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Forgiven, de Roland Joffé, avec Forest Whitaker et Eric Bana.

Cinéma : Roland Joffé "Forgiven" / La Syrie à la découpe / Italie : la coalition danse-t-elle sur un volcan ? / Que faire de la cagnotte du boxeur ?

59 min
À retrouver dans l'émission

Roland Joffé vous parle de son film "Forgiven", et Alberto Toscano des relations entre la France et l'Italie. Les chroniques s'intéressent au report du retrait des USA en Syrie, et à l'interprétation hugolienne de la cagnotte du boxeur

Forgiven, de Roland Joffé, avec Forest Whitaker et Eric Bana.
Forgiven, de Roland Joffé, avec Forest Whitaker et Eric Bana. Crédits : © Sage Distribution

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec le réalisateur, Roland Joffé, à l'occasion de la sortie de son film, Forgiven_,_qui raconte ce moment très particulier (en 1994) de la sortie d'un pays, d'une guerre, mais surtout d'un système qui aura duré très longtemps, celui de l'Apartheid.

Ce qui a été tellement important pour moi dans cette situation, c'est qu'il n'y a pas eu de guerre civile en Afrique du Sud, et cela, grâce à la mentalité, à l'habileté, à l'honnêteté de Nelson Mandelaet de l'Archevêque Desmond Tutu, qui ont compris qu'il ne fallait pas hésiter à voir la vérité, qu'il fallait admettre que dans ce régime d'apartheid où il s'était passé des choses tellement affreuses - tortures, meurtres - il était bien possible qu'un désir de revanche puisse saisir n'importe qui.

Forgiven, de Roland Joffé, avec Forest Whitaker.
Forgiven, de Roland Joffé, avec Forest Whitaker. Crédits : © Sage Distribution

On ne peut pardonner à quelqu'un qui n'admet pas avoir eu tort, mais si on confronte quelqu'un qui dit : c'est la vérité, je l'ai fait, une fois dit, cela libère. Nelson Mandela et Desmond Tutu ont compris qu'on peut trouver le pardon et la rédemption si on confronte les issues avec honnêteté.

Forgiven, de Roland Joffé, avec Eric Bana.
Forgiven, de Roland Joffé, avec Eric Bana. Crédits : © Sage Distribution
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Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Le retrait annoncé des militaires américains présents en Syrie est reporté sine die. Il est désormais conditionné à une défaite totale de l’organisation État islamique.

Ainsi qu’à des garanties pour les combattants kurdes, comme l’a précisé John Bolton lors d’un déplacement à Jérusalem ce 6 janvier, à la veille d’une visite à Ankara finalement snobée par le président Erdogan. « Nous ne pensons pas que les Turcs devraient entreprendre une action militaire qui ne soit pas entièrement coordonnée et acceptée par les Etats-Unis » avait en effet déclaré, le conseiller à la sécurité nationale américain, alors que l’armée turque et ses supplétifs djihadistes rongent leur frein pour se lancer à l’assaut des Kurdes. Comme le souligne Marie Jégo dans Le Monde, pour intervenir, Ankara doit recevoir non seulement l’aval des Américains mais aussi celui des Russes, « lequel est loin d’être acquis. En visite en décembre, à Moscou, une délégation turque avait réclamé la maîtrise des airs, ainsi que la possibilité de créer une zone tampon sur 20 à 30 kilomètres du côté syrien de la frontière, mais elle était repartie bredouille ». Et Gilles Paris observe dans le quotidien que John Bolton a de surcroît avancé une autre justification au maintien des forces américaines dans la région : elles occupent une zone située sur un axe de communication stratégique pour l’Iran. Gérard Chaliand estime dans le FigaroVox qu’en dépit de sa récente volte-face, « c'est Donald Trump qui a repris la main, en 2018, au Moyen Orient, en décidant d'isoler l'Iran, malgré les protestations impuissantes des Européens, en infligeant à Téhéran un embargo ». Alors que « les États-Unis ont pu compter sur le soutien d'Israël et de l'Arabie Saoudite, qui se retrouvent du même bord », l'Iran « devra réduire ses prétentions régionales ». Et par ailleurs, même si « l'influence de la Turquie sur ses frontières méridionales est considérable » et que « malgré ses difficultés financières, le Président Erdogan est fermement soutenu par un électorat dont il sait flatter l'ombrageux nationalisme », sa puissance militaire est momentanément contenue.

On peut s’en réjouir pour les Kurdes, en première ligne contre Daech, et qui ont su construire une démocratie basée sur des conseils communaux et des assemblées régionales élues avec un quota de femmes et de représentants des communautés non-kurdes – arabes et chrétiennes syriaques – et qui constitue à ce jour la seule alternative existante à la dictature. Courrier international publie un reportage de Boris Mabillard, du quotidien suisse Le Temps, à Qamishli, devenue la capitale d’une région en voie d’autonomie. « L’agglomération date des années 1920, elle accueillait alors sous le mandat français les chrétiens qui fuyaient l’Empire ottoman disloqué. » Symbole de la complexité de la situation sur le terrain, les forces gouvernementales contrôlent le cœur de la ville, la douane et le poste-frontière avec la Turquie ainsi que l’aéroport, et les miliciens kurdes cohabitent avec les militaires du régime.

