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Clémentine Deluy et Thusnelda Mercy / Tanztheater de Wuppertal

Ce que nous pouvons réinventer avec nos mots

1h
À retrouver dans l'émission

Où il sera question de danse à Wuppertal, d'installateurs techniques de la peur, de la réaffirmation de la fraternité, de l'invasion des chiffres et d'une guerre sans fin, et de prises de risque.

Clémentine Deluy et Thusnelda Mercy / Tanztheater de Wuppertal
Clémentine Deluy et Thusnelda Mercy / Tanztheater de Wuppertal Crédits : Emilie Chaudet

Notre image du jour, c’est là aussi une histoire de vocabulaire réinventé, celui du corps. Celui d’un souvenir retrouvé, au détour d’un article. Un portrait de la danseuse Nazareth Panadero dans Paris Match. Elle parle de Viktor cette pièce de Pina Bausch, jouée pour la première fois il y a 30 ans, et qui se rejoue en ce moment au théâtre du Châtelet à Paris. Et moi je souviens de cet après midi de mars 2012 à Wuppertal. Dans un ancien cinéma désaffecté, deux jeunes danseuses brunes au cheveux bruns longs et fins. Visages pâles, fatigués et fermés. Elles visionnent, silencieuses, concentrées, un film délavé sur une vieille télé. Elles sont francophones, et parlent comme si je n’étais pas là. Je prends un plaisir fou à les écouter et à les regarder. Devant cette télévision, elles commencent à esquisser des gestes qu’elles ne mènent pas à leur terme. C’est alors qu’elle arrêtent le film, et toujours sans sourire, elles se regardent dans les yeux et commencent à danser. Leur musique c’est le grincement du parquet qui se mêlent à leur respiration, de plus en plus fortes. Elles créent dans leur danse, une relation de gémellité, leurs bras se mêlent, leur corps vêtus de noir se confondent, leurs chevelures se mélangent. Elles créent à deux un nouveau langage hérité de ce qu’elles ont appris avec Pina Bausch. Clémentine et Thusnelda, créent ensemble un duo avec ces mots corporels qu’elles ont appris et traduits ensemble, crée un vocabulaire du corps qui ne nous parle que si l’on accepte littéralement d’entrer dans la danse. C’est ainsi que l’absence de la maîtresse devient une force qui les porte. Le langage éclot dans un grand éclat de rire alors que les deux femmes s’apercevant d’un geste de trop, relâchent soudain la tension de leur corps et s’arrêtent de danser. Et comme pour prendre le relais du corps, ce sont les mots qui, à cet instant là, résonnent à nouveau.

JUKEBOX

Résigné titre qui figure sur le tout dernier album d’Hyperculte, sorti au printemps dernier chez le label des disques Bongo Joe. Hymne d’une colère qui monte. Une colère aux noms multiple, colère sans âge. Alors même qu’hier, un tagueur en série a été présenté devant la justice. Age du délinquant 78 ans. Le retraité qui taguait des insultes en jaune et noir sur les façades de la cathédrale de Dax, de la permanence du parti socialiste, et du journal Sud Ouest. Il a été confondu par des caméras de vidéo surveillance et déféré devant le parquet de Dax hier. Il a reconnu les faits et expliqué son geste en disant son « ras le bol » des politiques, de l’Eglise et de la presse.

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