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Deux femmes en habit d’hommes en compagnie de deux femmes en robe, mention manuscrite « Florence Kerr, Mrs Schlatter, Mrs Sallars, Anna Bentzinger », États-Unis, circa 1910.

Le réveil d'un corps "Mauvais genre" avec Sébastien Lifshitz

1h
À retrouver dans l'émission

Où il sera question de cérémonies que l'on joue, d'une antre du dragon que l'on pénètre, du langage des fleurs et de ce que l'on en comprend, du bonheur perçu et vécu et de la journée mondiale du pull moche.

Deux femmes en habit d’hommes en compagnie de deux femmes en robe, mention manuscrite « Florence Kerr, Mrs Schlatter, Mrs Sallars, Anna Bentzinger », États-Unis, circa 1910.
Deux femmes en habit d’hommes en compagnie de deux femmes en robe, mention manuscrite « Florence Kerr, Mrs Schlatter, Mrs Sallars, Anna Bentzinger », États-Unis, circa 1910. Crédits : Collection de Sébastien Lifshitz / Mauvais genre

C’est l’image d’un jeu, d’un jeu du corps, de l’identité. Pouvoir se cacher derrière un costume pour en fait mieux se révéler soi-même. Ce sont des corps qui se rêvent autres. Des visages qui se voudraient méconnaissables tout en restant eux-mêmes. Des photos en noir et blanc, anonymes, privées de description, parfois d’identités. Ce sont des photos qui datent du début du XIXè siècle. Une cérémonie de mariage. Avec au centre la mariée, dans sa robe blanche, les yeux rivés sur ses mains que tient son mari. Devant eux, de dos, un prêtre en costume large et les cheveux relevés en chignon, tête baissée sur un missel. Tout autour dans la salle qui semble exiguë et débordante de monde, que des femmes en robe blanches attentives à ce qui est en train de se jouer devant elles. Elles ont toutes ce point commun d’esquisser un sourire étrange. Le même. Comme si elles étaient les actrices d’une sorte de farce, d’un jeu d’enfant. Les visages les plus rieurs sur cette photo, ce sont sans aucun doute, ceux des deux mariées. Mariées, féminin pluriel. Une femme en robe blanche et une femme en costume sombre et haut de forme qui lui enfile son alliance. C’est une photo qui témoigne de cette pratique courantes dans les universités féminines américaines au XIXè siècle, les mock-wedding, les mariage pour rire. Comme une répétition d’un moment redouté, parce qu’inéluctable à cette époque pour ces étudiantes. On peut voir cette scène jusqu'à demain, à la galerie du Jour à Paris, et dans le livre de l’exposition Mauvais genre publié chez Textuel. Collection de photos de Sébastien Lifshitz, photos anonymes et amateurs des XIXè et XXè siècles, autour du travestissement, de la recherche de son propre corps. Des mariages pour rire pour dédramatiser ce qui pourrait mettre en danger chez toutes ces femmes à cette époque, l’entreprise d’émancipation commencée à l’université. Sébastien Lifshitz nous apprend que le Wellesley college a fait interdire ces photographies en 1910, à cause de leur potentiel féministe, et de l’aspect homosexuel de telles représentations. Ce sont des photos de corps et de visages qui ont osé montrer un autre possible d’eux-mêmes. Comme ceux transformés d’hommes frêles en femmes fatales, dans ces autres clichés « Mauvais Genre », ou comment le corps peut décider lui même d’aller rechercher sa vie propre, pour une nouvelle photo d’identité.

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