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sharbat gula, rendue célèbre par un portrait en couverture du magazine "National Geographic"

La nuit éclaire les visages

1h01
À retrouver dans l'émission

Où il sera question de visage de l'insouciance, d'un regard de la peur, de mouvement du corps, de l'invention des préliminaires, de porno-terrorisme.

sharbat gula, rendue célèbre par un portrait en couverture du magazine "National Geographic"
sharbat gula, rendue célèbre par un portrait en couverture du magazine "National Geographic" Crédits : FRANCISCO GARCÍA VELASCO / SHAH MARA - AFP

Il est question encore ici d’images. Il y en a qui nous racontent des histoire et d’autres qui nous imposent un personnage. Ici, ça commence par un visage. L’histoire d’un visage qui a 30 ans. Celui de l’Afghane aux yeux verts. Un portrait signé Steve McCurry, pendant la guerre d’Afghanistan, et qui a fait il y a donc un peu plus de 30 ans, la couverture du National Geographic. Un visage plein, des lèvres aux traits précis, un nez fin et droit, et de grands yeux verts, emprunts de colère, de peur, de méfiance et de solitude, surlignés de sourcils noirs et droits, un foulard couleur pourpre sur la tête qui lui tombe sur les épaules. Sa tête à moitié rentrée dans ses épaules renforcent cette sensation de peur, comme une rencontre subie avec l’objectif. Sharbat Gula 13 ans, venait de perdre ses parents dans un bombardement. Un visage devenu l’Afghane aux yeux verts. Rarement elle aura été nommée autrement. Comme si seuls ses yeux pouvaient attirer l’attention du public, des lecteurs du magazine sur son visage. Comme si la seule beauté de son regard rendait plus supportable pour le monde, le drame dont sa vie à l’époque était l’objet. Devenir l’Afghane aux yeux verts, et le rester. La jeune fille est maintenant une quadragénaire mère de deux enfants et à nouveau, elle a été photographiée, filmée aussi, au centre d’une affaire de faux papiers, d’une demande d’asile échouée au Pakistan. 30 ans après, ce même visage du malheur, yeux verts plus pâles, cernées. Un visage marqué, quelques rides autour de sa bouche. Mais l’afghane aux yeux verts est toujours là. Son nom médiatique n’a pas changé. Sa situation d’icône sans identité est restée. Sur une vidéo, on peut la voir entourée d’une burqa qu’elle a relevée, montrer ce visage qui la rend acceptable au monde. Sharbat gula vient de se faire expulser du Pakistan, retour vers son pays, où le président l’accueille publiquement sous les flashs des journalistes. Il annonce qu’elle se verra offrir un appartement meublé à Kaboul. Derrière lui, Sharbat Gula baisse la tête, honteuse. Subir l’objectif à l’âge de ses 13 ans, puis devoir être reconnue, à cause, pour ses yeux verts. Sa vie, ne passe depuis ses 13 ans, que par son regard, et par celui que le monde lui porte. D’une jeune fille perdue dans un camps de réfugiés, à une femme errant d’un pays à l’autre à la recherche d’une vie meilleure. C’est l’histoire d’un visage aux yeux verts, qui sans rien avoir demandé, s’est retrouvé pour toujours privé d’anonymat. C’est un visage qui se voit toujours distingué pour de plus ou moins bonnes raisons. C’est une femme qui doit porter son visage, et qui n’a pas le droit à son nom, ni à une vie normale. C’est à cause de ce visage et de ses yeux que les autorités pakistanaises l’ont reconnue comme l’Afghane. Un visage qui a tellement marqué les esprits dans le monde entier, qu’il se doit de rester un visage. Un qui portent toujours en lui une partie de l’histoire du monde, ou celle que le monde raconte sur lui même.

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La nuit tombe... De Mansfield Tya sur leur dernier album Corpo Inferno. Un titre hommage. C'est un titre souvenir. Une chanson entendue se jouer en live le soir du 13 novembre à quelques rues du Bataclan. Une chanson qui "casse l'ambiance" comme le disaient les plus jeunes du public présents ce soir là au Café de la danse. Personne ne se doutait à ce moment là à quel point l'ambiance serait cassée pour longtemps, en sortant de la salle de concert. Alors que le monde d'avant suit toujours son cours, il y a à ce moment comme une chappe, quelque chose de lourd, qui s'installe et va au-delà de l'ambiance musicale. Une immobilisation générale. Comme si le corps et l'esprit, au son de cette musique, sentait qu'il fallait se préparer, d'une manière ou d'une autre, à ne pas tomber.

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