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Cruzar un muro d'Enrique Ramirez (capture d'écran Viméo)

Les chemins que l'aube nous ouvre

59 min
À retrouver dans l'émission

Où il sera question d'attendre sur un radeau, de corps qui se soulèvent, de cauchemars enfantins, d'une campagne historique, de prix de l'immobilier.

Cruzar un muro d'Enrique Ramirez (capture d'écran Viméo)
Cruzar un muro d'Enrique Ramirez (capture d'écran Viméo)

C’est une image presque submergée. Au sens propre comme au figuré. Il y a l’eau tout autour qui réduit le champ du mouvement. Et puis il y a les pensées, les rêves, les envies qu’on ne concrétisera pas tout de suite, on le sait. Le sol tangue, mais les trois personnes présentes restent droites. Ne semble même pas faire attention à l’instabilité et au flottement de l’environnement autour. C’est une salle d’attente au sol bleu vif. Fauteuils en plastique de la même couleur, alignés en deux rangés. Des magazines posés dont les pages se tournent au gré du vent, tout comme celles du calendrier accroché au mur. Sur ce mur il y a aussi une marine, un de ces tableaux au paysage plat, même si le bateau au centre semble se battre pour fendre les vagues. Au premier plan un homme les yeux rivés sur un dossier, cesse très vite de le regarder pour s’abandonner entièrement à ses pensées. Il pense à une grande porte qui le mènerait à un jardin, où il trouverait encore plusieurs portes, on a envie de le suivre dans cette déambulation imaginaire, mais on ne saura pas grand-chose de la suite de sa rêverie. Ses mots intérieurs sont noyées dans les pensées, d’un autre homme au regard triste et grave, le corps trop serré comme ficelé dans son costume gris. Il énumère dans sa tête une série d’actions quotidiennes et habituelles, comme des tâches à accomplir, peut-être pour se donner l’impression d’une existence malgré tout. A côté de lui une femme blonde, à la robe multicolore semble elle aussi lire un dossier. Elle pense à tout ce qui ne peut pas s’acheter sur cette terre. A tout ce qui lui restera mystérieux. Dans les pensées en langue étrangères qui s’entremêlent il est question de tenir bon et d’avoir toujours pieds. Le sol tangue toujours, les sièges prennent l’eau. Le champ de l’image s’élargit pour laisser place à un paysage fait d’eau tout autour. Les rives sont visibles mais trop lointaines. C’est un salle d’attente en forme de radeau. Cruzar el muro, traverser le mur. C’est un film de l’artiste chilien Enrique Ramirez. Court-métrage que l’on peut voir, en ce moment, dans l’exposition Soulèvements, à la galerie du Jeu de Paume à Paris. Exposition sur le mouvement de la révolte. Mouvement de la pensée, mouvement corporel. Corps en révolte, qui n’aspire qu’à s’éveiller. Ce film se trouve dans la dernière salle de l’exposition, qui progresse, après une salle consacré à la mort pour ses idées, qui progresse donc vers la renaissance, celle d’un mouvement qui ne peut jamais mourir. Notre essence même celui de vouloir avancer. C’est donc un radeau de l’attente qui flotte et nous dessus qui pensons à la vie que l’on veut mener et qui ne se limitera sûrement pas, preuve ultime de vie que l’on peut se donner à soi-même, à quelque mètre carré de sol qui tangue au milieu d’une eau calme.

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