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Des visages à retenir dans la nuit, ceux de Don Mc Cullin

57 min
À retrouver dans l'émission

Où il sera question de corps qui se libèrent, de visages qui indiquent le chemin, de vin et de bonne chère, de Turquie et de reconquête de la liberté.

Ce sont des visages qui ne se doutent de rien. Qui craignent juste la seconde, la minute, et très souvent le jour d’après. Ce sont des visages qui ne se doutent pas à ce moment précis qu’ils traverseront le temps. Et qu’ils pourront même nous servir d’exemple. Des visages comme des modes d’emploi. Comment laisser à la limite l’obscurité nous submerger, mais, à tout prix, laisser la peur de côté. Tout semble enveloppé d’une ombre, qui ne laisse aucune chance ni à l’espace ni au temps que l’on traverse. Et dans ce noir là, ce sont ces visages présents, parfois de dos, parfois criants, au premier plan, qui créent la lumière. Qui montrent le chemin de la sortie, sans le connaître exactement eux-mêmes. Il y a ce regard, pendant la guerre au Biafra, en 1968, celui d’un jeune homme, à moitié caché par une ceinture de munitions, posée sur sa tête comme une coiffe. Un regard qui refuse la peur, qui préfère regarder droit devant. Ne pas s’arrêter trop longtemps, ne pas reculer. Un regard droit et noir qui ne s’arrête que pour cet objectif là. Et il y a ce regard invisible, d’un homme de dos. Un regard difficile à imaginer. Il pourrait se perdre dans le vague, se fixer déterminé sur les visages des policiers au dessus de lui. Le regard d’un homme assis avec une pancarte devant ce rang d’uniformes noirs qui eux ne semblent voir que le photographe posté derrière la scène. Ces visages, bouches grande ouvertes, d’où ne peuvent sortir que des cris. Des corps qui se libèrent. Qui y travaillent. Qui y croient. Et qui s’approche le plus possible du trou noir, celui de l’arme pointée devant eux, celui d’un monde qu’ils voudraient reconstruire. Ou d’un vide laissé par les autres, le vide d’une ville détruite. Ce sont des photos prises pour la plupart à la fin des années 50, dans les années 60 aussi, entre le Nigéria, la Turquie, la Grèce, l’Angleterre, l’Irlande. Des photos de Don Mc Cullin, que l’on peut voir en ce moment à la galerie FOLIA à Paris. Le photographe de 81 ans donnera également une conférence à la maison de la paix à Genève la semaine prochaine. Lui qui continue à photographier les conflits et ses morts, en Syrie, en Irak et qui s’interroge sur l’utilité d’un photographe, sur un terrain de guerre." Les photos ne changent rien", dit-il aujourd’hui dans le journal suisse le Temps. On serait tentés de lui répondre que les photos ne changent pas. Que les visages qui retiennent les larmes, les regards qui ne baissent pas, et les corps qui résistent sont les mêmes, et nous disent que le chemin, le nôtre, n’a pas fini d’être indiqué.

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