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L'affiche de "Palazzo delle Acquile " de Stefano Savona, Alessia Porto et Ester Sparatore

Ce que l'aube nous donne à entendre

59 min
À retrouver dans l'émission

Où il sera question d'une occupation, d'une errance, d'un bruit, de silences, de nos prisons et de nos guerres.

L'affiche de "Palazzo delle Acquile " de Stefano Savona, Alessia Porto et Ester Sparatore
L'affiche de "Palazzo delle Acquile " de Stefano Savona, Alessia Porto et Ester Sparatore

On se croirait dans une fiction tellement l’environnement paraît surréaliste, et les personnes qui le peuplent très cinématographiques, dans leurs gestes, dans les voix, dans leurs rires, et leur coups de sang. Ce film a pourtant reçu il y a 6 ans, le Grand prix du cinéma du Réel. Dans une salle sombre, dont on devine les fenêtres trop petites et trop élevées, plusieurs personnes rient ensemble. Principalement des femmes. "Toi tu l’as connu comment ton mari, Carmela ?" Une femme qui pourrait être âgée de 45 ans, tee shirt à blanc moulant, qui laisse apparaître les arrondis de son corps, cheveux noirs qui lui tombent dans le cou, une veste de survêtement nouée autour de la taille, et cigarette à la main. Cette femme là, s’avance. Elle a tout d’un coup 20 de moins. Dans cette salle sombre, elle parle en marchant vers les autres qui l’écoutent, d’un pas chaloupée, sourire aguicheur elle revit cet après midi où à la fenêtre de chez sa tante, elle voit passer et repasser le même jeune homme à bord de son scooter. Elle raconte avec fierté, devant l’intéressé, souriant timidement et resté à l’écart… Elle raconte comment en sortant de chez sa tante, son futur mari, s’est mis à la suivre en scooter, ne l’a plus lâchée pendant les 13 années qui ont suivi. L’histoire, pendant une minute, et les sourires autour nous font oublier cet environnement étrange où les récits prennent place. Une grande salle tout en bois massif, un grande table centrale sur laquelle on voit une fontaine d’eau en plastique et plusieurs affaires en désordre. Il y a aussi un immense miroir, et des pupitres en bois eux aussi, aux quatre coins de la salle, avec des bancs recouverts de velours rouge. Ce sont 18 familles qui ont investi il y a 6 ans donc, le Palazzo delle Acquile, à Palerme, siège de la mairie. 18 familles qui vivaient à l’hôtel et qui en ont été expulsées, avec des enfants, des bébés, des femmes enceintes, sans s’être vus proposer un solution d’urgence, ou une aide quelconque. 18 familles qui ont décidé d’investir, d’occuper cette mairie au maire absent, tant que rien n’aura été trouvé pour les reloger. Ce documentaire de Stefano Savona, Alessia Porto et Ester Sparatore, que l’on peut voir dans son intégralité sur le site de Mediapart montre un mois d’occupation, la promiscuité, les besoins de produits élémentaires d’hygiène et d’alimentation, les tensions qui en découlent, et puis il y a les enfants qu’il faut réchauffer, rassurer, amuser. Il y a ces nombreux moments aussi de réunions publiques avec des élus désemparés qui n’ont aucune réponse à formuler. Des tensions qui laissent place parfois, à ces moments suspendus, où la vie les uns sur les autres, devient pendant quelques minutes la vie ensemble, de souvenirs partagés, des jeux inventés pour oublier un peu ce cadre de musée, où le sommeil est impossible, mais où le rêve est partout.

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People in control avec ce titre, _when it’s war (q_uand c’est la guerre). C’est la guerre chez eux, mais ils la retrouvent tout aussi bien chez nous. Ces gens qui la fuient et qui tentent de traverser les frontières. Il y a eu ces derniers jour l’adoption à Béziers de ce référendum anti-migrants, voulu par le maire FN Robert Ménard. Référendum dont le préfet de la région a annoncé qu’il le ferait annuler en justice. Et le journal en ligne Street Press nous apprend que la section Front National des Hautes Pyrénées a divulgué sur Facebook des adresses de domiciles qu’occuperaient des réfugiés. Avec un document présenté comme étant une note interne de la police, et selon lequel 250 migrants seraient logés, nourris soignés gratuitement aux frais du contribuable de Lourdes. Le conseiller régional du parti, Olivier Monteil interrogé par Streepress, enfonce le clou : « je donne une information qui devrait être publique, dit-il. Ces appartements sont payés avec nos impôts. ». Sauf que selon le journaliste Tomas Statius, ce sont 108 migrants qui sont arrivés à Lourdes et non pas 250, et la préfecture dément d’autres déclarations du Front national sur un supposé traitement de faveur de ces réfugiés. L’association France Terre d’asile a déposé une plainte pour « atteinte à la vie privée et divulgation d’informations pouvant mettre en danger nos résidents ». Et le front national a effacé depuis ces messages sur Facebook.

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