comme un Diktat, « ce qui d’emblée le délégitima aux yeux de l’opinion allemande ». On connaît la suite… Si vis pacem para bellum, disaient les Anciens. Mieux vaudrait aujourd’hui renverser la formule : si tu veux la guerre, prépare la paix.

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet : Une violente tempête secoue le plus petit Etat de la planète, où plane une odeur pestilentielle de putsch. Le Pape François sera en visite demain dans les pays Baltes : un terrain sûr pour le Vatican, confronté à une multiplication de scandales d’abus sexuels cette année dans le monde. La hiérarchie vaticane est mise en cause, l’autorité du Pape est contestée. Vatican : dans l’onde de choc des scandales, quelle évolution ?

Xavier Martinet s'entretient avec Marco Politi, journaliste « vaticaniste » aux quotidiens italiens "La Repubblica" et "Il Fatto Quotidiano", auteur de "François parmi les loups : les secrets d’une révolution au Vatican" (Philippe Rey, 2015).

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

L'Humeur du matin par Guillaume Erner : Benalla ou pas, faut-il choisir ?

Il y a des sujets comme ça qui clivent, des sujets dont l’évocation hystérisent, attention je ne veux pas parler du classique conflit israélo palestinien qui transforme tout dîner en bataille rangée, ni même du débat de 2005 autour du référendum sur la constitution européenne. Non, je veux parler des sujets où il s’agit de savoir s’il faut en parler ou pas, je veux parler de Benalla ou pas. Il suffit de prononcer ce nom pour recevoir une flopée de lettres d’injures – des auditeurs furieux. 

Qu’est ce qui rend ces auditeurs rageux ? Pas tant le fait que derrière Benalla, ce qui serait en cause c’est la macronie, aucun de ces auditeurs en colère ne prend explicitement fait et cause pour Jupiter et les siens. Car la question n’est pas « Benalla est-il innocent ou coupable ? », mais « faut-il en parler ou pas ? ».

à ces questions, les auditeurs répondent non il ne faut plus en parler, ou en tout cas plus maintenant. Plus précisément encore, ce qui est en cause c’est Benalla sur France Culture – oui, parce que je ne vous ai pas dit, mais vous écoutez France Culture – Benalla comme symbole de BFM, Baudruche FM Benalla comme le stade ultime de la feuilletonisation et de l’information baudruche, celle qui remplit l’espace à partir de rien. 

De manière évidente, pour une partie des français, l’affaire Benalla n’interroge plus le système élyséen mais le système médiatique, sa propension à hiérarchiser l’information, voire à parler de quelque chose dont on a fait le tour 1000000 fois, comme si cela faisait des années lumières que nous étions en orbite autour de cet astre mort, l’affaire Benalla. 

A ce jeu-là, chacun y va de sa proposition, Bernard, un auditeur, me demande par exemple hier pourquoi nous parlons de Benalla en passant sous silence la démission du directeur de la banque centrale danoise. Lorsqu’elle a été inventée, la télévision a produit un effet de réel, la guerre cessait par exemple d’être une abstraction, même lorsqu’elle se déroulait au Vietnam. 

Aujourd’hui le village du média global, BFM, ses push, ses reprises, ses alertes et ses directs, produisent un effet d’épuisement. Jadis, on pouvait dire les preuves fatiguent la vérité, maintenant c’est l’information, vraie ou fausse, qui épuise la vérité.  

@PetitsMatinsFC

Chroniques

6H02
27 min

Le Réveil culturel

Catherine Meurisse : "En arrivant au Louvre, j'ai eu l'impression que j'arrivais dans une seconde maison"
6H30
10 min

Journal de 6h30

JOURNAL DE 6H30 du vendredi 21 septembre 2018
6H40
5 min

Le Journal des idées

La guerre, un fait social total
6H45
10 min

Les Enjeux internationaux

Vatican : dans l’onde de choc des scandales, quelle évolution ?
6H57
2 min

L'Humeur du matin par Guillaume Erner

L'humeur du jour par Guillaume Erner du vendredi 21 septembre 2018
Intervenants
  • Autrice de bande dessinée
  • journaliste vaticaniste italien, auteur notamment de « François parmi les loups », ed. Philippe Rey, 2015.
L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......