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Garder un peu de nuit avec soi : "Pourquoi tu ne ris pas?" par David Sedaris

1h
À retrouver dans l'émission

Où il sera question de questions, d'un sourire qui n'apparaît pas, du cabinet du docteur Caligari, de l'été et de la nuit qui revit, de la Palestine et du Hamas, de l'amour à trois légalisé en Colombie.

C’est un souvenir d’enfance. De ceux que l’on évite de porter sur soi. On les classe dans les détails. Et resurgissent dans des visages sur des photos. Des visages comme rentrés en eux mêmes, et qui à eux seule racontent l’histoire. La seule histoire qui vaille d’être connue. Même si on ne saura jamais tout. On ne saura jamais vraiment pourquoi ça s’est passé comme ça. Pourquoi les adultes de l’époque n’ont pas su, pas pu faire autrement. "Pourquoi tu n’es pas en train de rire ?" C’est la phrase dont l’auteur et chroniqueur américain David Sedaris se souvient de son enfance. "Pourquoi tu n’es pas en train de rire ? "Lui que l’on voit sur une photo en noir et blanc, petit garçon aux allures d’homme, mine sérieuse, inquiétante presque pour un enfant de son âge. Il n’a pas plus de 6 ans. Il est assis sur un banc, à côté de sa sœur gigotante et souriante. Il porte des lunettes à monture noir épaisses, et les cheveux ras. Il se tient droit et garde son regard à distance de l’objectif. S’enferme dehors, dans cette posture de petit premier de la classe. A cette question du rire qui ne vient pas, David Sedaris raconte dans le New-Yorker, son environnement, la laideur des maisons, l’ennui des paysages. Il y a un cynisme et une distance dans ses mots, Une légèreté dans l’ennui comme souvenir. Et puis autre chose, de plus grave. Sur la photo, il y a une troisième personne. La scène se passe sur un bateau. Le frère et la sœur sont assis sur un banc en bois. De l’autre côté du banc, il y a une femme. Leur mère. Un visage qui peut tout dire, comme son contraire en une seule expression, la dureté et la tristesse de ne pas pouvoir être plus présente. Ne pas pouvoir regarder l’objectif. Ne pas regarder ses enfants, ou à peine, du coin de l’oeil. Se tenir là aussi à distance comme une étrangère. Le fils et la mère sont dos à dos et ne regardent pas, ne se voient pas, ne se touchent pas. Avec pour frontière le dossier commun du banc en bois. "Pourquoi tu ne ris pas ?" La question qu’il aurait pu poser, au même âge à cette mère, dont il ne sait pas tout. Parce qu’il n’a pas osé demander. Peur de la blesser, de la mettre en colère. Peur d’en savoir trop. De ne pas savoir où mettre tout ça. Et avec cette photo retrouvée les questions qui resurgissent. David Sedaris nous raconte sa mère, l’alcool et les mots que lui, son père n’ont pas su trouver pour l’empêcher. Peur de la blesser." Pourquoi tu ne ris pas ?" Une question de l’enfance qui en regroupe tant d’autres, qu’on n’ose pas poser. Ce pourquoi t’es triste, qui veut en fait savoir où l’adulte que l’on a à ses côtés voudrait être à cet instant. Peut-être bien avant dans la vie, ou tout simplement loin d’ici.

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