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Eman, Gehad et de nombreux jeunes supporters de Abdel moneim Aboul Foutouh admirent un feu d’artifice pendant un meeting pour la campagne présidentielle au Parc Al Azhar. Le 2 avril 2012 -

Etre sur la même place au même moment et "rester vivants" avec Pauline Beugnies

58 min
À retrouver dans l'émission

Où il sera question de rassemblements, d'illuminations, de visages tournés vers le ciel, de sorcières, de poètes, de résistants, de dirigeantes dans la tourmente, de paroles de femmes censurées, et de sondages non publiés.

Eman, Gehad et de nombreux jeunes supporters de Abdel moneim Aboul Foutouh admirent un feu d’artifice pendant un meeting pour la campagne présidentielle au Parc Al Azhar. Le 2 avril 2012 -
Eman, Gehad et de nombreux jeunes supporters de Abdel moneim Aboul Foutouh admirent un feu d’artifice pendant un meeting pour la campagne présidentielle au Parc Al Azhar. Le 2 avril 2012 - Crédits : Pauline Beugnies / Génération Tahrir (avec l'aimable autorisation de l'auteure)

C’est un petit groupe, majoritairement des femmes, qui se rassemblent et se tiennent chaud dans la nuit. Des visages qui semblent produire de la lumière. L’attirer à eux. Elles ont l’air illuminées. Dans tous les sens du terme. C’est la nuit et pourtant les corps et les vêtement plongés dans l’obscurité laissent filtrer la lumière sur leur seuls regards, leur sourires. Elles ont l’air illuminées, grisées, gagnée par une douce euphorie. Les visages aux yeux tournés vers le ciel, ou vers les autres. La bouche ouverte, prête à la parole en chœur, au chant, au rire. En arrière plan, des immeubles aux fenêtres allumées, Il cette image. C’est une scène de liesse au milieu du chaos. Un moment où l’on se permet l’espoir. Un rassemblement de femmes qui peuplent principalement le champs de l’image prise dans le parc Al Azhar au Caire. Ancienne décharge à ciel ouvert transformée depuis une dizaine d’années en étendue verte et fleurie espace de détente, de retrouvailles, de rencontre qui ouvre ici le livre de Pauline Beugnies, Ahmed Nagy et Ammar Abu Bakr, Génération Tahrir. Au centre de cette photo, il y a Eman, au visage de Madone, entouré d’un voile mauve. Elle semble chanter, elle semble ailleurs, déjà dans son rêve d’avenir, celui d’une liberté encore jamais vraiment connue. Eman raconte la photographe a passé à l’époque en 2011, 18 jours sur cette place, contre l’avis de sa famille et de son mari, contre la peur et l’insécurité. On retrouve le visage aux grands yeux noirs, d’Eman dans le nouveau film de Pauline Beugnies, Rester Vivants projeté ce soir au Quai 10 de Charleroi. La jeune femme berce son bébé avec un grand sourire, et explique face caméra comment une révolution peut rendre fou. Le bonheur et la fierté intense de s’être réunis au même endroit au même moment avec les mêmes rêves. Et la profonde déception, la frustration qui ronge, se dire que peut-être la vie irait mieux aujourd’hui si la révolution n’avait pas eu lieu. Une marche qui a changé leur monde, leur ville, leur pays, leur être. Une marche qui a encore lieu en eux, en elles et qui aujourd’hui, se fraie un chemin entre l’amertume et la fatigue, parce que le mouvement, le soulèvement et la marche fait partie maintenant de du corps, du visage du regard, de la vie.

JUKEBOX

Françoiz Breut / La Proie sur l'album Zoo (2016)

Et puisque nous en sommes à nous interroger aujourd’hui sur France Culture, toute la journée, sur la place et la condition des femmes dans le monde, il y a ce nouveau blog qui fait parler de lui sur la toile, c’est Paye ton couple. Un Tumblr, une plateforme faite de posts très brefs, des mots, des photos, sur le même modèle que Paye ta shnek le premier du genre où des femmes répertoriaient les insultes, les remarques désobligeantes qu’elles peuvent subir dans la rue, il y a eu aussi Paye ta blouse pour les remarques sexistes à l’hôpital, Paye ta robe au tribunal, Paye ta fac, et bien d’autres déclinaisons, et tout dernièrement donc Paye ton couple, avec ces remarques, parfois ces insultes vécues et autres violences subies par les femmes au sein du couple. Plateforme qui compile déjà depuis quelques semaines de très nombreux témoignages et dont les gestionnaires dénoncent la censure sur les réseaux sociaux et notamment sur Facebook. "Comment expliquer que Facebook soit capable de faire preuve d’une efficacité redoutable, par exemple lorsqu’il s’agit de censurer un article sur les règles ou bien de bloquer une page qui dénonce la violence conjugale en à peu près 10 minutes chrono ?" s'insurgent des associations féministes. Un article du Monde par ailleurs attire l'attention sur l'utilité médiatique de ces Tumblr, libération de la parole et visibilité dans les media.

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