LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
XIBALBA, de Simon Roussin, Editions 2024.

BD : Simon Roussin "Xibalba" / Le rire / Yémen / La République est-elle menacée ?

59 min
À retrouver dans l'émission

Simon Roussin vous parle de son album "Xibalba", et Franck Mermier de la rencontre à Stockholm qui pourrait mener à des pourparlers de paix au Yémen. Les chroniques s'intéressent au rire et à la République.

XIBALBA, de Simon Roussin, Editions 2024.
XIBALBA, de Simon Roussin, Editions 2024. Crédits : Simon ROUSSIN

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec l'auteur de bande dessinée Simon Roussin, pour la parution de son album Xibalba aux éditions 2024 qui nous entraîne dans un voyage où les êtres aimés meurent et ressuscitent, et nous annonce d'emblée la couleur : Xibalba signifie "lieu de la disparition, de l'évanouissement", mais aussi cet endroit où l'on peut aller rencontrer ses disparus.

1932, l’Aéropostale s’éteint doucement. Au Vénézuela comme ailleurs, les lignes ferment les unes après les autres, malgré l’audace des derniers pilotes… Eddie, l’Américain, et André, le visage balafré, écument les  bars, se racontent leurs pays et leurs compagnons disparus: deux têtes brûlées, deux amis. Voler ? la seule chose qu’ils savent faire et, sans doute, leur dernière raison de vivre. Que faire alors lorsque qu’une  ethnologue distinguée puis deux jumeaux taciturnes, recherchent les services d’un aviateur ? Décoller encore une fois, toiser les  frondaisons, survoler les fleuves verts; et entendre le nom d’une terre magique, perdue au plus profond de la jungle, que les Indiens nomment Xibalba. [Présentation de l'éditeur]

Le récit est construit de telle sorte qu'on est dans un récit d'aventure, exotique, dans les années 30, entre deux guerres, avec des personnages forcément torturés, et dont les caractères pouvaient changer en fonction des épreuves qu'ils traversaient à la fin du livre, à l'opposé de ce qu'ils étaient au début.

XIBALBA, de Simon Roussin, Editions 2024.
XIBALBA, de Simon Roussin, Editions 2024. Crédits : Simon ROUSSIN
Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

"Rire, c’est si profondément vivre". Pour détendre un instant l’atmosphère et en prélude au weekend qui s’annonce tendu, quelques variations sur le thème du rire.

« Le rire nie le travail », disait Octavio Paz en se référant à sa faculté de suspension de l’esprit de sérieux, et à son pouvoir d’ouvrir le temps du jeu. Et il ajoutait : « Le rire ne fonde rien parce qu’il est insondable et que tout tombe en lui sans jamais toucher le fond. » D’où la difficulté à le définir, ne serait-ce que parce qu’il est une extension singulière de la voix, une « signature sonore » de la personne et qu’on ne sait jamais ce qui va le déclencher. Même si son rôle social est évident, toutes les tentatives de le circonscrire se heurtent à son irréductible singularité, sans compter le peu de réalité et l’absence totale d’humour qui caractérisent la plupart d’entre elles. Emmanuel Kant, par exemple : « Le rire est un affect procédant de la manière dont la tension d’une attente est réduite à néant »… Ou encore Lacan qui situait le comique dans le « rapport de l’action au désir et de son échec à le rejoindre », lui qui savait pourtant si bien donner à ses interventions, par ses mimiques et apostrophes, un tour clownesque en exploitant la maïeutique du rire dans ses séminaires. 

Dans La Quinzaine Littéraire, Éric Dussert brosse un panorama des nombreuses analyses du phénomène, toujours contraintes à varier les angles à l’infini pour le cerner. Et Magdalena Rychlowska, chercheuse en psychologie sociale, conteste l’assertion d’Aristote selon laquelle le rire serait le propre de l’homme : « les rats, quand on les chatouille, produisent des pépiements réguliers ». Essayez, vous verrez… Le rire est « associé à une réduction du stress et au jeu », il « a été observé chez les chiens et chez les primates ». 

David Le Breton publie chez Métailié une anthropologie du rieur sous ce titre sobre : Rire. Il insiste d’emblée sur sa dimension « phatique », c’est-à-dire moins axée sur le sens, la signification, que sur le contact. Dans le contexte qui est le sien, celui d’une anthropologie du corps, l’analyse du rire s’inscrit parfaitement. Le burlesque, en particulier, illustre « le retour ironique du corps qui tend à s’effacer dans les ritualités quotidiennes ». On peut le retrouver chez Kafka, qui raconte dans une lettre une crise de fou rire contagieux et ravageur qui gagne les participants à une très officielle annonce d’avancement dans l’institut où il travaille. Un ventre proéminent, « soudaine irruption du corps dans la sacralité du moment » déclenche chez lui un rire nerveux, qu’il peine à contenir en simulant une quinte de toux. « Le président ne se démonte pas », il continue mine de rien, mais l’onde du rire se propage à l’assemblée en « vagues de turbulence »… Un collègue prend la parole et bafouille : « toutes les digues se rompent » alors, et l’impétrant éclate d’un rire sonore, brutal, dévoilant l’origine du trouble. « Le président, déconcerté, s’efforce de faire bonne figure », trouvant – écrit Kafka « une phrase quelconque pour donner à mes hurlements je ne sais quelle explication humaine ».

