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Galéo, par Christian de Portzamparc (Issy-les-Moulineaux).

Exposition : Raymond Depardon / Pop philosophie / Putsch manqué au Gabon : un avertissement pour qui ? / La passion d’Éric Drouet pour l’automobile : une pratique culturelle classante

1h
À retrouver dans l'émission

Raymond Depardon vous parle de son exposition "Paysages d'architecture", et Frédérick MBA MISSANG du putsch au Gabon. Les chroniques s'intéressent à la pop philosophie, et à l’amour des voitures comme pratique culturelle classante.

Galéo, par Christian de Portzamparc (Issy-les-Moulineaux).
Galéo, par Christian de Portzamparc (Issy-les-Moulineaux). Crédits : © Raymond Depardon

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Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec le cinéaste, photographe, Raymond Depardon, qui nous invite à Issy-les-Moulineaux, dans la banlieue sud-ouest de Paris, et offre à voir une quarantaine de photographies d'Issy, à l'occasion de son exposition Paysages d'architecture : une promenade à Issy par Raymond Depardon, au Musée Français de la Carte à jouer,  jusqu'au 30 juin 2019.

Les architectes sont intéressants pour les photographes, on rejoint plus la peinture, quelque part, et comme j'ai un appareil à la chambre, avec un soufflet comme un chevalet, un voile rouge qui date de Nadar, je fais attention, j'écarte les anecdotes ; mon intérêt c'est la lumière, le cadre et, en l'occurrence, l'architecte. 

Entrée du Vaisseau par Jean Nouvel.
Entrée du Vaisseau par Jean Nouvel. Crédits : © Raymond Depardon

La photographie, il faut la laisser dans sa logique : montre-moi comment tu travailles, montre-moi où tu habites, je te dirai qui tu es. Le photographe c'est quelqu'un qui doit faire l'aller et retour permanent entre le passé, l'avenir et le présent.

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

C’est Gilles Deleuze qui avait lancé ce concept d’une philosophie qui puisse s’adresser à un public élargi, en connexion avec la culture et la musique pop.

Aujourd’hui, Agnès Gayraud, musicienne du groupe rock La Féline et philosophe, publie à La Découverte Dialectique de la pop, où il est beaucoup question du philosophe Theodor W. Adorno, auteur notamment d’une Théorie esthétique et de nombreux ouvrages sur la musique, mais aussi d’une critique acerbe de la musique populaire standardisée. La jeune thésarde se trouvait écartelée entre son sujet et sa pratique musicale et, comme elle l’explique à Xavier de La Porte dans les pages idées de L’Obs, elle a décidé de « prendre au sérieux les critiques que le philosophe adresse à la pop » et d’y répondre point par point. D’où la forme dialectique de son approche mais aussi de son sujet : « C’est face à ses détracteurs que la pop s’est comprise comme un art, face à ceux qui n’y entendaient que du bruit, et pas de la musique » écrit-elle dans le livre et elle souligne le caractère syncrétique de la pop, ouverte à toutes les influences, comme une volonté politique, « métapolitique même », de susciter des adhésions collectives et une forme de catharsis. 

Agnès Gayraud évoque aussi « la place inédite de la biographie du chanteur ou de la chanteuse », cette façon de faire de sa vie une œuvre d’art. Dans son Petit éloge de David Bowie (Éditions François Bourin) Daniel Salvatore Schiffer insiste sur le dandysme du personnage, ainsi que sur son immersion dans la « pop culture », en rappelant son amitié avec Andy Warhol. Pour le philosophe, l’éloge est l’occasion d’illustrer la figure du dandy et ce que Camus avait désigné dans L’Homme révolté comme « une esthétique de la singularité ». Avec une attitude souveraine à l’égard de la mode qui passe par un soin paradoxal de l’apparence sous les habits de lumière.

