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Joan Miró, Femme et oiseaux, 13 avril 1940, Collection particulière

Expo : Miro / Économie collaborative ou capitalisme de plateforme ? / Sahara occidental / Carlos Ghosn : l'Homo Hubris

59 min
À retrouver dans l'émission

Jean-Louis Prat et Daniel Pennac vous parlent de l'exposition consacrée à Joan Miró, et Khadija Mohsen-Finan du conflit au Sahara occidental.

Joan Miró, Femme et oiseaux, 13 avril 1940, Collection particulière
Joan Miró, Femme et oiseaux, 13 avril 1940, Collection particulière Crédits : © Successió Miró / Adagp, Paris, 2018 photo Nahmad collection, Monaco

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Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec Jean-Louis Prat, commissaire de l’exposition MIRO au Grand-Palais du 3 octobre 2018 au 4 février 2019, et Daniel Pennac, romancier, auteur de Miro, Le tour du ciel, aux édition Calmann Levy.

Miro n'a pas été montré depuis longtemps en France. La dernière exposition importante du peintre au Grand-Palais avait eu lieu en 1974, il y a quarante-quatre ans, et quarante-quatre ans après, il était important de poser un regard sur cette oeuvre différente, étonnante, qui nous fait rêver, qui est une oeuvre poétique, et qui ouvre au XXIe siècle des portes formidables.  Jean-Louis Prat

Joan Miró, Ceci est la couleur de mes rêves (peinture-poème) 1925, New York, The Metropolitan Museum of Art
Joan Miró, Ceci est la couleur de mes rêves (peinture-poème) 1925, New York, The Metropolitan Museum of Art Crédits : © Successió Miró / Adagp, Paris 2018 Photo The Metropolitan Museum of Art

_Ma première approche de Miro est née d'une admiration muette d'adolescent, au moment de la création de la Fondation Maeght, où je suis entré, pour voir le chantier, et petit à petit, j'ai vu arriver les Calder, Miro, Giacometti, d'une simplicité, d'une gentillesse et d'une vision incroyables. Plus tard, une quinzaine d'années après, quand je suis devenu professeur, j'ai vu que faire appel à Miro faisait rêver ces enfants - c'était des enfants en grande difficulté scolaire - il les enchantait, il les calmait, les faisait rêver, les poussait à l'acte pictural et à l'acte littéraire. Ils étaient comme en apesanteur.   _Daniel Pennac

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Le Journal des Idées par Jacques Munier :

La dénommée « nouvelle économie » du numérique est-elle si nouvelle ? Notamment au regard du profit, des finances ou de l’emploi. Plusieurs publications récentes permettent d’en douter.

À commencer par le livre de Nick Srnicek, publié chez Lux sous le titre Capitalisme de plateforme. L’hégémonie de l’économie numérique. Celle-ci englobe « les entreprises dont les modèles de gestion reposent sur les technologies de l’information, les données et internet ». Outre les GAFA, qui en sont les modèles paradigmatiques, cette économie traverse aussi désormais tous les secteurs traditionnels : industries, services, transports, télécom… du fait de l’importance acquise par les données – les data. « Optimiser les processus de production, avoir un aperçu des préférences des consommateurs et contrôler la main d’œuvre, puis développer les bases d’une vaste gamme de nouveaux produits et services (Google Maps, voitures autonomes chez Uber, Siri l’assistant intelligent de l’I Phone, etc.) et vendre ces données à des annonceurs », tel est le nouvel écosystème engendré par la capacité exponentielle à recueillir, traiter, stocker, diffuser et exploiter les données. D’où le caractère hégémonique des entreprises du net qui sont au cœur de cette économie transversale. Mais peut-on réellement parler de « quatrième révolution industrielle », d’économie cognitive, informationnelle, immatérielle ou du savoir ? Nick Srnicek inscrit cette évolution dans l’histoire récente du capitalisme. Selon le spécialiste de l’économie numérique, enseignant au King’s College de Londres, devant le déclin, organisé par les délocalisations, de la rentabilité du secteur manufacturier, le capitalisme « s’est tourné vers les données pour assurer la croissance et la vitalité de l’économie face à la léthargie du secteur industriel ». Il en veut pour preuve la formation de la « bulle internet » des années 1990, qui a permis de mettre en place l’infrastructure de base de l’économie numérique, avec de lourds investissements dans le câble de fibre optique jusqu’au fond des océans, la conception de logiciels et de réseaux, la multiplication des bases de données et des serveurs. 

