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Disparaître avec l'aube: "Résistantes" par Olivia Gay

1h
À retrouver dans l'émission

Où il sera question de femmes immobiles, de regards fuyants, de nouvelles rocambolesques, de déconstruction philosophique, d'ouvrages de relations internationales, d'admissions post-bac, et de la mode des claquettes-chaussettes.

Elles ne veulent pas regarder. Ne pas avoir à soutenir un regard. Plutôt rester présenter à elle-même. C’est suffisant. Toute entière à sa tâche, ou dans ses pensées. Eviter de regarder à l’extérieur. Et garder pour soi. Ce sont en effet des regards qui se dérobent toujours. Des regards absents qui entretiennent la solitude. Qui créent le vide autour. Comme une protection. Le début d’un départ. Il faut savoir se détourner. Se retourner. Donner le dos. Il y a dans un paysage blanc, une femme de dos. Elle porte une robe blanche, aussi , marquée d’une ceinture en tissu de la même couleur. Comme une blouse d’infirmière. Elle se tient droite et immobile, entre un lampadaire et un arbre sur un large trottoir. Main dans une poche. Le regard que l’on ne voit pas et qu’on devine se perdre quelque part. Sans doute pas dans ce paysage qu’on voit s’étendre devant elle. Une large barre d’immeuble recouverte d’un filtre blanc vaporeux. Un brouillard comme une frontière entre elle et le reste. On dirait dans ce soleil d’après-midi, qu’il s’agit là devant elle d’un paysage nocturne, en plein soleil. Une ville invisible plongée dans le brouillard. Le désert tout autour. Les rares autres présences humaines sont trop lointaines, elles semblent inaccessibles. La solitude de Domestica dans cette ville caniculaire du Brésil envahit tout. C’est l’une des photos de femmes qu’Olivia Gay expose en ce moment à la galerie du château d’eau à Toulouse. Des résistantes. Une exposition rétrospective où l’on retrouve des femmes que la photographe a rencontrées dans le cadre de plusieurs séries. Des prostituées, des prisonnières, des femmes en errance, et puis aussi des dentellières de Calais au travail, le regard grave et concentré. Rivé sur l’ouvrage. Sans plus rien autour d’elles. Ce sont des femmes qui attendent. Qui fuient cette attente de rien, perpétuelle, en perdant leur regard. Dans leur travail, derrière un masque ou dans l’obscurité d’une pièce. Dans leur nuit à elle. Devenir invisible. Se fondre dans le noir, dans le reflet d’une vitre, dans une autre qu’on choisit. Ne pas rester là. Ne pas rester soi. Olivia Gay travaille dans ses portraits de femme, cette invisibilité, désirée, subie, et parfois aussi les deux. Et parfois il y a des yeux qui se lèvent, qui nous fixent. Parfois. C’est rare. Comme pour questionner notre présence devant elles. Nous inviter alors à disparaître avec elle.

(Tapis musical : Cigarettes after sex - Opera House )

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