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Manifestante lors d'une mobilisation à Buenos Aires contre les violences meurtrières faites aux femmes, en juin 2016

Ces mots que nous donne le jour qui se lève

57 min
À retrouver dans l'émission

Où il sera question d'être là, de le dire, de voir la mort, de l'entendre, de la révolution écrite, d'un nom gênant, et d'un nouveau symbole européen.

Manifestante lors d'une mobilisation à Buenos Aires contre les violences meurtrières faites aux femmes, en juin 2016
Manifestante lors d'une mobilisation à Buenos Aires contre les violences meurtrières faites aux femmes, en juin 2016 Crédits : Martin Zabala (avec l'aimable autorisation de l'auteur)

C’est une image qui est la somme d’une multitude de photos prises hier et ces derniers mois à Buenos Aires. Des milliers de personnes ont envahie la place de Mai. Beaucoup de femmes, et parmi ces femmes, il y a un visage, celui d’une jeunes adolescente, à qui il est impossible de donner un âge. Elle, ne porte pas cette perruque violette, signe de ralliement du Mouvement anti-féminicide, #niunamenos (pas une de moins). C’’est une très jeune femme dont l’âge, quel qu’il soit, entre de manière aberrante dans la moyenne de celui des victimes connues à ce jour dans le pays, de meurtres à caractère sexuel. La dernière victime en date, Lucia Perez, triste icône de cette tout dernière manifestation d’hier, avait 15 ans. Ce visage juvénile que l’on voit sur notre image porte en lui une fatigue et une colère. De grands yeux noirs de petits cheveux bruns qui se bousculent sur son visage. Elle regarde droit vers l’objectif, On la devine perchée sur des épaules, surplombant la foule, devant la résidence présidentielle argentine. Sur sa bouche deux morceaux de scotch disposés en croix. Elle n’a que pour seuls mots cette pancartes, pas une de moins, donc, nom d’un collectif qui rassemble des femmes intellectuelles, issues du milieu associatif, des élues autour de la lutte contre la violence, la plupart du temps meurtrière, faites aux femmes. Derrière la jeune manifestante, on devine du monde, tard dans la nuit, des gens perchés sur des barrière qui brandissent des slogans, et des photos de victimes. Protester et se taire. Se montrer, sans crier sa colère. Ne plus savoir quoi faire, mais le faire quand même, montrer qu’on est là vivante, et que si aujourd’hui, dans cette capitale, il faut se battre pour ça, alors allons-y. A ce titre il y a un slogan de cette manifestation qui a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux : « excusez nous de vous déranger, mais on nous assassine ». Ces manifestations, celle de juin dernier, celle d’il y a quelques heures, c’est plus que de la colère. C’est plus qu’un refus ou qu’une condamnation. C’est autre chose. C’est dire, avec son corps, sa simple présence, sans hausser le ton, j’existe, je vis. J’ai ce droit là. Comme une revendication de soi. En arriver là.

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Le Dictionnaire Larousse, du duo Mansfield Tya, sur leur dernier album paru il y a un peu plus d’un an maintenant, Corpo inferno. Il est aussi question dans divagation de noms propres que l’on découvre, que l’on ne trouve pas, ou que l’on ne cherchait pas. Comme sans doute la ville italienne de Salo, dans laquelle Mussolini avait installé son gouvernement et proclamé la république de Salo en 1943. Mais c’est aussi le nouveau nom d’un club parisien, celui de l’ancien social Club, apprend on sur le site de Libération. Référence pour les propriétaires de la salle, au film de Pier Paolo Pasolini, Salo ou les 120 journées de Sodome, réalisé en 1973. Eprouvant et dernier film du réalisateur, où l’on voit des adolescents, soumis sexuellement,en proie à la violence de notables et d’ecclésiatiques. Le journaliste François-Xavier Gomez écrit à ce titre : « l’admiration pour le Salo de Pasolini ne peut faire oublier la réalité historique dans laquelle il s’enracine , le régime liberticide, allié d’Hitler et complice de la politique d’extermination des juifs. Donner un tel nom à un lieu de divertissement relève pour le moins de la maladresse, de la faute de goût ou d’un cruel manque de discernement » conclut-il, avant de préciser qu’aucun responsable n’a pu ou souhaité s’en justifier auprès du journal.

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