Et au final, si la rentabilité des capitaux investis s’avère fructueuse, qu’en est-il du modèle social et sociétal généré par cette économie ? « À ses débuts, Google utilisait les données simplement pour détourner ses revenus publicitaires des médias traditionnels, comme les journaux et la télévision. » On connaît les conséquences du développement de ce type de pratiques sur les moyens et l’indépendance de la presse. Mais là où les effets de l’économie numérique sont le plus décisifs c’est sur l’emploi. « Le salaire aux pièces est la forme du salaire la plus convenable au mode de production capitaliste », observait déjà Marx dans Le Capital. Le travail à la pige se répand sur les plateformes numériques comme Uber, devenue la plus grande entreprise de taxis au monde sans posséder aucun véhicule. Tout est à la charge du chauffeur – la formation, la voiture et son entretien, l’assurance – lequel touche une commission de la part de la société qui s’est contentée de mettre en relation le client avec l’offre de service. Là aussi la récolte des données est le nerf de la guerre. Avec pour conséquence la précarisation de l’emploi : aux Etats-Unis c’est désormais 10% de la main d’œuvre qui exerce ce genre de métiers, faute de mieux. Conclusion de l’auteur : « L’économie de la pige ne fait que déplacer les lieux d’embauche des journaliers sur le web, en y ajoutant une couche supplémentaire de surveillance intrusive. La Silicon Valley commercialise ce qui est essentiellement un outil de survie en le présentant comme un outil d’émancipation. »

La dernière livraison de La Nouvelle Revue du Travail est consacrée au « capitalisme de plateforme ». Elle présente les résultats des premières enquêtes réalisées dans différents domaines de l’économie de plateforme, notamment auprès des livreurs à vélo d’un site de livraison de repas à domicile. La notion de « capitalisme de plateforme » met l’accent sur « la création de valeur et son partage, inégalitaire, entre, d’une part, les détenteurs des algorithmes, sites et applications et, d’autre part, les travailleurs présents sur celles-ci qui doivent fournir les moyens de travail ». Leur statut d’indépendant, « loin de leur conférer de l’autonomie, participe de l’émergence de formes renouvelées, voire exacerbées, de sujétion » et permet aux plateformes de contourner les régulations du monde du travail. L’article de Josépha Dirringer explore les différentes solutions envisagées en Europe pour faire bénéficier ces travailleurs d’une protection sociale, et plaide pour que celle-ci « ne soit plus liée au statut d’emploi, mais attachée à la personne ». Dans un livre qui met en garde contre les dérives du Big Data, publié par Les Arènes sous le titre Algorithmes : la bombe à retardement, Cathy O’Neil dénonce l’industrie des données qui favorise les inégalités, échappe à tout contrôle et menace de se substituer à nous dans la prise de décision en l’absence de toute considération éthique. Allant jusqu’à mettre en péril la démocratie.

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

La 43e Conférence européenne de soutien et de solidarité avec le peuple sahraoui vient de se terminer à Madrid. 10 000 manifestants ont appelé à la décolonisation et à l’indépendance.

Xavier Martinet s'entretient avec Khadija Mohsen-Finan, chercheure associée à l'IRIS, spécialiste du Maghreb et des questions méditerranéennes.

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Carlos Ghosn, ex-PDG de Nissan et actuel patron de Renault, est soupçonné d'avoir dissimulé une partie de son salaire au fisc japonais. Il a été arrêté et placé en garde à vue à Tokyo.

Donc Carlos Ghosn a décidé de faire pleurer Max Weber. Je m’explique, le sémillant patron de Renault Nissan, a donc été arrêté au Japon où il est une sorte de star. On lui reproche des malversations au sein de l’entreprise et de la fraude fiscale. Ce qui est cocasse, c’est que cet homme a touché la modique somme de 89 millions de dollars de rémunérations en l’espace de cinq ans, somme qui devait lui paraître insuffisante, puisque selon le Financial Times, il n’a jugé bon d’en déclarer que la moitié au fisc. 

Jusqu’ici cette histoire raconte la cupidité sans limite d’un autocrate, qui, ajoute le Financial Times, a eu d’autant plus de facilité à se livrer à ces malversations qu’il dirigeait Renault Nissan d’une main de fer depuis dix-huit ans. Mais surtout, cette histoire marque une vraie rupture par rapport à la théorie classique du capitalisme, celle que raconte Max Weber dans l’esprit du capitalisme et l’éthique protestante. 

A en croire Weber, ce qui distingue le vrai capitaliste de ses prédécesseurs, ce n’est pas l’appât du gain. Celui-ci n’est en rien une nouveauté apparue au XIXème siècle. Si le capitaliste se distinguait par son appât du gain, alors les pirates, les aventuriers, seraient de grands capitalistes. Or, ce qu’explique Weber, c’est que le prototype du capitaliste est un homme soumis à une éthique protestante, ce qui le distingue c’est son surmoi ici-bas, car, selon Weber, si le capitaliste veut réussir ici-bas, c’est pour se persuader de son élection divine, ces succès dans cette vie en annoncent d’autres dans le monde d’après. Et Weber de se pencher sur les propos de Benjamin Franklin, des capitaines d’industrie aussi noceurs et disposés à l’hédonisme qu’une porte de prison. Plus ils sont ascétiques, vertueux, durs à la tâche, plus ils pensent réussir. 

Avec Ghosn, l’ex-patron de Nissan Renault, le modèle est autre. Cet homme n’a pas été embarrassé par ses malversations, il a même osé mettre en péril son entreprise dans une série d’actes délictueux. Lénine disait que le capitalisme était tellement cupide qu’il vendrait la corde pour se pendre – Carlos Ghosn après avoir vendu la corde a semble-t-il, tenté de se mettre la TVA dans la poche.  

@PetitsMatinsFC

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