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Franck Booth (Dennis Hopper) & Ben (Dean Stockwell) dans Blue Velvet de David Lynch

Le matin et son langage poétique

1h
À retrouver dans l'émission

Où il sera question de Feux, de mers bleues, de Blue Velvet, de rêves filmés, chantés, de musées, d'élection erronées, d'enquête stéréotypée, de guerre libyenne, de "swatters" en tous genre.

Franck Booth (Dennis Hopper) & Ben (Dean Stockwell) dans Blue Velvet de David Lynch
Franck Booth (Dennis Hopper) & Ben (Dean Stockwell) dans Blue Velvet de David Lynch Crédits : (capture d'écran Youtube)

Il se pourrait que l’on ait tout dit sur l’image du jour. Mais avant de décrire ce que l’on pourrait y voir. Attardons-nous sur ce que l’on entend. Un rêve là aussi. Dans mes rêves je marche avec toi, dans mes rêves je te parle, tu es tout le temps là. C’est la chanson de Roy Orbison, In Dreams qui retentit dans une pièce où le plus dramatique des spectacles prend place. Une pièce aux murs roses saumon et jaunes moutardes très peu éclairés. Un homme très distingué, fardé, porte cigarette fumant à la main, prend un lampe électrique en guise de micro et commence à faire du play-back sur la chanson. Tout le monde s’arrête, écoute, et le regarde. Comme hypnotisé. Le temps s’arrête. Le psychopathe colérique Franck Booth, sous les traits majestueux de Dennis Hopper, en pleurerait presque. Il s’arrête d’ailleurs de brailler et commence à remuer les lèvres sur la chanson, ému. Comme si la mélodie lui rappelait un souvenir d’enfance. Cette même mélodie qui lui devient soudain, à la seconde, insupportable. Le chanteur de pacotille s’en rend compte et arrête de jouer le play back, visage grave et inquiet. La cassette est aussitôt éjectée. Silence. Le moment de grâce retombe comme dans une chute brutale dans la réalité. Dorothy Vallens/Isabella Rosselini, sort d’une pièce, abattue ; victime d’une machination infernale et incompréhensible qui la sépare de son jeune fils, retenu dans la pièce d’à côté. Blue Velvet de David Lynch a eu 30 ans hier. Un film comme un long rêve, une mer bleue pour reprendre les mots de Marguerite Yourcenar. Mer bleue et lourde de laquelle on veut sortir comme pour mieux y replonger.

JUKEBOX

Aimée Mann, Save me, titre qui figure sur la bande originale du film Magnolia de Paul Thomas Anderson. "Sauve-moi". Comme l’appel visuel lancée à Londres hier, comme on a pu le voir sur une photo publiée par l’AFP, des rangées de milliers de gilets de sauvetages, se détachaient sur la pelouse verte, qui devance le parlement britannique. Des Gilets utilisés par des réfugiés qui ont traversé la mer Egée. Cimetière de 2500 gilets déposés à la veille de ce premier sommet de l’ONU consacré à la crise migratoire. Membre de l’ONU qui ont adopté un texte aux allures de déclarations politiques, sans objectifs chiffrés précis, nous annonce le Monde ce matin. Des dirigeant prêts à aider, titre le journal, mais sans encore s’y engager.

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