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Hyam Zaytoun

Livre : Hyam Zaytoun / 9m2 à la Santé / Égypte : quelle stabilité possible ? / Franck Ribéry et le steak de la discorde, enrobé de feuille d’or

1h
À retrouver dans l'émission

Hyam Zaytoun vous parle de son roman "Vigile", et Baudoin Long des relations du président Al-Sissi avec la communauté copte d'Égypte. Les chroniques s'intéressent à l'univers carcéral et au steak recouvert d'or de Ribéry.

Hyam Zaytoun
Hyam Zaytoun Crédits : © Sarah Robine ©Editions Le Tripode

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec la comédienne, Hyam Zaytoun, qui fait paraître Vigile aux éditions Le Tripode. Une femme dans la  nuit est réveillée par le bruit étrange que fait son compagnon endormi à ses côtés. Elle pense qu'il la taquine, puis s'inquiète ; en réalité, il est en arrêt cardiaque. Expérience remémorée d'une nuit traumatique et des jours qui ont suivi, où son compagnon, placé en coma artificiel, s'est retrouvé entre la vie et la mort. Un récit bref, ramassé tout en intensité, où l'on apprend que " vigile ", quand on aime, se conjugue aussi au féminin.

Cette histoire s'est imposée. Je n'avais pas envie d'écrire un livre à la première personne mais de l'adresser à quelqu'un. Qui est cet homme ? C'est une lettre qui lui est adressée. Cette femme qui lui écrit, a deux enfants avec lui, est comédienne. Comment fait-on pour parler à quelqu'un qui est dans le coma, comment fait-on revenir quelqu'un qui est dans le coma ? C'est un récit qui parle de la famille, de la solidarité, de la présence des voisins. C'est une leçon aussi que je prends, où des situations exceptionnelles nous montrent ce qu'il est possible de faire quand on est aidé.

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

La maison d’arrêt parisienne ouvre ses portes aujourd’hui après quatre ans et demi de travaux.

Elle n’accueillera dans un premier temps que quatre-vingts personnes venues de Fresnes et de Fleury-Mérogis. Des détenus triés sur le volet, sélectionnés parmi les candidats au transfert et qui viennent pour travailler dans les services généraux (cuisines, distribution des repas, entretien des bâtiments, etc.). « Mais pour cette première semaine ici, ils referont le ménage de fond en comble », prévient la directrice de la prison. Et comme l’indique Jean-Baptiste Jacquin dans Le Monde.fr, « le seuil des 100 % d’occupation de cet établissement conçu pour huit cents détenus, dont cent sous le régime de la semi-liberté, devrait être atteint avant l’été ». Réaliste, la nouvelle directrice table sur une occupation de 150% - la moyenne nationale, alors que certains établissements dépassent les 200%. Car on a surpassé le nombre record de la seconde guerre mondiale avec plus de 71 000 détenus. Parmi eux, le tiers est en attente de jugement. Celle qui dirigeait auparavant la maison d’arrêt des Baumettes à Marseille a décidé de commander des lits superposés pour remplacer dans la moitié des cellules le lit individuel prévu pour les équiper. Margot Hemmerich et Charles Perragin ont rencontré pour l’hebdomadaire Marianne les architectes chargés de la rénovation à la Santé : en centre ville, elle « a surtout porté sur une réorganisation : ajouter des cours de promenade, agrandir les parloirs et les coursives, mieux intégrer la porte d'entrée dans le paysage urbain et introduire des espaces végétalisés, sans pousser les murs ni se débarrasser de l'ancien panoptique central ». D’une manière générale, ces professionnels soulignent le paradoxe de « maximiser dans le même temps l'apaisement en détention et la sécurité ». Le cahier des charges du dernier plan lancé en 2002 s'est alourdi et complexifié. « Il faut de la lumière, des vues sur l'extérieur, de la covisibilité entre agents, des ambiances diversifiées, du verdissement, des équipements durables dont la maintenance est aisée. Mais il faut également ralentir les détenus, les protéger, les confiner, les surveiller, pouvoir alerter et intervenir rapidement ». Un vrai casse-tête… « Rassembler tout en séparant. Une contradiction qui a logiquement engendré des modes de fonctionnement rigides, où la prise en compte de la spécificité des différentes populations carcérales est quasi impossible » résument les journalistes de Marianne, qui citent un rapport de 2013 du contrôleur général des lieux de privation de liberté : les prisons « font peser sur les personnes un a priori de dangerosité. […] Le choix architectural des centres pénitentiaires a d'abord pour conséquence de produire des établissements de très grandes dimensions - avec un dispositif général de sécurité uniformément appliqué malgré la cohabitation de populations pénales différentes - et d 'aspirer la détention vers le régime correspondant au niveau de sécurité le plus élevé. »

