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Chercher le soleil et la lune: Hommage à Ren Hang

59 min
À retrouver dans l'émission

Où il sera question d'une nuit nue, de la recherche du jour, d'une gigantesque collection, de la fin des paysans, des instabilités au Pakistan, de sorts présidentiels, d'une pornographie d'hypermarché.

Ce sont des corps blancs, nus, solitaires. Suspendus à l’obscurité. Des corps d'une blancheur qui donnent à l’environnement toute sa lumière. Nudité qui n’appartient qu’à la nuit, un corps complice de notre regard, qui nous montre comment se fondre au décor du rêve. Il y a de l’eau et des rochers. Il y a parfois de grandes feuilles douces et circulaires. Il y a ces corps qui prennent place, parmi les nénuphars nocturnes, qui s’agrègent aux rocher . Qui prennent place dans la nuit. Des corps nus au milieu de l’eau, qui semblent prendre racine, y compris au sens propre. Ce sont des corps qui s’accrochent, sans en avoir l’air. Qui donnent l’impression que la chute est proche, mais qu’ils ne se laisseront pas tomber, ni couler. Il y a, dans cette nuit de pleine lune, des corps d’homme qui émergent avec des flammes à bout de bras, comme pour narguer la nature autour d’eux, dire qu’ils existent et que le chemin qu’ils prennent, même impraticable, est possible. Qu’ils le peuplent en tous cas de leur possiblités à eux. Que l’on peut, sous certaines conditions, l’emprunter. Il y a des femmes qui se tiennent allongées, droites, à la surface de l’eau. Et qui donnent l’impression d’y avoir fait leur lit. Des visages sans douleurs, ni sourires. Des corps, parfois, qui se relâchent et se laissent aller à la dérive. Comme des Ophélie au regard encore bien vivant. Bien conscient du départ. Indifférent à celui qui les laisserait partir. Elles se laissent emporter par un courant silencieux, juste chargées de branches fleuries pour accompagner leur voyage immobile. « Je te regarde encore effrayé que tu puisses disparaître. Je te tiens dans mes bras, encore effrayé que tu puisses disparaître. La lune ne disparaîtra pas. Le soleil ne s’en ira pas non plus. Même si le ciel se voile, même si tu ne les vois plus, tu sais bien que la lune et le soleil n’ont pas disparu. Je dois juste m’en convraincre. » Ce sont les mots d’un des derniers poèmes de Ren Hang, le jeune photographe chinois de 29 ans, disparu ce vendredi. Lui qui a dénudé les corps leur a donné de l’eau, des feuilles et des fleurs, leur a donné une lumière qui éclaire ces nuits, où justement il se serait pris à redouter encore une fois, l’absence de la lune.

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