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BiT de Maguy Marin

Fuir la nuit : BiT de Maguy Marin

59 min
À retrouver dans l'émission

Où il sera question d'une ronde ininterrompue, d'une fête sombre, de calcaire, de rhétorique politique, de poétique révolutionnaire, d'un Brexit briseur de coeur.

BiT de Maguy Marin
BiT de Maguy Marin Crédits : Hervé Deroo

C’est un rassemblement. Un moment passé ensemble. On ne se lâche pas on forme une chaîne humaine et on habite l’espace ensemble, en ligne, sans poser la question de la direction C’est une scène de fête, à 6 danseurs. Dans leurs vêtements trop grands qu’ils ont du mal à habiter. Une élégance qu’ils ont du mal se trouver. Très vite les vêtements tombent entre deux pas de danse simultanés, dans la mécanique de la farandole, dans cette musique qui saisit et paralyse l’air, et l’espace. Il y a des sourires, des regards complices dans cette ronde ininterrompue. Et puis a force de tourner les uns avec les autres, les uns à côté des autres. Les vêtements tombent. Et les masques ne tardent pas à suivre. Le noir se fait, l’espace en pente qui amusait les danseurs, prend un autre visage. On ne voit plus la montée, on voit le précipice. La musique de la fête laisse la place à un écho sonore envahissant. Un demi-ton qui nous perd dans l’espace privé de lumière. Les masques tombent et les convives en mettent de nouveaux. C’est un paysage de nos angoisses enfantines, de nos cauchemars de toujours. Des inconnus qui nous entourent et qui en silence menacent, sans en avoir l’air. Ils menacent parce qu’ils sont ensemble et portent le même visage, à l’air triste et désolé. Un masque d’impuissance à lutter contre leurs pulsions de destruction. Au loin alors qu’une scène terrible de mise à mort, d’humiliation finale a lieu sous les yeux du public, trois femmes comme des parques, en robe, blondes à la peau blanche laiteuse, aux yeux bleu translucides passent en déroulant un fin fil blanc. Comme l’indication d’un chemin, d’une ritournelle. Un fil blanc qui montre la vie comme un recommencement. Car le noir bientôt fait à nouveau place à la lumière, alors que les danseurs privés de leur corps et de leur visages se relèvent. C’est BiT, comme une morsure au passé. Une danse signée de la chorégraphe Maguy Marin que l’on peut voir au théâtre du Rond-Point jusqu’à samedi à Paris, et le mois prochain au théâtre de Nîmes. Une morsure au cœur et au corps que l’on garde en soi, pour soi, et que l’on cache sous sa robe, sous son chapeau, derrière un sourire que l’on trouvera toujours la force d’afficher pour faire taire le crépuscule. Et que l’on peut laisser s’ouvrir, en haut de cette pente fragile, dans la chute finale, inévitable et collective.

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Les Beatles, She’s leaving. Elle s’en va. Dans la chanson il s’agit d’une femme qui quitte le domicile parental pour rejoindre un amoureux. Mais moi je vais vous raconter des histoires de femmes ou d’hommes qui risquent eux de quitter le domicile conjugal et tout ça à cause du Brexit. C’est The Guardian qui rapporte les témoignages de plusieurs couples britanniques au bord de la rupture, ou qui vivent en ce moment des tensions inhabituelles. La journaliste Sarah Marsh s’appuie sur les chiffres d’une organisation britannique Relate qui vient en aide aux couples en difficulté, et selon Relate , 1/5 de leurs 300 conseillers disent travailler sur des cas de tensions de séparations liés à des disputes, et des désaccords autour du Brexit. Donc. Et dans cet article on retrouve les mots la londonnienne Kate 38 ans qui dit qu’elle ne laissera pas le brexit briser son couple mais que les débats agités à la maison l’ont clairement fragilisé. Une femme anonyme d’Irlande du Nord explique qu’elle a clairement dirigé toute sa colère à l’issue du référendum, contre son mari et Colin de Hartlepool lui affirme que le Brexit a joué sans aucun doute, un rôle significatif dans sa récente séparation. Il explique: "Nous nous sommes séparés en décembre, nos différentes opinions sur le Brexit nous ont empêché de continuer ensemble. Le matin du référendum j’étais abattu, et elle elle dormait tranquillement à côté de moi, elle avait voté pour. et elle avait voté pour à cause de la question migratoire". Circonstance aggravante pour le mari. "Et ce matin là dit il, j’ai été odieux avec elle". "Beaucoup de personnes peuvent vivre ensemble avec des points de vue opposés. Mais nous nous n’avons pas pu."

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