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Giuliette Masina dans "les Nuits de Cabiria" de Federico Fellini

Les clés que la Nuit peut nous offrir

57 min
À retrouver dans l'émission

Où il sera question de portes à ouvrir, de clés et de serrures à trouver, d'émotions qui passent sur les visages, de corps qui donnent le rythme, du bruit des avions, et d'une Nuit américaine qui s'annonce.

Giuliette Masina dans "les Nuits de Cabiria" de Federico Fellini
Giuliette Masina dans "les Nuits de Cabiria" de Federico Fellini Crédits : (Capture d'écran)

C’est une image, ce sont des images qui tournent en boucle dans notre tête. De celles qui nous ont un jour marqué, et qui laissent leur emprunte dans tout ce que nous voyons ensuite, dans tout ce que nous faisons. Comme une donnée qui à jamais changera notre vision du monde. Des images en noir et blanc. Une Madame Muir, amoureuse d’un fantôme. Une image comme l’écrit Sandrine Marques dans le dernier numéro de la revue de cinéma la Septième obsession, Une image donc du temps qui passe. « Longtemps- dit elle de ce film de Joseph Mankiewicz, - il m’a semblé avoir halluciné ce film que j’avais vu enfant. » "Un film écrit-elle encore, qui a à jamais fixé ce qui allait être son rapport au cinéma. "Aimer le cinéma, c’est croire aux fantômes", dit-elle. Plus que cela - pour moi - c’est accepter d’entrer dans un monde, sans en avoir la clé. Accepter d’attraper la clé en cours de route, et de chercher quelque part en nous une serrure. Dans ce dossier de la revue 7è obsession intitulé « A quoi rêvent les cinéphiles, acte II », il est question de revenir, un an après le tout premier numéro, sur nos propres images. Celles qui naissent de ces visages, de ces émotions, de ces histoires d’amour impossible, comme celle de Madame Muir qui tombe amoureuse d’un fantôme. Un fantôme qui parce qu’il l’aime lui demande de trouver l’amour d’un homme « vivant ». Elle qui dit, en regardant sa vie, « des souvenirs, j’en ai, même si ce sont des rêves ». Ce visage illuminé, aux grands yeux clairs écarquillés comme pour être sûre de ne pas passer à côté de ce que la vie a à lui offrir, ce visage donc rejoint celui à la page suivante, d’une Giuletta Masina, dans les nuits de Cabiria de Fellini. Ce visage sur lequel pèse une si lourde tristesse, celle d’avoir été trahie par les hommes et par la vie. Cabiria se relève enfin et marche hébétée dans un bois désert après la trahison amoureuse, et le vol de son argent. Sur ce chemin où elle se traîne, elle tombe sur une bande de jeunes gens qui lui sourient, font la fête autour d’elle, jouent de la musique. Et il s’agit alors d’un visage celui, tampons de toutes les émotions possible de Giulietta Masina, un visage qui prend la lumière, et tout le reste. Un visage qui se laisse, dans un instant d’ultime malheur, regagner par la possibilité de la fête, et de la vie. C’est Claire Micallef qui l’écrit cette fois. C’est ce visage clair, aux yeux brillants de larmes, qui lui a appris à travers le cinéma, que la fête pouvait sauver le monde. Qui lui a appris ce qu’elle appelle, en citant Apollinaire, "le mouvement de la vie" : « cette joie qui vient toujours après la peine ».

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The Roof, par Fiodor Dream dog, sur l’album Best. "Tout en haut du toit, je peux te voir" dit la chanson. Ce qui me rappelle cet article relayé sur le Bondy Blog et sur le site de Libération, "le bruit des avions", texte écrit par l’écrivaine Faïza Guène sur le sort de l’homme qu’elle aime et qui deux jours avant leur mariage, début octobre, s’est fait arrêter par la police et placé en centre de rétention administrative. Il réside en France depuis 9 ans, sans papiers et risque aujourd’hui d’être renvoyé en Algérie. Arrestation deux jours avant un mariage qui aurait pu régulariser sa situation. Le bruit des avions « ne dit-on pas d’une menace qu’elle place au-dessus de nos têtes ? » écrit l’auteur. « Ce bruit écrit-elle, après 25 jours de rétention est devenu si familier qu’il pourrait presque reconnaître de quelle compagnie il s’agit. (...) Ce bruit qui devient la bande originale d’un échec. Neuf ans sur le territoire français, neuf ans pour rien. Neuf ans dans l’air comme les avions ». Ce bruit qu’elle entend aussi derrière lui, quand ces jours ci ils essaient de se parler au téléphone.

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