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Le jour se lève sur une nouvelle année...

59 min
À retrouver dans l'émission

Où il sera question d'agriculteurs taiseux et de leurs femmes éloquentes; de l'Alfred Hitchcock du dessin de faits divers; de l'attentat d'Istambul et du nouveau secrétaire général de l'ONU.

C’est une grande ferme en plein milieu d’un bourg. Il faut prendre en face de l’église, passer un portail rouge et frapper au carreau.

Elle vient vous ouvrir, elle rentre tout juste du travail, s’occupe des devoirs de sa fille et guette le retour de son fils qui était au foot… Au loin on entend un tracteur qui tourne, mais pour le reste c’est le silence. Cela fait un an que son agriculteur de mari a commencé à vendre la cinquantaine de vaches laitières qui ne les faisaient plus vivre.

Ludivine est l’une des cinq femmes d’agriculteurs à l’origine du mouvement des Foulards noirs, né en avril dernier du côté de Bayeux, dans le Calvados. Toutes portent donc un foulard comme leurs grands-mères en entouraient leurs cheveux pour ne pas les salir pendant la traite des vaches… Noirs, en signe de deuil. Ce sont elles, les femmes, qui ont choisi de prendre la parole pour leurs taiseux de maris… Dire les illusions perdues, les factures impayées, la pression des beaux-parents qui ont légué la ferme familiale et ne comprennent pas toujours combien le monde a changé autour des agriculteurs… La mondialisation, les importations massives, la suppression des quotas les ont coulés à pic.

Dans les familles des agriculteurs on a dû bouleverser les traditions pour répondre aux enjeux; désormais la plupart de leurs femmes travaillent hors de l’exploitation. Leur revenu souvent mince est le seul à pouvoir faire vivre le foyer. « Cela faisait cinq ans que mon mari ne se versait plus de salaire », explique Ludivine qui a trouvé un poste à temps plein dans un grand magasin de bricolage pas loin d’ici. « Il y a encore un an j’étais tout le temps inquiète, dès que j’entendais le moteur de son tracteur tourner un peu trop longtemps… je faisais aussi attention aux enfants, je ne les envoyais pas le chercher pour se mettre à table, je l’appelais toujours moi-même, au cas où ». Depuis un an donc, son mari vend son cheptel pour progressivement abandonner la production de lait. Pour le reste on verra plus tard… Il a bien pensé à aller traire chez les autres mais sa femme l’en a dissuadé, trop humiliant pour un chef d’exploitation.

En attendant le nouveau départ elle savoure le léger répit qu’offre ce changement de cap… "Un dimanche" raconte-t-elle, "on est allés se balader sur la plage à quelques kilomètres au nord. Avant, il fallait rentrer à 17h pour traire… cette fois-ci il m’a proposé qu’on reste encore un peu ».

Le disque du jour: "Givrée" de Marie-Amélie Seigner, pour évoquer le blanc manteau dont se sont recouvert arbres et sols ce week-end en certains endroits de France... Une neige "de pollution" en fait, nous explique le Figaro!

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