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Untitled, circa 1960 © The Estate of Ralph Eugene Meatyard, courtesy Fraenkel Gallery, San Francisco. Collection Maison Européenne de la Photographie, Paris

La famille rêvée et fantomatique d'Eugene Meatyard

59 min
À retrouver dans l'émission

Où il sera question de maison abandonnée, de souvenirs d'enfance, de fantômes vivants, de Tchao Pantin, de l'impasse dlplomatique en Syrie, de la personnalité de l'année, et de la naissance d'une nouvelle classe sociale;

Untitled, circa 1960 © The Estate of Ralph Eugene Meatyard, courtesy Fraenkel Gallery, San Francisco. Collection Maison Européenne de la Photographie, Paris
Untitled, circa 1960 © The Estate of Ralph Eugene Meatyard, courtesy Fraenkel Gallery, San Francisco. Collection Maison Européenne de la Photographie, Paris Crédits : Ralph Eugene Meatyard ,

Il s’agit d’un souvenir d’enfance. Une maison vide, abandonnée, dans laquelle on se retrouve, on invente des jeux, des cachettes, des rôles de fugitifs en cavale, de détectives ou de policier, de prince ou de princesse perdue, de chasseurs ou de chasseuses aux aguets. C’est une maison en bois, vide et sombre à l’intérieur, que l’on imagine froide aussi. Une maison dans laquelle on entre plus par la fenêtre, même si les verrous de la porte ne tiennent plus. C’est ça la liberté enfantine de prendre possession d’un lieu, d’en faire un chez soi à un âge où l’on en est même pas encore à rêver de ça. Une maison vide, et dans laquelle on trouve pourtant à se cacher. L’obscurité inhabituelle, l’inconnu du lieu, la peur de tomber quand-même sur quelqu’un, la peur de se perdre. Sur notre image en noir et blanc, ces souvenirs d’enfance resurgissent sous les traits de deux jeunes garçons, les capuches de leurs pulls qui recouvrent leurs cheveux blonds. L’un d’eux se cache dans un recoin obscur de la maison abandonnée en portant ses deux mains à son visage, il se cache les yeux. On imagine qu’il compte ou qu’il récite peut-être une formule incantatoire pour chasser les mauvais esprits, les mauvaises herbes qui sortent du sol de terre craquelé de la maison. Un autre garçon, sans doute le grand frère, se tient droit, accoudé, à la fenêtre sans carreaux de la maison. Son corps est extérieur, et son regard scrute froidement à l’intérieur, droit devant lui. Lèvres closes. Une posture d’attente, comme une longue réflexion avant de faire son entrée dans la maison. C’est une photo d’Eugene Meatyard que l’on peut voir en ce moment exposée à la Maison européenne de la photographie à Paris, jusqu’en janvier prochain. Photo qui fait partie de la série Family pictures. Les deux garçons se nomment Michael et Christopher et sont les fils du photographe. Eugene Meatyard aimait mettre en scène sa famille dans des configurations statiques et hors de la vie. Lieux abandonnés, isolés, allures fantomatiques, il y a aussi, dans ses photos, toute une série montrant sa femme affublée d’un masque menaçant de vieille femme, aux allures de sorcière. Donner à la tranquillité, au familier, ce visage de l’étrange, et de l’inquiétant. Tout comme les visages connus qui s’invitent dans nos rêves, et qui, endossant d'étranges costumes, sourient doucement tout en refusant d’entendre nos cris, et dont l’éloignement dans la nuit finit par nous réveiller.

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