Autre forme de catharsis, plus radicale et spectaculaire : François R. Cambuzat retrace dans la revue Delta T (Anamosa) un périple en quête de sons et de transes depuis la région chinoise du Xinjiang et les chamanes ouïgours – dont beaucoup de femmes – jusqu’au désert du Djérid, aux portes du Sahara dans le sud tunisien, avec les rituels de la Banga, une communauté qui célèbre également des fêtes chamaniques. « Des adolescents se roulent par terre, jambes arquées, regard fixe ; les filles se démènent, forçant et accélérant les rythmes des tablas (tambours) ; des femmes hurlent sans pouvoir couvrir l’implacabilité des tchektchekas (percussions métalliques). L’eau gicle, s’envole en gifles, tandis que la fumée du benjoin recouvre nos vies. » Arrive alors la communauté Banga, « portant le feu pour vous déporter vers votre côté le plus sauvage en un rituel effréné jusqu’à la perte totale des sens ».

La dernière livraison de la revue Mouvements est consacrée au rap, entre genre, classe et race. Un ensemble de représentations qui font l’objet de remaniements et de détournements constants : ainsi le côté ostentatoire de l’affichage de la réussite par les marques extérieures de richesse seraient-ils moins un indice de la récupération par le système consumériste qu’une forme de provocation empruntant aux codes dominants, pas forcément contradictoire avec la dimension politique des débuts et la contestation sociale, « au plus près de la chronique du quotidien de l’oppression des quartiers populaires et des minorités ethno-raciales ».

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Des hommes de la Garde Présidentielle ont tenté hier de prendre le contrôle de la TV gabonaise et appelé au soulèvement. La tentative de putsch qui dénonce la "mainmise" de la hiérarchie sur le président Ali Bongo en convalescence a fait long feu. Son origine reste mystérieuse.

Xavier Martinet s'entretient avec Frédérick MBA MISSANG, chercheur associé Lam Science-PO Bordeaux, enseignant chercheur Science-Po Gabon.

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Beaucoup d’interrogations sur l’une des figures des gilets jaunes, Éric Drouet…

Est-il d’extrême droite ? Est-il raciste ? Et une affirmation, une seule affirmation : Éric Drouet est fan d’automobile, ou bien encore fan de tuning. Et de fait, Éric Drouet, avant d’être administrateur de la page Facebook La France en colère est le créateur d’un autre groupe Facebook, le groupe Muster Crew, groupe de passionnés de voitures, rassemblant des amateurs de Youngtimers, autrement dit des collectionneurs de voitures plutôt récentes, modèles des années 80 ou 90, ou bien encore amateurs de tuning — le tuning, cette pratique qui consiste à modifier l’apparence d’un véhicule de série en lui donnant par exemple une allure plus sportive. 

Et finalement, il y a beaucoup à dire non pas sur la passion d’Éric Drouet pour l’automobile, mais sur la manière dont celle-ci est souvent décrite, un peu comme s’il s’agissait de présenter une passion étrange, un peu comme la poule qui rencontrerait un couteau. Car finalement cette fracture automobile recouvre une fracture culturelle. à chaque fois qu’il est question de tuning, le message sous-jacent est : comment peut-on aimer les voitures ? Comment peut-on aimer les voitures alors qu’au mieux cet ustensile doit être perçu de manière utilitaire, sans compter tous ceux qui dans les grandes villes désormais n’en possèdent plus. 

En fait pour parler comme le sociologue Pierre Bourdieu, l’amour des voitures est désormais une pratique culturelle classante, autrement dit une pratique culturelle observée avec condescendance et mépris par les instances culturelles. Selon Bourdieu, « la pratique culturelle sert à différencier les classes et les fractions de classe, à justifier la domination des uns par les autres ». Et finalement, à chaque fois qu’il est question de la passion automobile d’Éric Drouet, il est question de la rupture du lieu commun, autrement dit de la difficulté de comprendre et d’accepter l’autre dans ses goûts, car il est loin le temps où les dominants de Bourdieu avouaient aimer les voitures, il faut remonter pour cela au temps de Sagan et de Pompidou, comme si depuis lors les routes de chaque classe sociale s’étaient séparées sans jamais pouvoir se rejoindre.

@PetitsMatinsFC

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