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La croisade des innocents, éditions Soleil.

BD : Chloé Cruchaudet / L’amour les yeux ouverts / L'Amérique du Nord et l'ALENA 2.0 / Moins de suicides à l’échelle mondiale

59 min
À retrouver dans l'émission

Chloé Cruchaudet vous parle de sa BD "La croisade des innocents", et Jean-François Boittin des gagnants de l'ALENA 2.0. Les chroniques s'intéressent à nos pratiques amoureuses et au recul des suicides dans le monde.

La croisade des innocents, éditions Soleil.
La croisade des innocents, éditions Soleil. Crédits : Chloé Cruchaudet

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec l'auteur et dessinatrice, Chloé Cruchaudet, qui fait paraître La croisade des innocents, aux éditions Soleil, où l'histoire, dans la France du XIIIe siècle, d'un cortège d'enfants miséreux qui décident de partir pour Jérusalem, libérer la ville sainte. 

On a quelques éléments très maigres sur cette bande d'enfants partis du nord de la France en direction de Jérusalem, avec l'espoir de partir libérer le tombeau du Christ et dont le voyage s'est arrêté, aussitôt arrivés à Marseille. J'avais découvert cela il y a longtemps dans un magazine d'histoire et ça m'a beaucoup trotté dans la tête.  En 2016,  après les attentats à Paris, je me suis retrouvée comme beaucoup de personnes dans un grand vide, et beaucoup de questionnement, sur comment on pouvait commettre de telles atrocités au nom de la foi, et au nom d'une idéologie qui pouvait être belle, à la base.

La croisade des innocents, éditions Soleil.
La croisade des innocents, éditions Soleil. Crédits : Chloé Cruchaudet

De manière globale, j'ai un peu des comptes à régler avec toutes les religions en général. Cette histoire m'intéressait, parce qu'il y avait le terreau pour essayer d'analyser comment à partir d'une petite histoire, d'un mythe, on pouvait manipuler des gens. Ensuite, c'est vraiment une mise en abyme ; mes personnages, c'est la foi qui les fait partir, mais ils construisent peu à peu leur propre religion, avec ce petit théâtre de marionnettes qui leur permet de survivre, où ils racontent ce qui est censé avoir eu lieu, mais en même temps, ils brodent, ils mentent aussi.

La croisade des innocents, éditions Soleil.
La croisade des innocents, éditions Soleil. Crédits : Chloé Cruchaudet

Et rendez-vous mensuel avec la chronique de Sonia Déchamp, du Magazine Casemate, qui dresse un portrait de l'invitée.

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Les réseaux sociaux et les sites de rencontres – qu’un Français sur trois dit avoir fréquenté – ont-il modifié nos pratiques amoureuses ?

C’est la question que s’est posée Armelle Oger dans la dernière livraison de la revue We Demain. Et son enquête montre que les 2500 sites et applis disponibles en France à cet effet « ont bouleversé les modes de rencontres amoureuses, mais aussi notre rapport à l’autre dans toutes les étapes d’une relation. » Le rôle des algorithmes, en particulier, qui sélectionnent en fonction des profils, augmente mécaniquement la probabilité des rencontres mais accentue l’entre-soi. Carine, une cadre sup de 52 ans, se rencarde un jour avec un homme correspondant en tout point à son profil. « Peut-être un peu trop… en arrivant au rendez-vous, elle a fait face au mari de sa meilleure amie. » Une tendance consumériste semble aussi se dessiner : « on trie, on essaie, on jette » reconnaît Isabelle. Le psychanalyste Pascal Couderc confirme. «  Il y a un caractère violent dans les amours 2.0. L’autre est suffisamment désincarné et anonyme pour que certains se dispensent d’appliquer les règles communes de savoir-être. » 

Un autre aspect concerne la relation au temps induite par la communication numérique. Dans la foulée d’une rencontre décidée en trois clics, les amants peuvent s’envoyer jusqu’à une cinquantaine de messages quotidiens. Des échanges anodins aux questions intrusives… « Ce partage en temps réel des émotions, joies, peines, jusqu’aux infos les plus triviales a bousculé les équilibres – observe Armelle Oger. Qu’est-ce que le temps pour soi lorsque l’autre est en continu au bout du fil de discussion ? » Pour durer, une relation a aussi besoin de distance et de silence. 

