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Corto Maltese.

BD : Hugo Pratt / Le culte du présent / Présidentielle en RDC / Les Français et la confiance

1h
À retrouver dans l'émission

Tristan Savin et Michel Pierre vous parlent de l'univers littéraire d'Hugo Pratt, et Thierry Vircoulon des résultats de l'élection présidentielle au Congo. Les chroniques s'intéressent au temps historique et à la défiance des Français.

Corto Maltese.
Corto Maltese. Crédits : © Hugo Pratt

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec Tristan Savin, directeur de la rédaction de la revue trimestrielle, Long Cours, qui, dans son numéro de janvier, consacre un dossier au créateur de Corto Maltese, et Michel Pierre, co-commissaire de l'exposition Hugo Pratt, lignes d'horizons, au Musée de Confluences, à Lyon.

Hugo Pratt est un grand voyageur, il connaissait l'Ethiopie pour y avoir accompagné son père lorsqu'il était adolescent, le Kenya aussi, mais pas l'Asie. C'était un voyageur simple, qui marchait bien, ne s'encombrait pas, ne détestait pas non plus s'arrêter dans des palaces, mais il ne lui serait pas venu comme Jack London l'idée d'embarquer sur un bateau et de faire le tour du monde.

Corto Maltese, Site officiel.

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Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Le rapport au temps historique est devenu lui-même un objet de recherche car il en dit long sur notre conception du présent et de l’actualité.

Reinhart Koselleck a montré dans un livre au titre éloquent – Le Futur passé – que les conceptions du temps historique se sont construites dans la tension entre « le champ d’expérience » (le passé tel qu’il est perçu depuis le présent) et « l’horizon d’attente » (le futur tel qu’il est envisagé à partir du présent). Longtemps, le temps historique fut considéré comme cyclique. Les rites, les mythes et les religions consacrant l’éternel retour du passé, l’horizon d’attente se résumait alors à une perpétuelle reconduction du « champ d’expérience » ou à l’avenir fantasmagorique ouvert par la perspective eschatologique de la fin des temps. Le Siècle des Lumières, en développant l’hypothèse d’un travail de la Raison dans l’Histoire, a inventé les notions de Progrès, de Révolution et d’émancipation. Aujourd’hui, François Hartog désigne comme « présentisme » notre relation à l’Histoire (Régimes d’historicité. Présentisme et expériences du temps). Le présent est à lui-même son propre horizon, c’est la fin de l’histoire et le « champ d’expérience » se réduit à la commémoration, au patrimoine ou à l’identité.

C’est sans doute pourquoi certains historiens et anthropologues revisitent les décombres du passé lointain, ou l’histoire sociale des dominés, afin de rouvrir un horizon d’attente à dimension utopique, une alternative à cette fin de l’histoire décrétée « sans alternative ». David Graeber, auteur notamment de Dette. 5000 ans d’histoire (Les Liens qui libèrent, 2013), a mis en cause, dans un article récent coécrit avec l’archéologue David Wengrow, le récit dominant de l’évolution des sociétés humaines selon lequel nous serions passés de l’organisation tribale et égalitaire des chasseurs-cueilleurs à des sociétés plus complexes, avec l’agriculture et la production de surplus permettant à certains l’accumulation de richesses et d’influence. James C. Scott se rattache au même courant de « l’anthropologie anarchiste » qui, avec Pierre Clastres (La Société contre l’État), conteste la nécessité historique de l’avènement de sociétés à État et de la domination qu’elles instaurent et exploitent. Il publie à La Découverte Homo domesticus. Une histoire profonde des premiers États. Éric Aeschimann en rend compte dans les pages idées de L’Obs. C’est en l’occurrence la culture du blé qui serait à l’origine de ce que Gilles Deleuze appelait déjà, dans le chapitre sur La Nomadologie de Mille plateaux, les « formations impériales », issues d’un « champ de coexistence » entre nomades et sédentaires s’échangeant des graines qui, en voyageant et se mélangeant, finiraient par donner des hybrides plus résistant et plus productifs.

