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Inviter la couleur, inventer un autre jour: "Modern colors" de Fred Herzog

58 min
À retrouver dans l'émission

Où il sera question de Jackpot, de money, de changements, des lanières d'un parquet, d'une flamme dans le feu (et vice versa), de politique et de religion, de ressources dans le Grand Nord, d'apologie de l'égoïsme dans "Lala land" et d'une autre histoire d'antisémitisme.

Ce sont des images se remarquent surtout pour leur couleur. Aucun filtre aujourd’hui ne peut arriver à les reproduire. Des croyances d’enfant pouvaient me faire croire que les premiers sujets photographiés voyaient la vie en sépia ou en noir et blanc. Ce sont ici des couleurs qui font émerger à nouveau ces croyances enfantines. On ne sait pas très bien en quelle année, on sait à peine à quel endroit. Au départ on ne voudrait que s’en douter, mais les indices nous submergent. Il y a ces trottoirs larges, ces vitrines de barbershops ou de diners aux inscriptions imposantes, colorées, accueillantes, qui s’y étalent. Il y a aussi ce sens de l’abstraction. Celui des sujets photographiés, qui, comme habitués à se mettre en scène, font mine de en pas voir l’objectif et nous offre leur plus belle indifférence. Ce sont des photos de Vancouver, des photos douces et chaudes, que la couleur pastel du Kodachrome sublime. Fred Herzog est un des premiers à avoir utilisé la couleur. Celle-ci, sucrée, qui à l’époque ne se faisait pas, n’était pas prise au sérieux. C’est peut-être pour cela que Fred Herzog est parvenu à brouiller les pistes à photographier Vancouver comme un village, un cocon, dénuée de coordonnées et d’époque. Ce sont des photos que l’on peut retrouver dans le livre paru ces jours ci, et consacré à son travail, Modern Colors. Couleurs modernes, qui viennent nous parler à nous, les "enfiltrés". Des couleurs qui rapprochent ces années 60 canadiennes, de nos années à nous. Qui font que l’image peut devenir un langage, un miroir. Se reconnaître. Il y a par exemple celle-ci. Une photo peuplée de visages, dans ce qui ressemble à un grand marché nocturne. Cinq personnes regardent dans la même direction, captivés, ce que l’on ne verra jamais, hors champs. Il y a des regards qui s’accrochent et des bouches bées. Un homme Noir qui lève la tête comme devant une apparition divine, une femme blonde qui semble presque surjouer l’émerveillement, un couple Asiatique, où la femme semble vouloir porter son regard plus loin que ses lunettes. Être sûre de bien voir ce qui se joue devant eux. Les mains, les coudes sont posés sur un tapis de jeu. On peut y lire « Please ask for change !», « veuillez réclamer votre monnaie ». Mais la précipitation, et les visages, une lecture rapide pourrait nous faire traduire « change » par le mot « changement. » Veuillez réclamer le changement. Osez le réclamer, voyez ce qu’il se passe. Une injonction, qui naît d’un malentendu, soutenu par ces visages émerveillés qui ne demandent qu’à le voir naître devant eux ce changement, même si ça ne dure pas, même s’il n’est à ce moment là qu’une illusion.

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