C’est aussi l’indice de la désagrégation d’un État en miettes, à force d’avoir été identifié à un régime dictatorial, et à un clan familial. Sur le site d’information et d’analyse AOC, Nadine Picaudou retrace l’histoire de cette mainmise par une clique alaouite depuis le coup d’état d’Hafez al-Assad. Elle évoque les travaux de Michel Seurat qui mobilisaient la notion d’asabiyya – allégeance ou esprit de corps – reprise à Ibn Khaldun, qui liait l’émergence des pouvoirs dynastiques urbains à la force des liens claniques ou tribaux. Car « derrière les façades institutionnelles et la prévalence d’un discours d’intégration nationale et d’égalité citoyenne, les ressorts du recrutement des élites et les dynamiques de l’action politique s’ancrent profondément dans les logiques de la solidarité communautaire, premier gage de loyauté politique ». C’est ainsi que « plus de la moitié du corps des officiers est d’origine alaouite », sans compter les multiples services de renseignement. Et depuis la libéralisation économique c’est cette caste prédatrice qui s’en est réparti les prébendes : « l’homme le plus riche du pays aujourd’hui est un cousin du Président, Rami Makhlouf, dont l’empire économique comprend des banques, des sociétés d’import-export, des chaînes de télévision… » C’est aussi dans cette tortueuse construction de l’État moderne que réside l’une des causes du triomphe de l’islam politique au Moyen-Orient.

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Nouvelles tensions entre le Rome et l'Elysée : Matteo Salvini et Luigi di Maio défendent les "gilets jaunes", Paris demande le "respect". 7 mois après son arrivée au pouvoir, la coalition Ligue – M5S en position de force manœuvre sans complexe, pas sans obstacles ni dissensions. Depuis mai 2018, les relations entre la France et l'Italie sont pour le moins mauvaises et le soutien affiché de Matteo Salvini et Luigi di Magio aux "gilets jaunes" n'a fait qu'aggraver les choses car la question migratoire a déjà divisé efficacement les deux pays.

Xavier Martinet s'entretient avec Alberto Toscano, correspondant de la radio italienne Radicale, écrivain.

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Que faire de la cagnotte du boxeur ? 

Oui, je ne veux pas dire comment la dépenser, mais comment l’interpréter, cette somme d’argent réunie en faveur de Christophe Dettinger cet ancien boxeur filmé en train de frapper un gendarme au cours de l’acte VIII des « gilets jaunes ». Cette cagnotte, avant d’être fermée par le site sur laquelle elle était collectée, avait réuni plus de 150 000 euros, avec 8 000 donateurs. 

Alors, de deux choses l’une. Première solution, la France est divisée entre deux systèmes de valeur, une partie des français serait pour les gendarmes, l’autre pour les boxeurs. Les uns considéreraient que les gendarmes ont le monopole de la violence physique légitime, les autres que la violence juste est toujours du côté des protestataires. Ou bien, seconde hypothèse, tous les français partagent les mêmes valeurs, mais les uns considèrent que le boxeur est l’agresseur, les autres qu’il est l’agressé. 

Eh bien moi je pense qu’en France, ces débats moraux ne sont jamais binaires, qu’ils sont toujours complexes, le jugement moral que l’on peut formuler au sujet du boxeur est finalement une question qui taraude notre tradition philosophique depuis au moins Pascal. Car la question depuis Pascal est de savoir, qui, au jardin des Oliviers était en surnombre, qui est le pécheur, qui est l’homme vertueux, qui est l’homme bon, qui est le pharisien, autrement dit l’hypocrite qui se drape dans la religion. D’où l’inquiétude de Pascal, où est le christ, Jésus sera en agonie jusqu’à la fin du monde et pendant ce temps-là, nous dit Pascal, il ne faut pas dormir. 

Cette difficulté de juger les hommes mauvais, ou bien encore de la bonté des hommes mauvais, a donné naissance à ce qui est probablement le plus grand dilemme moral français disponible sous forme de roman, je veux parler bien sûr des misérables de Victor Hugo. Au cœur des Misérables il y a un destin, celui de Jean Valjean, bagnard, auteur des pires crimes : voler un homme de bien, Monseigneur Myriel, dérober cet homme qui se dévouait aux autres, mais aussi et surtout, et c’est cela son crime capital, dérober les 40 sous d’un enfant, les 40 sous de Petit Gervais. Les Misérables est l’histoire de la conversion d’un homme : comment Jean Valjean, sortira-t-il des égouts moraux où il s’était enfoncé. Et probablement en chaque Français demeure ce balancement hugolien, rien n’est parfois plus difficile à distinguer que le bien du mal.

@PetitsMatinsFC

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