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Une élève du lycée pour fille de Pretoria proteste

Ce que nos rêves peuvent transformer de la réalité

59 min
À retrouver dans l'émission

Où il sera question de Raymond Carver, de cheveux en liberté, des débuts d'un jeune psychanalyste, de la douleur au travail, de la limite du ciel, d'un espace trans-saharien et d'un ennemi algorithmique.

Une élève du lycée pour fille de Pretoria proteste
Une élève du lycée pour fille de Pretoria proteste Crédits : Anonyme/twitter

Notre image du jour est floue, encombrée, agitée même, tout comme peuvent l’être nos souvenirs qui surgissent dans la nuit. C’est un visage de jeune fille. Elle a l’âge d’aller au collège, mais ses traits sur cette photo sont étonnamment enfantins. Cette jeune fille noire, en uniforme bleu marine et vert, les couleur de son lycée, se tient face à un homme blanc aux cheveux gris, de dos, et à la chemise rayée multicolore. Elle le regarde avec détermination. Droit dans les yeux. On ne sait pas vraiment s’il y a entre ces deux personnes, un désaccord indépassable. Mais dans les yeux de la jeune fille, il y a en tous cas un éclair évident de défiance. Face à lui, donc, elle arbore une chevelure crépue et volumineuse qu’elle laisse volontiers se répandre autour d’elle, et forme un X avec ses bras qu’elle porte haut. La mâchoire apparente et serrée. C’est une photo qui a écumé les pages de la presse anglo-saxonne ces derniers jours. Celui d’une mobilisation lycéenne, majoritairement féminine à Pretoria, en Afrique du Sud. Une mobilisation contre un règlement qui impose un lissage des cheveux, ou une longueur maximale de tresses ou de dreadlocks. Pas le droit non plus, peut on lire dans ce règlement, à des barrettes aux motifs de bananes ou de crocodile. Un règlement qui à aucun moment, ne prononce explicitement quel type de cheveu est visé, mais dont les lycéennes n’ont pas tardé à dénoncer le racisme. Elles se sont mobilisées devant leur lycée il y a quelques jours, en dansant et en brandissant des pancartes, et un hashtag sur les réseaux sociaux, #stopracismpretoriagirls. L’une d’elle, sur une vidéo se demande si elle devra toute sa vie s’excuser d’être une enfant noire en Afrique du Sud. A tel point que le ministre de l’éducation nationale sudafricain est venu à leur rencontre. A tel point que cette partie du règlement a été depuis supprimée. Demeurer debout, à l’écoute. Comme dans le poème de Carver tout à l’heure. Tout se tient, vous êtes maintenant réveillé, et vous voyez que les rêves ont aussi leur place dans la réalité.

JUKEBOX

Animal on est mal, Gérard Manset, et Deus. Une musique entendu à la fin d’un Pieds sur terre, sur une histoire d’oreille de porc jeté dans le jardin d’un médecin musulman. Une triste histoire d’islamophobie dont je me suis rappelée à la lecture de l’édito du Courrier Picard d’hier. Un édito qui a submergé hier les réseaux sociaux. Le journaliste Jean-Marc Chevauché a relaté la très mauvaise blague faite à un coiffeur d’Albert, petite commune de Picardie. Coiffeur au nom de Mohamed Manoubi. Et qui a trouvé ces derniers jours une tête de porc grillé devant son salon de coiffure. "ls ont voulu frapper Mohamed dans son identité d’être humain" écrit le journaliste qui conclut : "on est au moins sûr d’une chose :c’est que Mohamed, à Albert, est un homme, on sait aussi que d’autres y sont des porcs ".

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