L'un des architectes ayant participé au plan pénitentiaire de 2002 déplore que certaines zones de la détention, comme les ateliers de travail, soient parfois conçues indépendamment de l'usage. « On nous demande des ateliers avec une surface codifiée a priori. Il faut tant d'ateliers de 125 m2. Pour faire quoi ? Pourquoi pas 250 ? Pourquoi pas un étage ? On ne sait pas, mais c'est non. On préfère adapter la fonction à la forme plutôt que de penser un lieu de travail adapté à l'économie locale du lieu d'implantation de la prison. » Il vient de livrer un centre pénitentiaire avec un atelier de 2 000 m2, où seuls huit détenus travaillent et l’architecte dénonce le fait que le personnel pénitentiaire qui « vit la détention » ne soit pas assez consulté dans la conception des prisons. Dedans Dehors, la revue de l’OIP (Observatoire international des prisons) consacre un dossier à l’impact de l’incarcération sur les proches des détenus : conjoints, enfants ou parents. « Le maintien des liens familiaux, condition fondamentale de la réinsertion des personnes placées sous main de justice et de la prévention de la récidive, est une des principales missions de l’administration pénitentiaire », affirme le ministère de la Justice. Et pourtant, ce droit fondamental est quotidiennement malmené. Ne pas pouvoir assister à la naissance d’un enfant, apprendre la mort d’un parent des semaines plus tard, subir les conséquences brutales de la perte d’un salaire lorsqu’on est le conjoint d’un détenu, faire des kilomètres pour une visite au parloir – près d’une personne sur quatre réside à plus de 100 km de la prison dans laquelle son proche est incarcéré… « Mon petit-fils a quatre ans, il a déjà fait trois fois le tour de la terre en nombre de kilomètres, rien que pour les visites à son père » témoigne la mère d’un détenu basque condamné pour des infractions en lien avec le terrorisme. Résultat : « seulement un quart des condamnés à une peine de plus de cinq ans ont une visite hebdomadaire. »  Le Genepi est une association d’étudiants « qui milite pour le décloisonnement des institutions carcérales par la circulation des savoirs et des témoignages entre les personnes enfermées, les bénévoles et la société civile ». Elle vient de perdre la subvention allouée par l’administration pénitentiaire. Le dernier numéro de la revue qu’elle édite Passe-murailles est consacré au mitard. Un lieu barbare dont l’association réclame la disparition dans les projets de construction de nouvelles prisons.

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Le président Al-Sissi inaugurait hier la nouvelle cathédrale copte d'Egypte, veille du premier Noël Copte sans attentat majeur contre la communauté depuis 2 ans. Pour son second mandat, le général veut se présenter comme garant de la sécurité et de l'inclusion égyptienne : avec quelle réussite ?

Xavier Martinet s'entretient avec Baudoin Long, chercheur associé au CEDEJ.

L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Vous voulez évoquer Franck Ribery, un joueur de football, pour ses activités d’après match…

Absolument, car il n’y a pas que le foot dans la vie, il y a aussi ce qui est commis en dehors des terrains par les joueurs de football, leurs frasques, leur démesure, leur mauvais gout. Et là, Franck Ribery, Français jouant actuellement au Bayern Munich, a franchi une étape en dévorant, devant les objectifs, un steak enrobé de feuille d’or. 

Oui, oui, cela existe un steak enrobé de feuille d’or, il parait même que c’est la spécialité d’un restaurant bien connu pour ce genre de mets, un restaurant de Dubaï, lequel vous propose de la bidoche frottée au lingot pour la modique somme d’environ de 500 euros. Alors il faut savoir gré à ce restaurant, et à Franck Ribery, d’avoir commandé un tel plat, puisque celui-ci récapitule à peu près tous les motifs d’indignation de l’époque, comme s’il s’agissait de faire entrer dans une seule assiette ce qui fait débat auprès de nos contemporains. Que l’on en juge, rien n’est aujourd’hui moins consensuel que la viande, entre les protestations des vegans, des partisans de la cause animale, le steak est d’ores et déjà un objet politique. 

Et cependant, Franck Ribery a jugé que ce n’était pas assez, aussi a-t-il décidé de le tremper dans l’or, à une époque où en France, le débat porte sur l’égalité des conditions, sur ceux qui peinent à boucler leurs fins de mois. Ce steak en or vient à point nommé récapituler ce que le sociologue Thorstein Veblen appellait la consommation ostentatoire. Une consommation ostentatoire, c’est un choix de consommation qui n’a absolument plus rien à voir avec un besoin, ni même avec une simple envie, c’est uniquement la volonté de montrer que l’on peut détruire de la valeur, que l’on est suffisamment riche pour dévorer le super superflu, même pas le steak au caviar, parce qu’il s’agirait là de deux produits comestibles, mais du steak 18 carats, autrement dit la possibilité de digérer ce que les autres thésaurisent. 

On a coutume de dire que même les très riches ne font pas plus de trois repas par jour, la preuve que si : le steak en or peut être mis au menu, ce n’est pas une recette, c’est un motif d’indignation, le signe d’une alimentation déséquilibrée, personne n’est capable de digérer ce steak à l’or, celui qui l’a dévoré mais aussi et surtout ceux qui ne l’ont pas mangé.

@PetitsMatinsFC

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