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Laisser l'aube nous mener à la "Dérive" avec Yussuf Sevinçli

58 min
À retrouver dans l'émission

Où il sera question d'une mystérieuse lumière, d'un départ dans le noir, d'un voyage en abattoir, des premiers jours de Donald Trump à la Maison Blanche, de l'engagement politique comme argument de vente.

C’est l’image d’un moment impossible mais qui se déroule tout de même, sous nos yeux, comme s’il était prévu et inéluctable. Un moment que l’on a du mal à admettre. Alors on se met à l’extérieur. Comme au bord du cadre et on regarde la vie faire à notre place. C’est un instant qui bascule. Un temps qui montre sa fin. Un départ. Mouvement du corps qui vient briser le son et le décor. Le fait basculer vers le lointain. Une silhouette fine, donne le dos à l’objectif, une ombre de plus dans la nuit. Qui n’aspire qu’à disparaître. Un homme aux cheveux sombres, manteau noir, bras ballants, tête baissée. Il vient de descendre quelques marches, de passer comme une frontière , franchir la ligne de non-retour. Il marche vers un point invisible. Le cadre nous barre la route. Un grand halo de lumière illumine ce corps anonyme et solitaire. Un halo mystérieux beaucoup trop important pour ce décor de rue déserte. Beaucoup trop parfaitement centré sur le sujet. Une lumière surnaturelle qui n’a rien à faire ici, au milieu de la nuit. D’autant plus que l’auteur du cliché Yusuf Sevinçli explique qu’il s’agit ici d’une photo prise à la volée, à la sortie d’une grande fête. Le photographe turc est sorti pour prendre l’air, fumer une cigarette. Un homme l’a dépassé, pour partir. Seul. Un retrait vers la nuit, un pas hâtif avec cette lumière qu’il garde avec lui, autour de lui dans sa fuite, comme un souvenir volé de la fête qui continue sans lui. Une photo qui fait partie d’une série exposée au château d’eau de Toulouse jusqu’au 5 mars prochain, et intitulé dérive. Il y a dans les photos de Youssouf Sevimcli ces corps qui s’en vont, de dos, qui se retrouvent à marcher, avec leur élégance mondaine du soir, dans des paysages improbables et vides. Il y a aussi ce portrait de femme répond à notre première image, robe claire et talon aiguille, même bras ballants, même fatigue du corps qui a trop tourné, qui s’est trop soumis aux jeux de regards. Et qui ne veut plus se retourner. Ce n’est plus du béton mais de la pelouse, et dans le noir, au loin, on devine des buissons, des arbres. Un itinéraire inconnu. Dérive nécessaire. Désertion inévitable. Un corps qui tente de quitter la lumière pour aller là où lui seul pourra se voir.

JUKEBOX

Human Behaviour de Bjork. Absence de logique dans les comportements. Pas de plan, pas de mode d’emploi pour comprendre les êtres humains dit la chanson. Et pourtant c’est un peu ce à quoi s’acharne la publicité, comprendre et même prendre le contrôle des comportements. Changements de stratégie si l’on en croit la tribune d’Alex Holder dans le journal britannique the Guardian. Tribune selon laquelle le sexe ne fait plus vendre. La nouvelle formule c’est l’engagement politique. Le journaliste prend l’exemple d’Über et du fait que beaucoup d’utilisateurs se soient désabonnés au profit de leurs concurrents Lyft. Über aurait en effet saboté une grève de taxis à New-York destiner à protester contre le "Muslim ban" de Donald Trump. Lyft au contraire ayant affiché sa volonté dans le même temps de donner 1 million de dollars à l’Union américaine des libertés civiles. Et en règle générale ajoute Alex Holder les grandes compagnies ont compris qu’en faisant de bonnes actions elles pouvaient gagner en sympathie auprès d’utilisateurs potentiels, à condition que ces actes de générosité soient médiatisés, connus, fassent elles-mêmes l’objet de publicité. Même le don n’est pas gratuit. Constat qui pousse au cynisme pour le chroniqueur qui finit par les mots "Business is still business".

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