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Foncer vers un nouveau jour : les "tractor boys" de Martin Bogren

1h
À retrouver dans l'émission

Où il sera question d'une fureur de vivre, d'un route à perte de vue, de contes autour du feu, de moralisation de la vie publique, de la route de la soie, de mensonges politiques, et du bottin tchèque.

Il faut pouvoir saisir la vitesse. Il faut pouvoir garder en tête cette route qui défile. Et qui va loin. Qui nous porte. Et dont on ne sait pas où elle nous mènera. Où elle s’arrêtera. C’est une fureur de vivre, et une soif de se souvenir. Un désir de garder l’intensité. De pouvoir rien que par la pensée, la reproduire. C’est une vue sur des sensations. Sur des cris de joie, d’excitations. Ce sont des photos qui ne laissent pas le temps au silence. Il y a des corps en mouvement, des cheveux qui volent au vent. Des voitures qui foncent. Ca dérape. Ca déraille. On joue avec son corps, avec sa vie. On joue avec sa propre image, on la met à l’épreuve, en espérant peut-être même un peu l’abîmer. Pourquoi pas ? Il s’agit en fait de sortir de soi. De se prouver qu’on est là. C’est une fureur de vivre, comme le film de Nicholas Ray, passé au noir et blanc et qui pourtant aurait rajeuni. C’est une jeunesse qui ne change pas. Qui fonce, qui fume et qui ne se laisse pas le temps de voir. Pas le temps de réfléchir à l’objectif. Il faut vivre vite, et laisser si possible au final un beau cadavre. Et puis dans ces paysages flous de vitesse, il y a parfois un regard qui transparaît. Un regard qui voudrait comme s’arrêter. Celui d’un adolescent. Visage en tous cas juvénile. Joues encore un peu rondes, une peau floue qui laisse apparaître des tâches de rousseur, des ombre. Celle du pare-brise devant lui. Un rayon de lumière entoure son regard. Il tient un volant qu’on ne voit pas, et roule. Il semble seul. Soudain en lui même. Il n’est plus là pour le spectacle adolescent de la vitesse. Il roule pour lui même. Peut-être même avec l’idée de fuir le défi, et juste de partir. Il regarde au loin avec un visage doux et calme. Loin de la poussière des routes, loin du tumulte alentour. Il y a aussi, cette autre photo dans ce noir et blanc flou, comme pris à la volée. Comme si la vitesse devait aussi être celle du regard. Il y a donc cette image d’une tendresse, au milieu de la fête crépusculaire. Une étreinte, un visage d’homme enfoui dans le cou d’une femme. Les yeux fermés. Les bras clos eux aussi, autour des corps. Un baiser doux auquel le flou donne sa fougue. Ce sont des photos du suédois Martin Bogren et que l’on peut voir entre autres au sein de l’exposition Autophoto, à la fondation Cartier à Paris. Des "tractor boys", comme les a nommés le photographe. Ces tracteurs que l’on peut conduire dès l’adolescence. Sur lesquels on apprend à jouer les durs. Sur lesquels on s’amuse comme on peut. On se prend à rêver à la route qu’on peut prendre. Loin du spectacle de soi-même.

(Tapis musical: Mondegreen - Magnetosphere)

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