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Garder les images de ceux que l'on aime et que l'on a aimés: "Photographier comme un besoin" par Nan Goldin

1h
À retrouver dans l'émission

Où il sera question d'un panthéon amoureux, de la photo comme moyen de séduction, d'un bal des fous, de colère dans le monde, d'impasses politique et d'humiliation (#teamhumilies)

Ce sont des images de fêtes, des visages aimés sous les réverbères, qui sourient s’embrassent, se laissent gagner par l’ivresse de l’obscurité et espèrent ne pas terminer seuls leur nuit. On photographie des visages pour les emporter, s’en emparer une fois pour toute. Ne jamais oublier ce que ses yeux là ont été pour nous, ce qu’ils nous ont fait devenir. Une femme au corps frêle, nerveux, se tient au centre. Elle porte une jupe, et un soutien gorge sombre. Juste en dessous d’une ampoule à la lumière crue, elle porte une image au plafond. Au plus près de la lumière, elle examine une photo qui par transparence nous apparaît de loin comme étant celle de deux jeunes femmes en train de lire. Il y a sur le visage de cette femme, qui regarde cette photo, de la tension et de la gravité. Des yeux entièrement rivés sur ce que la lumière peut lui révéler. Sourcils froncés, une grande bouche, à moitié ouverte, qui achève de donner à ce visage un aspect dramatique. Un masque même de tragédienne. Qui charge l’objet de son regard de tous les enjeux possibles. Ce visage c’est celui de la photographe hollandaise Ata Kando, aujourd'hui âge de 103 ans. Sur cette photo que l’on peut voir dans le livre de son ex-mari, Ed Vander Elsken, elle en a 39. C’est un livre de photo, l’amour sur la Rive gauche, et dont parle Nan Goldin dans un article paru cette semaine dans le New Yorker. Un article intitulé "photographier comme un besoin". La photographe américaine y parle de ses influences et s’arrête sur Ed van der Elsken. Via les photos qu’il a prises de sa femme, Ata Kando, puis de sa maîtresse Vali Myers, dans des scène de liesses, de danses de discussions intenses dans les cafés du Saint Germain des années 50. Le photographe a fait comprendre à Nan Goldin que l’on capturait des visages pour mieux les aimer, et s’en faire aimer en retour. Nan Goldin écrit : « Dans ma vie, j’ai eu une obsession, celle de photographier mes amants, mes anciens amants, ou ceux que je rêvais d’avoir comme amants. Tout comme Ed, je m’inscrivais dans la photo, comme l’amoureuse. La photographie comme sublimation sexuelle, comme un moyen de séduction, une chance de toucher l’autre avec mon appareil photo plutôt qu’avec mon corps. Une façon d’élever l’objet de mon obsession en icône ». C’est, sur cette image d’Ata Kando, l’emprunte d’un corps, d’un visage, de traits quotidiens, dans un appartement atelier, un peu insalubre un peu mal rangé. On imagine, sur la photo d’Ata Kando, une scène de petit matin, de réveil, après une nuit de fête, où, le visage fatigué, reste là comme une emprunte de l’amour vécu.

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