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Le rêve d'un futur: Une jeunesse française par Hervé Lequeux et Sébastien Deslandes

59 min
À retrouver dans l'émission

Où il sera question de questions, sur l'avenir, sur la jeunesse et sur la réussite. il sera aussi question d'ennui, de philosophie, de la Corée du Nord du Guardian et du New York Times.

Ce sont des corps qui font avec les angles droits et pointus, qui essaient comme l’écrivait Georges Perec de passer d’un espace à une autre en essayant de se cogner le moins possible. Une définition de la vie en périphérie, sur les bords. Comme une tentative de description d’une « Jeunesse française ». Ici on s’habitue vite au huis clos, aux murs et aux enceintes. On s’habitue aussi aux petits espaces dont on ne sort pas. Le ciel au-dessus, comme seule ouverture. Chemin inutile. A la limite du décoratif. Et encore. Les ouvertures se créent à travers l’objectif. Faire de ces histoires, des trajectoires. Faire de ces portraits un chemin. Un chemin de 6 ans, entre Amiens et Marseille. Le portrait d’un futur. Le photographe Hervé Lequeux et le journaliste Sébastien Deslandes ont commencé par photographier des adolescents et des jeunes adultes à Villetaneuse. Et ont voulu voir ailleurs. Voir ce qui se regroupaient sous l’appellation générique du « jeune de banlieue ». Les tours empêchent toute perspective, et les fenêtres, quand elles existent, sont toutes petites. Et dans ces espaces clos, il y a un mouvement permanent. Un mouvement tel que jamais le photographe ne semble être vu. Sébastien Deslandes parle dans ces textes d’"avenir tracé", de "manège matinal" dans "une ville qui s’agite". Il y a des murs qui se repeignent, des mains qui se tiennent, des joutes qui fusent et des rires qui suivent. Ce sont des photos que l’on peut voir exposées au festival l’Oeil Urbain à Corbeil-Essonnes jusqu’au 21 mai, et bientôt dans un livre publié par André Frère. Il y a un ciel gris et lourd comme un couvercle. Et parfois il se dégage mais ça n’en fait pas plus une ouverture. Il peut y avoir de l’attente mais on ne voit jamais d’ennui sur ces photos. On reste groupé et on attend que les routes soient possibles. On les guette, ces ouvertures. 4 garçons assis, quasi allongés dans l’herbe devant un parking entourés d’immeubles. Les visages et les sourires qui s’y affichent prennent le soleil. Une photo des quartiers nord de Marseille avec cette lumière qui se concentre sur les présences humaines. Qui les renforces et les rend ici légitimes. Une lumière qui contraste avec ces mots de Sébastien Deslandes sur une autre photo d’Hervé Lequeux, où il parle d’une "nuit lourde qui embrasse le bitume". Le soleil, lui, embrasse et suit les visages qui y habitent. Il leur montre un chemin. Celui par exemple, de la mer. La mer comme une nouvelle piste pour ouvrir l’horizon, écarter le paysage. Ne plus rester cantonnés sur des rebords. C’est une image de la plage de l’Estaque à Marseille toujours, avec cet homme en devenir. Un saut dans l’eau en short et en basket. Un concours de plongeon, depuis des murs de pierre pointus qu’il faut savoir quitter. Oser le saut sans connaître le fond.

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