Aujourd’hui l’historien Jérôme Baschet analyse la relation au temps historique chez les Zapatistes de la région autoproclamée autonome du Chiapas, au Mexique, dans son dernier livre, publié à La Découverte sous le titre Défaire la tyrannie du présent. Il explore les temporalités émergentes et les futurs inédits ouverts depuis maintenant 25 ans par la révolution zapatiste, qui a déployé ses propres instances de gouvernement et de justice, son système de santé et d’éducation, ainsi qu’une production fondée sur la propriété collective des terres. Et le souvenir restauré des peuples autochtones, car celui qui a de la mémoire ouvre une porte sur son futur, comme l’affirme un des messages de cette communauté amérindienne réputée sans histoire.

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Le candidat officiellement déclaré perdant, Martin Fayulu, affirme que les Congolais connaissent "le vrai vainqueur de l'élection présidentielle" et accuse la commission électorale de faire naître des suspicions qui vont alimenter les tensions dans le pays... Présidentielle en RDC : quel sera le prix de l'alternance ?

Xavier Martinet s'entretient avec Thierry Vircoulon, coordonnateur de l’Observatoire de l’Afrique australe et des Grands Lacs à l'Institut Français des Relations Internationales et maître de conférences à Sciences-Po.

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Si tu veux avoir confiance en un être, achète-toi un chien et surtout pas un journaliste.

Oui, parce ce que les Français n’ont absolument pas confiance dans les médias : seuls 23 % leur font confiance. C’est à peu près la morale de cette étude éclairante signée par le CEVIPOF et publiée par Le Figaro. A peu près rien n’inspire confiance aux Français : 9 % ont confiance dans les partis politiques, 13 %, c’est nouveau, ont confiance dans les réseaux sociaux. Bref, selon tous les Français, on nous ment sur tout, sur les chiffres du chômage, de la délinquance et de l’immigration, c’est le sentiment de deux tiers de nos compatriotes. 

A peu près personne n’a confiance dans le personnel politique, alors là les chiffres sont vertigineux : 4 % des Français ont toujours eu confiance en Laurent Wauquiez, 6 % des Français ont toujours eu confiance en Jean Luc Mélenchon, et, pour être parfaitement complet, 9 % des Français sont progressivement devenus confiants en Jean Luc Mélenchon et Laurent Wauquiez. Ce qui veut dire que les Français préféraient acheter une voiture d’occasion à Bernard Madoff plutôt qu’à Wauquiez ou Mélenchon. Entre parenthèse, celle qui s’en sort le moins mal, on ne peut pas dire le mieux, c’est Marine Le Pen, puisqu’elle atteint le chiffre faramineux de 25 % de Français qui lui font aujourd’hui confiance. 1% des Français, 1% éprouve de l’enthousiasme vis-à-vis de la politique… 

Alors qu’est-ce que cette défiance signifie… Que la notion même de tiers de confiance a complètement disparu… Tout se passe comme si les Français refusaient d’avoir foi en quelque chose qu’ils n’avaient pas constaté, fait ou vérifié par eux-mêmes. Nous sommes devenus une nation de Saint Thomas, Saint Thomas priez pour nous… C’est à se demander comment la vie quotidienne est possible, puisque toute vie collective est impossible sans l’existence d’une confiance minimale en autrui — comment traverser un carrefour sans postuler que la voiture qui vient ne va pas accélérer pour vous rouler dessus ? L’existence présuppose la croyance en une multitude de faits, théories et théorèmes que l’on n’a jamais vérifiés par soi-même. Je ne sais pas si la théorie de la relativité générale est vérifiée et cependant on fait comme si…

Au point où nous en sommes, je ne vois qu’une chose : c’est que l’on utilise l’ultra scepticisme dominant pour douter de tout, y compris finalement de nos doutes.  

@PetitsMatinsFC

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