La dimension temporelle est au cœur du dernier livre de Paul Audi, publié chez Galilée sous le titre De l’érotique. D’abord parce que l’amour produit une césure dans le temps : il y a un avant et un après. En ce sens, il est « un pur événement ». Le philosophe évoque les rencontres sur plateforme numérique, « dont la vocation est de parer au plus pressé », et qui promettent « des satisfactions sans engagement, aussi légères que l’air et aussi simples qu’une rengaine », vouées à se dissoudre dans le flux où elles sont nées. Il cite Milan Kundera dans La lenteur : « le degré de la vitesse est directement proportionnel à l’intensité de l’oubli ». Et il insiste sur cette dimension essentielle arrimée au désir : l’attente, voire les attentes. « Tout comme la lenteur contrevient à la rapidité de l’extase, le plaisir, en sa délicate durée, en sa douce rondeur, parvient à différer la flambée de jouissance, la consumation finale du désir. » Faire l’amour, c’est aussi prendre la mesure du temps de l’autre, « pas d’érotique qui ne se fonde sur cette demande : on y tente l’accord de deux rythmes qui ne sont jamais de prime abord sur la même longueur d’onde ». C’est pourquoi Paul Audi distingue l’érotisme, forme convenue et culturellement déterminée de la sexualité, de l’érotique, qui est l’art de parvenir à cette « concordance des temps », une forme sensible donnée à la rencontre amoureuse, une forme comparable à celle que l’artiste s’emploie à concevoir en son for intérieur, mais qui élaborée à deux serait le résultat d’une autre intimité, celle d’une altérité qui attire émeut et fascine « aussi fortement qu’elle conduit le sujet amoureux devant sa plus intime altérité ». Une « forme de vie », au sens que Wittgenstein donnait à ce concentré de pratiques et de langage, pas forcément vouée par principe à la durée pour la seule raison que le hasard de la rencontre porterait « l’empreinte d’une destinée ». Mais tout de même aimantée par une « vibration d’infini », du genre de ce que Nietzsche avait à l’esprit quand il parlait d’« imprimer au devenir le caractère de l’être ». Commentaire de Paul Audi : « en se désirant l’un l’autre, et en faisant du plaisir la seule mesure de leurs désirs, les amants souhaitent frapper l’éphémère de leur union du sceau de l’éternité. » 

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Le nouveau traité de libre-échange nord-américain sera officiellement signé entre les États-Unis, le Mexique et le Canada aujourd'hui au G20 de Buenos Aires. Censé rééquilibrer le commerce et protéger l’emploi américain, l'USMCA pourrait aussi servir de levier dans d'autres négociation.

Xavier Martinet s'entretient avec Jean-François Boittin, expert associé au CEPII, ancien diplomate et conseiller économique à l'Ambassade de France à Washington D.C. et Berlin, il a conduit la délégation française qui a négocié l'Uruguay Round.

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Moins de suicides à l’échelle mondiale, enfin une bonne nouvelle !

Oui, le suicide est en net déclin, c’est une bonne nouvelle. Faut-il se réjouir des causes du déclin du suicide ? C’est une autre question… 

Alors les chiffres tout d’abord, ils sont incontestables, on les trouve dans The Economist de cette semaine. Le taux de suicide à l’échelle mondiale a diminué de 29 % depuis l’an 2000, cela représente 2,8 millions de vie sauvées, trois fois plus que le nombre de morts dans les guerres pendant le même laps de temps. Le suicide diminue partout, partout sauf aux Etats-Unis, où il est en augmentation de 18 % depuis l’an 2000…

Passons maintenant aux causes. Un phénomène aussi complexe que le suicide ne peut évidemment se ramener à quelques causes, mais on peut imaginer que des facteurs aussi hétéroclites que les antidépresseurs, la liberté de mener son existence selon ses souhaits, ou bien encore la diminution du sentiment de solitude avec les réseaux sociaux, tout cela a joué son rôle. Cela donc, pour les aspects positifs de ce déclin du nombre de suicidés. Mais si l’on en croit Durkheim — le pionnier de la sociologie et qui a écrit justement Le suicide — il n’existe pas un type mais deux types de suicides : le suicide égoïste et le suicide altruiste. 

Dans le suicide égoïste, on se suicide parce que l’on est en marge de la société, c’est un suicide par défaut d’intégration, et c’est probablement ce type de mort volontaire-là qui est en nette diminution. Et, entre les psychotropes et les réseaux sociaux, il est fort possible que beaucoup de gens se sentent aujourd’hui plus intégrés qu’hier, des gens qui jadis se sentaient mis à l’écart. Mais l’autre cause, le suicide altruiste, le suicide perpétré au nom de la communauté, pour la communauté, est peut être aussi en diminution. L’archétype de ce suicide, pour Durkheim, c’est par exemple le capitaine de navire qui décide de couler avec son navire, et l’on se souvient par exemple que le capitaine du MSC Concordia avait été le premier à s’enfuir sur un canot de sauvetage, symptôme aurait dit Durkheim de l’égoïsme de notre époque. 

Conclusion, on se suicide peut être moins parce que les individus vont mieux et la société moins bien.  

Association internationale pour la prévention du suicide

@PetitsMatinsFC

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