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Couper les chaînes d'information en continu et parler à son voisin

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Où il sera question de parole et d'écoute, d'une vallée aux loups, de barbe plus ou moins fournie, des mots sans les choses, et de paix, de paix...

C’est un petit restaurant à Roubaix, dans le quartier populaire de l’Epeule. Il est 20h, l’heure de dîner mais la salle est vide: c’est dans une petite pièce à part que cela se passe. Une quinzaine de personnes s’est retrouvée là, au premier étage, comme pour se situer au-dessus des postures et du bavardage politique.

C’était juste après les attentats de Charlie Hebdo, Hamza reçoit un coup de fil de son ami Pierre-Yves : « Il faut vraiment qu’on parle ». Dont acte, Hamza est un militant associatif, il connaît du monde… et organise avec d’autres un premier rassemblement, pour dire la sidération et l’effroi, pour dire qu’à défaut de pouvoir agir il faut au moins se parler.

Et puis le bouche-à-oreille fonctionne et depuis, il n’y a pas un mois sans que se réunisse ce groupe de parole sans filtre, avec des gens de tous âges et surtout de toutes convictions, militants associatifs ou pas, Charlie ou pas Charlie, avec ou sans foulard.

Ce jour-là par exemple Nicolas commence : « moi j’ai simplement envie de dire que je suis un admirateur de Finkielkraut ». Mohammed enchaîne : « ça tombe bien, si on était tous des adeptes de Tariq Ramadan on tournerait en rond! ». Pierre-Yves et Philippe ne comprennent plus qu’on puisse se reconnaître dans quelle religion que ce soit... et Bachir de répondre que c’est aussi se sentir appartenir à un groupe, avec ses rituels et ses costumes. La discussion durera une heure trente, chacun disposant d’un temps de parole chronométré… De toute façon il est flagrant que le plus important ici n’est pas tant la prise de parole que l’écoute de l’autre.

Et en quittant le quartier de l’Epeule dans cette ville de Roubaix dont on rappelle souvent qu’elle est la plus pauvre de France - en oubliant la richesse de son tissu associatif, de ses réseaux d’entraide, de son rap et de sa danse urbaine-, on se dira qu’en l’absence de discours politique cohérent et rassembleur, la société française elle, est décidément pleine de ressources.

Le disque du jour

Soy Colombia du groupe Cumbele, trois jeunes Colombiens qui ont gagné le concours « Chante pour la paix », organisé par la chaîne de télévision Telesur pendant les négociations de paix entre le gouvernement colombien et les FARC - négociations qui ont abouti à un accord le 22 novembre dernier.

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