Le rire des enfants illustre à merveille à la fois le caractère contagieux et la sociabilité foncière du rire, en s’esclaffant eux-mêmes de susciter l’hilarité. « Le rire ou le sourire sont des modalités essentielles de gratification mutuelle dans la relation à l’enfant », souligne David Le Breton. Le moment venu, il fera l’épreuve de la distinction d’avec le rire mauvais, sarcastique. Le mot sarcasme vient du grec sarkasmos, « rire amer » et du verbe sarkazein qui signifie « ouvrir la bouche pour montrer les dents », ou bien, au sens figuré « mordre la chair », comme dans l’ironie mordante. Ce rire-là est plus proche de la haine que de la joie, il éclate souvent en groupe pour décréter l’exclusion. « Le sarcasme est le bourreau toujours prêt au milieu de la foule » disait le philosophe Theodor Adorno. Étrangers, ou encore individus non conformes en font les frais. Comme les anciens Grecs, les Hébreux disposent de deux mots pour dire le rire : celui qui a donné son nom à Isaac, joyeux et communicatif, et celui qui désigne la moquerie, la dérision. Lévi-Strauss a retrouvé cette ambivalence dans les mythes amérindiens, qui « assignent au rire des conséquences désastreuses ». Chez les Bororos, ce rire mauvais est même une variante sémantique « de l’ouverture des crânes à coup de hache ». Gardons-nous en, et méditons cette sage maxime de Raymond Devos : « Qui prête à rire n’est jamais sûr d’être remboursé». Ou encore la défense et illustration de l’humour par Pierre Desproges, comme la seule façon « de friser la lucidité sans tomber dedans ».

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Ce sont les premières discussions directes entre belligérants de la guerre au Yémen depuis 2016 : les Houthis rencontrent en Suède le gouvernement soutenu par la coalition du Golfe. Dans un contexte diplomatique plus favorable, ce pourrait être une première étape avant des pourparlers de paix. Yemen, pourparlers de paix : quel rapport de force ?

Xavier Martinet s'entretient avec Franck Mermier, anthropologue, directeur de recherche au CNRS, spécialiste notamment du Yémen, a dirigé « Yémen : écrire la guerre », ed. Classiques Garnier.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

La République est-elle menacée, comme l'a dit le président du Sénat, Gérard Larcher ?

Non, la République n'est pas menacée, elle n'est évidemment pas menacé par les gentils "gilets jaunes", ni même les méchants "gilets jaunes". La République n'est pas menacée sauf si elle veut se penser menacée.
L'Histoire montre que ce n'est pas parce que les putschistes ou les révolutionnaires sont peu nombreux qu'ils sont condamnés à échouer, donc ce n'est pas la peine de quantifier le nombre de ses ennemis. La Russie des tsars comptait 180 millions de paysans, ces 180 millions de paysans vivaient sous le joug de 3 millions de nobles et il a suffi à Lénine et aux siens de rassembler 23.000 hommes pour renverser le régime. Comment 23.000 hommes peuvent-ils prendre le dessus sur 3 millions de nobles ? Eh bien, en se montrant souples, agiles intellectuellement et coopératifs. Autrement dit, la République doit se montrer plus souple, plus agile intellectuellement et les républicains plus coopératifs que ceux qui les menacent. 

Plus encore, les républicains doivent se dire que la République est invincible, c'est vrai depuis 1981, rien à voir avec l'élection de Mitterrand. les républicains doivent se dire qu'ils sont invincibles depuis l'abolition de la peine de mort. Je m'explique. Que signifie l'abolition de la peine de mort ? Qu'aucun ennemi aussi ennemi soit-il, terroriste, tueur en série, et pourquoi pas putschiste ne peut désormais être exécuté pour ses crimes. En effet, que signifierait la peine de mort administrée à l'un de ces criminels ? Que la République est en état de légitime défense, qu'elle n'a pas d'autre choix que de supprimer ceux qui pourraient lui porter atteinte. Si la peine de mort a été abolie, c'est parce que la République se sait invincible, elle punit ceux qui l'attaquent mais elle les garde en son sein, parce que même les antirépublicains font partie de la République. A contrario, les dictatures ont recours à la peine de mort parce qu'elle savent qu'elles sont des pouvoirs faibles : il a suffi de 80.000 hommes pour faire tomber Ceausescu, le dictateur roumain, en 1989. 

Les dictatures se savent faibles et c'est pourquoi elles utilisent la manière forte, les républiques, elles, ne peuvent pas mourir, elles ne peuvent que se suicider.

@PetitsMatinsFC

Chroniques
6H02
26 min
Le Réveil culturel
Simon Roussin : " Plongé dans la jungle mexicaine, chacun de mes personnages se retrouve confronté à ses fantômes "
6H30
9 min
Journal de 6h30
JOURNAL DE 6H30 du vendredi 07 décembre 2018
6H40
5 min
Le Journal des idées
"Rire, c’est si profondément vivre"
6H45
10 min
Les Enjeux internationaux
Yemen. Pourparlers de paix : quel rapport de force ?
6H57
2 min
L'Humeur du matin par Guillaume Erner
La République est-elle menacée ?
Intervenants
  • artiste et dessinateur
  • anthropologue, directeur de recherche au CNRS, spécialiste notamment du Yémen, a dirigé « Yémen : écrire la guerre », ed. Classiques Garnier.
L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......